Une caméra dans un taxi prouve son utilité

Bryan Michaud
Le Droit

Les caméras récemment installées dans les taxis d'Ottawa ont été utilisées pour la première fois afin d'aider à retrouver l'auteur d'un vol survenu mercredi soir.

Vers 22 h 45, un chauffeur de taxi de la compagnie Blue Line a été appelé pour se rendre à l'école secondaire Ridgemont, située sur le boulevard Alta Vista à Ottawa, afin de prendre un client disant s'appeler Mohammed.

Le client a demandé à la victime d'aller le porter à l'arrière de l'institution scolaire, afin que le suspect puisse y prendre une boîte. À son arrivée, cinq hommes de race noire ont entouré le conducteur.

Les individus ont sorti le chauffeur de son véhicule et l'ont volé, en le menaçant avec un couteau.

"Nous sommes rassurés qu'il n'ait pas été blessé, dit le président du syndicat des taxis à Ottawa, Youssef Al-Mezel. Nous espérons recevoir l'aide de la communauté afin de retracer les voleurs."

Le suspect est un homme de race noire, âgé d'environ 18 ans. Il a les cheveux noirs et une petite moustache. Il portait un gilet blanc à manche longue.

Les citoyens ayant des informations à communiquer sur le larcin sont priés de contacter la police d'Ottawa au 613-236-1222, poste 5193.

Des caméras avant le 14 août

En 2005, la Ville d'Ottawa votait une loi obligeant les chauffeurs de taxi à installer un système de caméra dans leur voiture pour leur sécurité avant le 14 août 2008.

Plusieurs conducteurs s'étaient élevés contre cette législation parce qu'ils devaient assumer les frais d'installation et par crainte d'atteinte à leur vie privée.

"Nous n'avons plus de problème avec cette loi, signale M. Al-Mezel. Les caméras peuvent être utiles afin de retracer d'éventuels agresseurs."

Les chauffeurs de taxi doivent débourser environ 800 $ pour installer un système de caméra de sécurité dans leur voiture. La loi obligeait tous les chauffeurs à munir leur voiture d'un système de sécurité avant hier, mais le syndicat a obtenu un délai de deux semaines supplémentaires pour les conducteurs n'étant pas encore conformes à la loi.

Environ 100 des 182 véhicules des compagnies de taxi d'Ottawa ne sont pas encore munis de ce système.

Avis partagés à Gatineau

Les avis sont partagés chez les chauffeurs de taxi de Gatineau concernant l'utilité d'installer des caméras de surveillance dans leurs véhicules.

Guy Brassard, un conducteur de la compagnie Régal, ne voit pas la pertinence pour le gouvernement du Québec de suivre le pas à la Ville d'Ottawa à ce sujet.

"Il y a des caméras de surveillance dans les dépanneurs depuis vingt ans et il y a toujours des vols dans ces commerces, croit M. Brassard. Si c'était obligatoire, je m'y conformerais, mais ce n'est vraiment pas nécessaire."

Par contre, il note qu'à l'inverse des conducteurs de taxi de l'autre côté de la rivière des Outaouais, les chauffeurs gatinois n'auraient pas à défrayer de leur poche l'achat d'un système de caméra parce que seulement une dizaine d'entre eux est propriétaire de son véhicule.

Toutefois, d'autres conducteurs verraient d'un bon oeil l'installation de caméras de surveillance.

"Ce serait une très bonne chose pour notre sécurité, dit un conducteur qui a refusé d'être identifié. Ça pourrait nous protéger contre plusieurs dangers. Une cliente ne pourrait pas nous menacer en disant que si je la fais payer, elle appellera la police pour dire que je l'ai agressée."

bmichaud@ledroit.com

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