Notre collaboratrice Anne Pélouas vous invite à la suivre durant huit semaines consécutives dans un périple au-delà du 33e degré de latitude sud, effectué majoritairement en autobus, en plein été austral : de Santiago du Chili à la Terre de Feu, côté chilien, puis vers le nord-est de l'Argentine jusqu'à Buenos Aires. Après une courte visite en Uruguay, un arrêt à Mendoza, capitale du vin argentin, et une randonnée jusqu'au camp de base de l'Aconcagua, la plus haute montagne du continent, elle rentrera à Santiago en traversant la cordillère des Andes.

Anne Pélouas, collaboration spéciale LE SOLEIL

La station de métro de La Moneda donne déjà le goût d'explorer le sud du Chili, ce pays qui s'étire sur 4300 kilomètres entre Pacifique et cordillère des Andes. Sur les deux quais de la station, des oeuvres d'artistes illustrent la magnificence des paysages : un volcan imposant, des vagues qui meurent à nos pieds, une hacienda, un araucania majestueux, arbre emblématique du pays.

 

L'heure de partir plus loin n'est pas encore venue... Santiago mérite bien quelques jours. Pour grimper d'abord sur le Cerro San Cristobal en téléphérique et visualiser la ville, encadrée par deux chaînes de montagnes, avec le Rio Mapuche pour épine dorsale.

Vignoble

La capitale chilienne est bien desservie en lignes de métro. L'une d'elles conduit non loin du plus ancien vignoble du pays, celui de Cousino Macul, qui exporte 70 % de sa production, notamment au Québec. Dans cette «petite» maison familiale de 150 ans, on visite les chais, au sous-sol d'une belle bâtisse en bois. La cave a été construite pour résister aux tremblements de terre, fréquents au Chili. C'est là, au frais, que débute la dégustation avec un vin «gris», unique au Chili! Au rez-de-chaussée, on en goûtera d'autres avant de repartir avec quelques bouteilles, non sans avoir jeté un regard sur l'oasis de verdure qu'est le parc de la propriété.

De retour au centre-ville, un arrêt s'impose au palais présidentiel de la Moneda, tristement célèbre depuis le coup d'État du 11 septembre 1973. Il ouvre en partie ses portes au public. Les méfaits de la dictature d'Augusto Pinochet trouvent un écho émouvant ailleurs, au cimetière général. Le haut «mur des disparus», symbole de la mémoire pour des milliers de Chiliens qui ont perdu des êtres chers, se repère facilement. Les noms, inscrits dans la pierre, s'égrènent comme un chapelet. À gauche, les disparus, à droite, les «vrais» morts, exécutés, et au centre, seul, le nom de l'ancien président Salvador Allende.

Le poète Pablo Neruda est un autre de ces célèbres Chiliens qu'on peut suivre à la trace en visitant ses trois maisons : la Chascona à Santiago, la Sebastiana à Valparaiso et l'Isla Negra, un peu plus au sud. La Chascona, accrochée au flanc du Cerro San Cristobal, compte plusieurs petits bâtiments, courettes, escaliers... Le mobilier et la décoration sont résolument marins. Du bar à la bibliothèque en passant par les chambres à coucher, on entre de plain-pied dans la vie passionnée de l'artiste qui fut aussi chaleureux pour ses amis que le sont les Chiliens d'aujourd'hui!

Ce voyage a été rendu possible grâce à la compagnie aérienne Lan (www.lan.com).