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Cholula ou la vida tranquila

Les photos de Jesus Cruz Rodriguez sur la... (Photo: David Homel, collaboration spéciale)

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Les photos de Jesus Cruz Rodriguez sur la télé mexicaine attirent les regards curieux des passants au centre de Cholula.

Photo: David Homel, collaboration spéciale

David Homel
La Presse

Parfois le voyage, même d'agrément, peut s'avérer la galère. Surtout dans un pays désorganisé comme le Mexique. Et même quand on aime ce pays.

Ce fut mon cas dernièrement. Je venais de passer une semaine à Mexico, ville polluée, bruyante et intense. Je voulais visiter Puebla, quatrième centre urbain du Mexique, dont le centre historique est un site protégé par l'UNESCO pour sa beauté et son harmonie. Mais je n'avais pas le courage de faire face à une autre ville.

La solution: la petite localité de Cholula, à 12 kilomètres de Puebla. Ce n'est pas une simple banlieue, car le site est habité depuis l'an 500. Je suis monté à Nuestra Senora de los Remedios, l'église qui domine Cholula, et j'ai compris l'attirance exercée par ce lieu. Deux volcans surplombent une plaine où jadis un lac étendait ses eaux. Le volcan Popocatépetl m'a salué en envoyant une trace de fumée et de cendres dans les airs. Merci de l'accueil, Popo.

Un site sacré

Le site de Cholula est sacré depuis que l'homme y a mis le pied, et une bataille entre deux religions marque la petite ville. Arrivant sur place, les conquérants espagnols ont vite fait de construire une église sur la colline qui surplombe la plaine, pour montrer qu'ils avaient vaincu les dieux des habitants. Cette église est sise sur le plus grand temple au monde, par son volume. En bas de Los Remedios, le site archéologique révèle ses pierres austères. Au musée, quelques belles déesses en grès vous accueillent, et le passage souterrain à travers le temple vous permet de jouer à Indiana Jones - claustrophobes s'abstenir.

J'ai un faible pour le mélange des cultures. En montant à l'église (attention, vous êtes à 2300 m et l'air est rare), j'ai acheté le casse-croûte des indigènes: un petit sac de chupalinas, ou sauterelles à l'ail. Peut-être les dieux sont-ils fâchés contre les Espagnols, car ils n'arrêtent pas d'envoyer des tremblements de terre qui détruisent l'église. Heureusement, l'autel consacré à San Homobono est resté intact. C'est le saint patron des couturiers, comme le démontrent le fer à repasser et la machine à coudre attachés à son autel.

Sans leurs églises, les hameaux de Tonantzintla et Acatepec seraient oubliés. Au premier village, c'est comme si les Pères de l'Église avaient dit aux indigènes: «Voilà notre religion; à vous de l'interpréter». Des animaux fantastiques cohabitent avec des vierges, et chaque centimètre est recouvert d'une exubérance visuelle. À Acatepec, la tuile est reine: cygnes, sirènes, bêtes magiques. Pas très catholique!

Mais Cholula ne vit pas que dans le passé. Sa grande place, devant l'Hôtel Calli (demandez une chambre qui donne sur la piscine), présente une expo-photo sur l'arrivée de la télé dans les foyers mexicains, la même année où elle est entrée à Montréal.

Art et cuisine à Puebla

Puebla, où l'on va pour l'art et la cuisine, est à 15 minutes et 1 $ en minibus de Cholula. Avec Oaxaca, Puebla est la capitale de la cuisine mexicaine. Ses spécialités se dégustent un peu partout, surtout à La Funda Santa Clara, près du centre: la manchamanteles, ou «tache-nappe», du porc cuit avec des fruits, ou le chile en nogada, un poivron vert farci de fruits, de noix, de riz et de viande, ou bien la viande de chèvre. Sans parler des moles, sauces au chocolat et aux chiles, qui font la fierté de la ville. Une cuisine-musée dans un ancien couvent met en valeur le lieu où de bonnes soeurs auraient inventé le mole.

À Puebla, il faut aimer la tuile peinte. Le musée de la Talavera est un arrêt incontournable. Quatre générations de la famille Uriarte règnent sur cette usine où tout est fait à la main. On broie le bleu-cobalt importé d'Allemagne à la main, ce qui explique les prix assez élevés. Tout en visitant les installations, on suit les étapes de fabrication. Les artisans, qui ont tout appris sur place, sont jeunes. La tradition ne se perdra pas.

Au musée Amparo, d'autres traditions se créent. J'ai vu l'oeuvre de Betsabée Romero, l'artiste mexicaine du pneu. Elle sculpte des formes dans des pneus, pour ensuite les imprimer sur de la toile ou du papier. Ou encore, elle décore des pneus avec du chicle (qui donne la gomme à mâcher) ou de la feuille d'or. Il y a enfin un avenir pour nos pneus usagés.

À la fin de la journée à Puebla, les poumons remplis de fumée de diesel, il fait bon rentrer à Cholula, prendre un verre sur la grande place, ou bien un plat dans un resto local. Le meilleur des deux mondes!




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