Sports à haut risque, aires de jeu périlleuses, pirouettes pour têtes brûlées... Les activités aéronautiques - comme le deltaplane, le parapente ou l'autogire - traînent une réputation coriace de grande dangerosité.

Mis à jour le 26 juin 2013
Stéphanie Morin LA PRESSE

Le président de l'Association canadienne de vol libre, Domagoj Juretic, estime toutefois que cette mauvaise perception, largement répandue, n'est pas méritée. «Ce ne sont pas des activités à risque zéro, bien sûr, mais leurs dangers ne sont pas plus grands que pour la plongée sous-marine ou l'escalade, souvent perçues comme plus sécuritaires. Personnellement, j'ai plus de crainte à me promener en vélo au centre-ville de Montréal qu'à faire un saut en parapente.»

De 1995 à 2011, l'Association a recensé 141 accidents de parapente ou de deltaplane chez ses 900 membres. L'équivalent de 1 accident pour 3700 vols. De ce nombre, 6% des accidents ont été fatals et 2% ont laissé des blessures permanentes aux victimes.

Ainsi, en 17 ans, neuf personnes ont péri en pratiquant le vol libre, et ce, dans tout le pays. En 2012 seulement, la Société de l'assurance automobile du Québec a recensé 436 morts et 1966 blessés graves parmi les usagers de la route de la province...

En 2012, le Bureau de la sécurité dans les transports a de son côté recensé 239 accidents impliquant des aéronefs immatriculés au Canada: 193 concernaient des avions, 40, des hélicoptères, et les 6 autres impliquaient des ballons, des planeurs ou des autogires.

La météo dicte sa loi

Plus que toute autre activité, le deltaplane, l'autogire et la montgolfière sont soumis aux aléas de la météo. Avant de décoller, les pilotes doivent notamment s'assurer de la vélocité des vents en altitude et des prévisions météorologiques.

Ainsi, les parapentes et les autogires resteront généralement cloués au sol si la vitesse des vents frôle les 40 km/h. Pour la montgolfière, les vents ne doivent pas dépasser 20 km/h.

La pluie, la brume ou les nuages qui annoncent un orage forcent aussi l'annulation des vols. «Un gros cumulonimbus orageux constitue un danger majeur, car il peut aspirer un aéronef léger, comme un deltaplane, même s'il se trouve à une distance de 10 km», explique M. Juretic.

Denis Anctil, propriétaire d'ULP Aviation, ajoute que «même si les conditions météo sont sûres, nous ne décollons pas tant qu'elles ne seront pas optimales. Notre objectif n'est pas de faire peur au client, mais de lui offrir une belle expérience. S'il y a trop de turbulences, on préfère que le client revienne un autre jour.»