À lire cet été : les aventures québécoises de Lillie la petite chienne et de Willie le Westfalia trentenaire.

Stéphanie Morin
Stéphanie Morin La Presse

Une fin de semaine par mois, le parc régional du Mont-Ham, dans les Cantons-de-l’Est, ouvre ses sentiers de randonnée et ses hébergements aux chiens de tout poil. La chienne Lillie est allée voir de quoi il en retourne…

Un teckel, un labrador, un pinscher nain. Un golden retriever équipé d’un sac à dos et un ex-chien de traîneau baptisé Yeux bleus… C’est une faune bigarrée qui frétille de la queue au pied du mont Ham en ce vendredi de la fin de juin.

Été comme hiver, le dernier week-end de chaque mois, les chiens sont admis sur les 18 km de sentiers qui grimpent sur les flancs du mont. L’occasion est belle pour les propriétaires de chiens d’aller explorer un nouveau territoire qui leur était fermé il y a quatre ans à peine. Pour Lillie, c’est la chance d’aller tester la résistance de ses petites pattes de corgi, elle qui est habituée aux balades en forêt, mais qui s’attaque pour la première fois à un vrai défi en montagne.

Il faut dire que le mont Ham n’est pas à la portée du premier poilu venu. La montagne appalachienne domine le paysage avec ses 713 m d’altitude. On accède à ses deux sommets, entièrement dénudés, au terme d’une montée abrupte et soutenue, souvent au milieu des pierres que la moindre pluie rend glissantes.

  • Rencontre au sommet entre Lillie-la-corgi et Yeux bleus, chien de traîneau à la retraite.

    PHOTO KARENE-ISABELLE JEAN-BAPTISTE, COLLABORATION SPÉCIALE

    Rencontre au sommet entre Lillie-la-corgi et Yeux bleus, chien de traîneau à la retraite.

  • Pause hydratation pour Lillie et son humain préféré.

    PHOTO KARENE-ISABELLE JEAN-BAPTISTE, COLLABORATION SPÉCIALE

    Pause hydratation pour Lillie et son humain préféré.

  • Lillie a parfois besoin d’un petit coup de pouce pour franchir certains obstacles.

    PHOTO KARENE-ISABELLE JEAN-BAPTISTE, COLLABORATION SPÉCIALE

    Lillie a parfois besoin d’un petit coup de pouce pour franchir certains obstacles.

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Certains passages sont d’ailleurs si pentus qu’on a installé des cordes pour aider les randonneurs. Dans de telles conditions, Lillie est parfois désemparée. Elle ne manque pas de ressort, mais ses pattes trop courtes peuvent avoir besoin d’aide, si bien qu’il faut la soulever par son harnais pour lui faire traverser des passages plus compliqués. Elle ne rouspète pas, probablement trop surprise de décoller ainsi du sol. Un chien de plus grande taille, comme un golden, doit y arriver sans trop de peine, mais pour notre demi-corgi, la tâche est impossible, voire dangereuse.

Savoir choisir son sentier

Il faut donc être prévenu avant de se lancer à l’assaut du sommet, et ce, peu importe le sentier qui y mène. L’Intrépide est le sentier le plus direct, mais le plus raide ; le Panoramique est moins exigeant, mais de larges portions sont faites de pierres lisses. Le sentier des Légendes est peut-être le mieux adapté pour les chiens, avec ses petits trottoirs de bois.

À noter : plusieurs masques sont disséminés dans ce sentier pour rappeler l’héritage abénakis de la région. Une sculpture de guerrier, baptisée Awdowinno, a aussi été érigée sur l’un des deux sommets — l’autre porte une croix.

Peu importe le sommet choisi, le paysage est splendide : lacs, forêts, terres agricoles, montagnes au loin (dont le mont Mégantic). Rien n’arrête le vent, qui souffle sans discontinuer. Les humains sont muets devant le spectacle. Lillie, elle, tire déjà sur sa laisse pour repartir. La descente par le bien nommé sentier Panoramique ne sera pas plus facile que la montée, mais la chienne saura trouver son chemin à travers les rochers.

À savoir : le parc régional offre des sentiers en forêt (comme le Button ou les Bouleaux) qui, sans passer par le sommet, proposent de belles longues randonnées plus douces pour les pattes des chiens.

  • Willie-le-Westfalia a attendu sagement la fin de la randonnée, bien garé sur un terrain gazonné.

    PHOTO KARENE-ISABELLE JEAN-BAPTISTE, COLLABORATION SPÉCIALE

    Willie-le-Westfalia a attendu sagement la fin de la randonnée, bien garé sur un terrain gazonné.

  • Plusieurs masques sont cachés le long du sentier des Légendes.

    PHOTO KARENE-ISABELLE JEAN-BAPTISTE, COLLABORATION SPÉCIALE

    Plusieurs masques sont cachés le long du sentier des Légendes.

  • Pour cette boule d’énergie qu’est Lillie, le défi de la randonnée en montagne a été très concluant.

    PHOTO KARENE-ISABELLE JEAN-BAPTISTE, COLLABORATION SPÉCIALE

    Pour cette boule d’énergie qu’est Lillie, le défi de la randonnée en montagne a été très concluant.

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Pendant ce temps, Willie…

Bref, le mont Ham est un formidable terrain de jeu pour user ses semelles, et plusieurs randonneurs décident de s’y installer pour plus d’une journée. Outre les tipis (autre clin d’œil aux Abénakis), le parc régional abrite quelques sites de camping pour dormir sous la toile, des tentes prospecteurs, des camps rustiques et deux espaces sans services réservés aux petits véhicules récréatifs comme Willie-le-Westfalia.

Cet espace gazonné est bordé d’un côté par le stationnement de la montagne et, de l’autre, par une route de gravier. Il y a de quoi s’inquiéter de ce manque d’intimité, mais la nuit, tout est tranquille. Et après cette bonne randonnée, alors que la pluie commençait à tomber, on s’est endormis comme des bébés. Lillie y compris.

Parc régional du Mont-Ham

Camping : le parc abrite cinq tipis, cinq tentes prospecteurs, quatre emplacements de camping sauvage, trois camps rustiques et deux espaces pour les VR. Cinq nouveaux espaces de camping sauvage devraient s’ajouter d’ici la fin de l’été.

Chiens : admis sur les sentiers et dans les lieux d’hébergement, du vendredi au lundi et lors du dernier week-end du mois.

Complet pour l’été ? Il reste encore certains hébergements en semaine. À savoir : il est fortement conseillé de réserver à l’avance son accès aux sentiers si l’on ne campe pas sur place.

Consultez le site du mont Ham