BIXI, victime de la clause Buy America

Alors que Boston et Washington ont fini par... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Alors que Boston et Washington ont fini par acheter les BIXI grâce aux commandites d'entreprises, la Ville de Chattanooga aurait préféré financer la totalité du projet grâce à sa subvention.

Photo: André Pichette, La Presse

Un projet BIXI fait du surplace aux États-Unis parce qu'il n'est pas jugé suffisamment américain. L'implantation du système montréalais de vélo en libre-service accuse un an de retard dans une ville du Tennessee, notamment en raison de la clause Buy America interdisant toute subvention aux produits provenant de l'étranger, a appris La Presse.

Située à 200 km au sud-est de Nashville, la ville de Chattanooga a annoncé il y a un an qu'elle souhaitait se doter, au printemps 2011, de 300 vélos en libre-service. L'entreprise Alta Bicyle Share, qui commercialise BIXI au sud de la frontière, a décroché le contrat, mais a rencontré, depuis, plusieurs écueils qui ont reporté l'échéance au printemps 2012.

Le projet a notamment été victime de la clause Buy America, qui interdit au gouvernement américain de subventionner tout produit ou service n'ayant pas été produit aux États-Unis. Chattanooga comptait financer son projet avec une subvention de 2 millions de la Federal Transit Administration, mais cette section du département des Transports a catégoriquement refusé de voir son argent servir à l'achat des vélos fabriqués à Chicoutimi, peut-on lire dans une lettre obtenue par La Presse.

Problème résolu à Washington et Boston

Le problème s'était aussi présenté à Washington et à Boston qui ont elles aussi choisi BIXI, a indiqué Michel Philibert, porte-parole de la Société de vélo en libre-service (SVLS). Pour éviter de perdre la subvention - et donc rester compétitive -, Alta Bicycle Share a obtenu que les plateformes de stationnement assemblées à Montréal soient jugées suffisamment américaines pour être admissibles à l'aide gouvernementale.

Cette décision du gouvernement a probablement permis de sauver BIXI aux États-Unis puisque le coût des vélos ne représente que 15% du système. Chaque vélo est vendu 1168 $, mais en incluant le coût des plateformes d'ancrage, des pièces de rechange et l'assemblage, le coût par unité grimpe à 8530 $, selon un contrat d'Alta Bicycle Share signé le 19 octobre 2011 avec la Ville d'Arlington, en banlieue de Washington.

Alors que Boston et Washington ont fini par acheter les vélos grâce aux commandites d'entreprises, la Ville de Chattanooga, qui compte 170 000 habitants, aurait préféré financer la totalité du projet grâce à sa subvention. «On a toujours su qu'il faudrait faire appel au privé à un moment ou un autre, mais ça nous a causé un problème de délais», a indiqué Philip Pugliese, coordonnateur du projet pour Outdoor Chattanooga.

Michel Philibert ne craint pas que les problèmes rencontrés à Chattanooga minent les chances de BIXI de décrocher des marchés dans d'autres villes américaines qui voudront se doter de vélos en libre-service. Après tout, son principal rival, la société américaine B-Cycle, produit ses vélos en Chine. Après New York, qui a annoncé en septembre qu'elle allait se doter de 10 000 vélos, plusieurs importants contrats restent à être conclus. Chicago s'apprête à lancer un appel d'offres en janvier pour acheter 5000 vélos. Plusieurs villes importantes de la côte ouest américaine sont aussi sur les rangs, dont Seattle et Los Angeles.




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