(New York) Le régulateur américain de l’aviation, la FAA, a estimé mardi que la sécurité aérienne au Mexique ne répondait pas aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale et a abaissé la note qu’il accorde au pays en la matière.

Agence France-Presse

Cette décision n’empêche pas les compagnies aériennes mexicaines de continuer à opérer les vols existants entre le Mexique et les États-Unis, mais leur interdit d’en ajouter de nouveaux, a précisé la FAA dans un communiqué.

Les vols retirés en raison de la baisse du trafic aérien depuis le début de la pandémie pourront reprendre du service sous les mêmes conditions qu’avant leur suspension.

« La FAA augmentera son contrôle des vols des compagnies aériennes mexicaines vers les États-Unis », a souligné le régulateur.

Les compagnies américaines de leur côté ne pourront plus vendre sous leur nom des tickets pour des vols opérés par des compagnies aériennes mexicaines.  

Elles pourront en revanche continuer à exploiter leurs propres vols depuis et vers le Mexique, a précisé le régulateur auprès de l’AFP.  

Le déclassement du Mexique en « catégorie 2 » résulte du fait que les lois ou règlements en place dans le pays ne garantissent pas une supervision des compagnies aériennes « conforme aux normes internationales minimales de sécurité », ou que « l’autorité de l’aviation civile (du pays) fait défaut dans un ou plusieurs domaines tels que l’expertise technique, le personnel formé, la tenue de registres, les procédures d’inspection, ou la résolution des problèmes de sécurité », a justifié la FAA.  

Le régulateur américain, qui a mené une évaluation entre octobre 2020 et février 2021, se dit prêt à aider son homologue mexicain à améliorer son système de supervision afin de retrouver la « catégorie 1 ».

Le président du Mexique, pays qui dépend beaucoup du tourisme, avait lundi appelé la FAA à ne pas prendre cette décision.

« Nous répondons à toutes les normes », avait assuré Andres Manuel Lopez Obrador en réponse à une question sur l’imminence d’un rapport de Washington.  

Un déclassement du Mexique, s’il était confirmé, serait surtout une façon d’aider les compagnies américaines, avait-il alors suggéré.  

L’impact sur les sociétés mexicaines en serait limité « puisqu’elles sont plus concentrées sur le transport intérieur », avait aussi estimé le président.

Aeromexico, la plus grande compagnie aérienne mexicaine, a confirmé dans un communiqué mardi que cette décision n’affectait pas ses opérations actuelles vers ou depuis les États-Unis.  

Elle a aussi affirmé être prête à aider les autorités mexicaines de l’aviation civile à « retrouver la catégorie 1 pour le bien du secteur ».

Le syndicat de pilotes mexicains ASPA a de son côté souligné que la décision était liée aux autorités aériennes du pays et non aux compagnies aériennes elles-mêmes.

« Nous pouvons assurer aux passagers que, lorsqu’ils volent avec des pilotes ASPA, ils volent avec des pilotes qui ont satisfait aux normes internationales les plus élevées en matière de sécurité », a affirmé le syndicat dans un communiqué.