Des chalets déjà réservés pour l’hiver prochain. Des droits d’entrée à acheter à l’avance pour aller randonner. L’engouement des Québécois pour leur province cet été a-t-il eu raison des voyages spontanés ? Il suffit de savoir quand et où aller.

Valérie Simard Valérie Simard
La Presse

Marie Tison Marie Tison
La Presse

« Ce sera impossible de trouver quelque chose d’abordable à la dernière minute, il ne faudra pas se plaindre si c’est cher. » Cette déclaration du président de la plateforme de location québécoise WeChalet, Dany Papineau, cité par un de nos collègues dans un article paru le 22 août dernier dans La Presse+, a de quoi faire sursauter les adeptes de l’improvisation. Soyez rassurés. Il sera toujours possible de larguer les amarres à l’improviste pour aller admirer les couleurs de l’automne. En chalet ou à la SEPAQ ? Pas sûr. Mais dans un parc régional avec un séjour dans un gîte ou un hôtel ? Certainement.

Cofondatrice du blogue Trip Testé et conférencière voyage, Nathalie Gemme a visité plusieurs régions du Québec cet été, souvent sans avoir réservé d’hébergement. « Si ton rêve est d’aller dormir au parc national du Bic ou aux Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie en été, ça ne fonctionnera pas, affirme-t-elle. Nous avons opté pour des campings privés et nous avons toujours trouvé de la place. Mais il faut être flexible. Tu n’auras peut-être pas le meilleur emplacement. » À Mont-Tremblant au début du mois d’août, elle a pu trouver une chambre dans un gîte grâce à l’aide d’un hôtelier. D’où l’importance, selon elle, de faire appel à l’aide des locaux.

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Bien sûr, cet été, certaines régions ont été plus achalandées que d’autres, surtout pendant les vacances de la construction et la première semaine d’août.

C’était difficile si tu n’avais pas réservé. Si tu es venu en Gaspésie en te disant, ça va marcher, il y a de bonnes chances que tu aies couché dans ton char !

Joëlle Ross, directrice générale de Tourisme Gaspésie

Les prochaines semaines s’annoncent plus calmes dans cette région qui accueille généralement beaucoup de touristes européens à l’automne. Dans une campagne promotionnelle lancée la semaine dernière, Tourisme Gaspésie tente d’attirer les Québécois pour une escapade automnale ou une semaine de télétravail au bord de la mer. Le mot d’ordre de l’organisme reste toutefois le même : réservez afin de profiter du meilleur choix d’hébergement.

Pensez gîtes et hôtels

Du choix, il y en aura dans les gîtes touristiques et hôtels de toutes les régions du Québec, particulièrement dans les centres urbains, privés de leur clientèle d’affaires et des touristes internationaux. « C’est sans précédent [les disponibilités] qu’on a dans les grands centres à ce temps-ci de l’année », souligne le président du conseil d’administration de l’Association Hôtellerie Québec (AHQ), Dany Thibault. « On sait que les régions du Québec ont été bien visitées cet été. C’est dans les grands centres qu’on a souffert le plus. Mais, avec l’arrivée de l’automne, c’est tout le monde qui va avoir des disponibilités. »

Une situation qui, croit-il, aura un impact sur les prix. « Certainement qu’il va y avoir de bonnes opportunités, prédit celui qui est aussi directeur régional chez Urgo Hotels, un groupe gérant notamment Le Renaissance à Montréal et l’hôtel Marriott Québec Centre-Ville. Les tarifs seront certainement moins élevés à l’automne qu’ils l’étaient l’année passée dans les grands centres. »

Contacter l’hôtel directement, plutôt que de passer par un site de réservations en ligne, permet d’avoir accès à certaines promotions et à des disponibilités qui ne sont pas offertes sur ces sites. Ou, comme le souligne Nathalie Gemme dans ses conférences, d’obtenir parfois une meilleure chambre, un plus bas prix ou un déjeuner gratuit.

Arrivez tôt sur les sentiers

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Qu’en est-il de la randonnée ? Il y a encore place pour de la spontanéité, affirme le porte-parole de la SEPAQ, Simon Boivin. Mais tout dépend du moment où cette spontanéité s’exprime.

Avec ses terrains de camping et son prêt-à-camper réservés souvent des mois à l’avance, la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) n’est généralement pas une option pour les voyageurs de dernière minute, bien qu’on retrouve sur son site internet une section consacrée à ce type de séjours. Cet automne toutefois, plusieurs parcs présentent encore des disponibilités, même le week-end. Et qu’en est-il de la randonnée ? Il y a encore place pour de la spontanéité, affirme le porte-parole de la SEPAQ, Simon Boivin. Mais tout dépend du moment où cette spontanéité s’exprime.

Si c’est un jour de fin de semaine où il fait beau et que c’est pendant l’heure de pointe, de 11 h à 14 h, il n’est pas impossible que tous les droits d’accès soient déjà vendus, ou qu’on limite l’accès à un sentier parce que la quantité de personnes qui le fréquentent pourrait présenter un problème pour la sécurité des gens ou pour l’environnement.

Simon Boivin, porte-parole de la SEPAQ

Dans ce dernier cas, le droit d’accès quotidien, qui doit être acheté en ligne, ne garantit pas l’accès au parc.

Les randonneurs moins prévoyants peuvent se tourner vers les parcs régionaux. Dans la plupart des cas, il n’est pas nécessaire de réserver. Certains demandent néanmoins aux visiteurs d’acheter leur droit d’accès en ligne. Dans d’autres (Montagne du Diable, Mont-Ham), on le recommande fortement. Au Centre de la nature du mont Saint-Hilaire, il faut choisir une plage horaire avant d’effectuer une visite. Certains parcs notent également qu’ils pourraient restreindre l’accès si l’achalandage est déjà trop élevé.

Avant de se laisser aller à la spontanéité, il faut également vérifier s’il y a des fermetures en raison de la chasse. Ainsi, les Sentiers frontaliers seront fermés du 3 octobre au 22 novembre pour la chasse au gros gibier. Plusieurs autres sentiers connaissent des fermetures semblables.

Et une sortie non prévue au musée ? La plupart des grands musées exigent d’acheter à l’avance son billet en ligne et de choisir une plage horaire. Il est souvent possible, surtout en semaine, d’obtenir des billets pour la journée même. Une exception : l’exposition sur Frida Kahlo présentée jusqu’à lundi au Musée national des beaux-arts du Québec affichait complet toute la semaine.

Même système pour les zoos et autres parcs d’animaux comme le Zoo de Granby, le parc Safari, le Zoo sauvage de Saint-Félicien, le Parc Oméga et l’Aquarium de Québec. Cette règle s’applique aussi à La Ronde, même pour les détenteurs de passeports de saison. Il peut arriver qu’un établissement permette l’achat de billet sur place, mais c’est très rare et risqué : la Cité de l’énergie de Shawinigan, par exemple, précise que la priorité va toujours à ceux qui ont acheté leur billet d’avance.