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Buenos Aires en sept temps

Buenos Aires, «Paris de l'Amérique du Sud», une... (Photo Émilie Nault-Simard, collaboration spéciale)

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Buenos Aires, «Paris de l'Amérique du Sud», une ville à la personnalité éclatée et contrastée.

Photo Émilie Nault-Simard, collaboration spéciale

Émilie Nault-Simard

Collaboration spéciale

La Presse

Depuis trois ans, à bord de notre camionnette, Juan Gaspari - mon conjoint argentin - et moi, avons roulé à travers des milliers de paysages et huit pays. En Argentine - ma terre d'adoption -, on s'est garés sur la rive ouest du fleuve Rio de la Plata, dans la capitale, Buenos Aires. On a «infiltré» les Porteños (habitants du port), comme on les appelle, pour mieux découvrir la culture «rioplatence».

Avec ses immeubles haussmanniens, ses maisons d'inspiration victorienne, ses cafés et ses grandes allées, le «Paris de l'Amérique du Sud» a sa propre personnalité: éclatante, multiple, contrastée. Quelque chose d'unique flotte dans l'air. Sept récits locaux de la vie quotidienne.

Samedi: Devenir accro à la yerba

Fin d'après-midi, les espaces verts se remplissent. Au parc Centenario (entre Caballito et Villa Crespo), des vendeurs ambulants au look hippie proposent qui des burgers végétaliens, qui des chaussettes! Des centaines de voisins sont réunis en petits groupes sur l'herbe. À l'ombre des araucarias, presque tous ont un thermos rempli d'eau chaude à portée de main et se partagent un contenant muni d'une bombilla (paille métallique). C'est le rituel quotidien du maté, l'infusion traditionnelle de yerba maté (herbe de maté) qui ressemble au thé, en plus amer. Héritée des Guaranis, c'est de loin la boisson la plus populaire en Argentine. «C'est la meilleure chose au monde!», lance Juan.

Dimanche: Sur deux roues, Si Si!

Grâce à cette seule journée de congé pour plusieurs, la tranquillité de certaines rues donne l'impression d'être dans un village à l'heure de la sieste, même au centre-ville. Parfait pour enfourcher nos vélos ! Du fameux (et bondé) parc surnommé Bosques de Palermo (bois de Palermo), on file sur la piste cyclable, en hallucinant sous les jacarandas en fleurs (novembre) de l'Avenida del Libertador. On pédale jusqu'au moderne quartier de Puerto Madero, centre des affaires, puis vers la réserve écologique de la Costanera Sur, poumon vert bordant le Rio de la Plata. Dans la capitale, Porteños et touristes ont accès à des vélos en libre-service gratuits.

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Buenos Aires, «Paris de l'Amérique du Sud», une ville à la personnalité éclatée et contrastée.

Photo Émilie Nault-Simard, collaboration spéciale

Lundi: Déterrer les racines noires

«On parle du tango de Gardel, mais pas que les musiciens étaient noirs», lance le militant Angel Acosta Martinez. On est dans le quartier Monserrat, à l'église à la vierge noire. À l'époque coloniale, ses rues (situées près du port), tout comme celles de San Telmo, étaient le point d'arrivée de nombreux esclaves enlevés en Afrique. Au cours du dernier siècle, la capitale semble avoir oublié le passé noir qui l'a façonnée. Ce soir, on découvre le Candombe, style musical hérité des Africains, apparu autour du Rio de la Plata. «Je suis musique!», lance Diego Bonga Martinez, artiste de descendance africaine et l'un des fondateurs du Mouvement afroculturel de Buenos Aires.

Mardi: Mélange des genres à San Telmo

Embourgeoisement et tourisme n'ont pas (totalement) tué l'esprit bohème du quartier historique de San Telmo. Plusieurs bars, cafés et parillas (restaurants de grillades), parmi les plus anciens de la ville, restent authentiques. On emprunte ses étroites rues en pierres en direction du marché couvert (évitez la foule du dimanche). Sous son immense structure de fer et de verre (1897), on boit un cortado (expresso coupé avec du lait). Derrière nous, les saucisses du boucher pendouillent, alors qu'en face, les friperies se succèdent. Les arômes des nouveaux comptoirs alimentaires (tapas espagnoles, raviolis, raclette, etc.) se mélangent et viennent compléter l'hétéroclite tableau. «Imperdable!»

Tous les jours: La fièvre du fútbol

À La Boca, on visite le centre culturel Usina del arte. Ici, le quartier vit au rythme des parties de soccer de l'équipe locale, l'une des plus populaires du pays, le Club Atletico Boca Juniors. Devant le mythique stade surnommé la Bombonera (boîte à chocolat), les partisans se photographient. On mange un typique «choripán» (sandwich de chorizo) à la Glorieta de Quique, resto familial aux couleurs de l'équipe. Dans une rue moins agitée, on s'installe au comptoir de la pizzeria Los Campeones qui diffuse les parties. Ce soir, Boca Juniors affronte River Plate, un «superclásico». L'ambiance est intense, plus encore, dirait-on, que pour la finale de la Coupe Stanley!

Boire de la yerba maté, de loin la... (Photo Émilie Nault-Simard, collaboration spéciale) - image 3.0

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Boire de la yerba maté, de loin la boisson la plus populaire en Argentine, dans le parc Centenario.

Photo Émilie Nault-Simard, collaboration spéciale

Jeudi: S'enivrer de broue locale

Le vin rouge national fait partie des moeurs, mais les brasseries artisanales sont devenues incontournables - sans doute un legs de l'immigration allemande. À Palermo Hollywood, sous-quartier branché de Palermo (le plus étendu), on termine la journée au bar de quartier Cerveceria Nacional. Cent variétés de bières locales sont proposées, et on les accompagne du fondamental empanada (chausson farci), pour survivre jusqu'au souper - vers 22 h! On s'installe à une table sur le trottoir, coude à coude avec les habitués, à qui on jase comme avec de vieux amis. Sympa! Dans le quartier adjacent, Colegiales, moins fréquenté, on poursuit la virée au Buena Birra Social Club, qui est une microbrasserie.

Vendredi: Incursion chez les Milongueros

Né dans les faubourgs marécageux de la cité porteña (celle du port), le tango argentin est populaire et accessible. Il perdure dans l'époustouflante vie culturelle de Buenos Aires, et évolue: Festival international de tango queer, tango punk, ou électro. Au Club Gricel, authentique milonga (bar pour danser le tango) du quartier San Cristóbal, on s'installe à l'une des tables qui entourent la grande piste de danse. Ambiance feutrée. Verre de rouge en main. On entre dans un espace hors du temps. Les jambes s'enlacent, les joues se frôlent, les regards se croisent. Le simple fait d'être parmi ces milongueros (danseurs de tango) calme inexplicablement les angoisses existentielles.

Et finalement?

Une fois apprivoisé, le monstre à plusieurs têtes que semble être Buenos Aires se dévoile dans toute sa splendeur. L'air y est bon, c'est vrai! Quand arrivent décembre et les grandes chaleurs de l'été austral, beaucoup de Porteños mettent le cap à l'est, de l'autre côté du Rio de la Plata, vers les villes côtières d'Uruguay. Pourquoi ne pas faire comme eux ? On quitte Buenos Aires, et on se promet qu'on y reviendra.




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