Tout au long de l’été, La Presse vous propose des activités d’une journée inspirées par les éléments.

Marie Tison
Marie Tison La Presse

Nous sommes en août 1978. Trois adolescentes, encore trop jeunes pour occuper un emploi d’été, se baladent à vélo dans leur quartier lavallois. Un peu par désœuvrement, elles dévalent la rue du Barrage pour aller voir la rivière des Prairies d’un peu plus près.

C’est alors qu’un employé d’Hydro-Québec sort de la centrale hydroélectrique Rivière-des-Prairies et va à leur rencontre. Va-t-il leur demander de quitter l’endroit ? Au contraire, il les invite à visiter la centrale ! Les copines le suivent sans hésiter et sont ravies de se coiffer d’un gros casque de sécurité pour la visite.

Nous sommes maintenant en juillet 2021. Une des membres du fameux trio a l’occasion de visiter de nouveau la centrale Rivière-des-Prairies. Est-ce que les choses ont changé ? Un peu, oui, mais pas tant que ça.

Visite familiale

En 2021, il est difficile d’être spontané. Avec la pandémie, les groupes sont réduits et il est préférable de réserver. Il faut porter le masque, garder une certaine distance. Par contre, la visite demeure gratuite. C’est donc idéal pour une petite famille, ou une bande d’adolescents désargentés.

Il y a maintenant un petit centre d’interprétation en face de la centrale, ce qui n’existait pas en 1978. On y trouve quelques photos d’époque et quelques petits électroménagers d’antan, comme un sèche-cheveux des années 1930 (qui fait un peu peur).

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Un petit centre d’interprétation permet de se familiariser avec la production d'hydroélectricité.

C’est surtout l’endroit où la guide-animatrice, Marie-Ève Richer, raconte l’histoire de la centrale et explique le procédé de production d’énergie hydroélectrique, photos et schémas à l’appui. C’est intéressant, mais après un certain temps, on sent que certains petits garçons du groupe d’aujourd’hui, composé essentiellement de deux familles, commencent à avoir des fourmis dans les jambes.

Ça tombe bien, c’est le temps d’aller visiter la centrale. Comme en 1978, il faut mettre des casques de sécurité, mais on y ajoute aujourd’hui des lunettes de sécurité et des écouteurs pour être en mesure de continuer à entendre Marie-Ève en dépit du bruit ambiant.

En sortant du petit centre d’interprétation, on tombe sur un élément sympathique qui n’existait pas en 1978 : une passe migratoire pour permettre aux aloses savoureuses d’aller frayer en amont. Hydro-Québec a aussi mis des mesures en place pour inciter les poissons à emprunter l’évacuateur de crue à leur retour, au lieu de passer par les turbines et risquer un brassage plutôt étourdissant.

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La centrale Rivière-des-Prairies est une centrale au fil de l’eau. Elle ne dispose pas d’un réservoir.

C’est d’ailleurs l’élément qui fascine le plus Samuel Gauvin, 8 ans : un dispositif qui émet des ultrasons de dauphins près des turbines, ce qui fait peur aux aloses et les amène à choisir un autre chemin. L’aménagement actuel comprend également une passerelle pour permettre aux pêcheurs locaux d’aller taquiner les aloses qui fréquentent le secteur.

Art déco et couleurs vives

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Des éléments d’Art déco peuvent se voir sur la façade de la centrale.

La centrale elle-même ne semble pas avoir changé : construite entre 1928 et 1930, elle présente de jolies caractéristiques Art déco, comme des fenêtres tout en hauteur et des motifs discrets et élégants réalisés avec différents types de briques.

  • Des couleurs primaires contrastées permettent de bien distinguer les divers éléments de la centrale.

    PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

    Des couleurs primaires contrastées permettent de bien distinguer les divers éléments de la centrale.

  • La centrale Rivière-des-Prairies est la plus colorée de toutes les centrales d’Hydro-Québec.

    PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

    La centrale Rivière-des-Prairies est la plus colorée de toutes les centrales d’Hydro-Québec.

  • Ces trappes dans le plancher permettent d’insérer des portes pour stopper l’eau lors d’opérations de réparation ou d’entretien.

    PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

    Ces trappes dans le plancher permettent d’insérer des portes pour stopper l’eau lors d’opérations de réparation ou d’entretien.

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L’intérieur n’a pas non plus beaucoup changé depuis 1978, ce qui est une bonne nouvelle. Généralement, les surfaces intérieures des centrales présentent des couleurs assez mornes, comme le fameux vert industriel. Or, en 1977, on a repeint l’intérieur de la centrale Rivière-des-Prairies avec des couleurs vives, contrastées. « C’était lié à un courant artistique moderniste, avec l’utilisation de couleurs primaires », explique Marie-Ève Richer. On se retrouve dans un immense espace aux murs blancs, aux planchers bleus ou jaunes selon le niveau. On se déplace sur une mezzanine bien rouge, sous des poutres rouges ou bleues, à observer des groupes-turbines de couleur orange vif.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

L’immense évacuateur de crue fascine les enfants. Les parents aussi.

Après avoir traversé le bâtiment, on va voir l’évacuateur de crue, d’où s’échappent des trombes d’eau bien écumeuses. Ça, c’est l’élément qui passionne Mathis Gauvin, 12 ans : chaque porte de l’évacuateur de crue pèse 105 tonnes… qu’un nouveau système, installé en 1984, peut ouvrir ou fermer en 30 secondes. Avec l’ancien système, qui était encore en service en 1978, il fallait 15 minutes pour faire la même opération. Maintenant, tout va plus vite.

Le temps aussi passe pas mal vite.

Repères

Quoi : Visite d’une centrale hydroélectrique
Où : On peut visiter 14 des 62 centrales d’Hydro-Québec, situées dans plusieurs régions du Québec, de la Montérégie à la Baie-James en passant par l’Outaouais, les Laurentides et la Côte-Nord.Pour qui : Toute la famille, mais pas pour les enfants de moins de 2 ans, pour des raisons de sécurité.

Combien : Gratuit.Quand : Les horaires varient d’une centrale à l’autre. Si la visite de la centrale Rivière-des-Prairies prend 90 minutes, il faut prévoir 3 h 30 minutes pour l’aménagement Robert-Bourassa, à la Baie-James.

Comment : On parle de sites industriels : il faut donc des souliers plats et fermés.

Consultez le site d’Hydro-Québec pour les informations sur les visites