(Ottawa) Une coalition d’organisations touristiques réclame le maintien du programme fédéral de subvention salariale d’urgence jusqu’à l’année prochaine pour aider les entreprises qui pourront difficilement se relever de la pandémie de COVID-19.

La Presse canadienne

Quarante organisations se sont regroupées pour former une « coalition des entreprises les plus touchées » afin d’exercer des pressions sur le gouvernement fédéral pour qu’il reporte la suppression progressive de la Subvention salariale d’urgence (SSUC) à compter de ce mois-ci.

En vertu de ce programme, le gouvernement couvrait jusqu’à 75 % des salaires en fonction des revenus perdus par une entreprise à cause de la COVID-19. Mais à partir de la fin du mois, le gouvernement a l’intention de commencer à réduire le programme dans le but de l’éliminer complètement à la fin de l’année.

« Réduire et éliminer progressivement la SSUC pour toutes les entreprises en même temps n’a pas de sens », a soutenu la présidente de l’Association des hôtels du Canada, Susie Grynol, lors d’une conférence de presse, jeudi.

« Il faut reconnaître que si certaines entreprises peuvent se rétablir, d’autres ne le pourront pas. Ce programme de soutien devrait refléter cette réalité », a-t-elle ajouté.

Mme Grynol a indiqué qu’une grande majorité des exploitants du secteur touristique ont dit, dans un récent sondage, compter sur les soutiens gouvernementaux pour demeurer solvables dans les mois à venir, étant donné les restrictions visant à ralentir la propagation de la COVID-19.

« Notre secteur est différent. Nous ne pouvons pas offrir de collecte en bordure de rue, compter sur le commerce électronique, nous lancer dans la fabrication de nouveaux produits, a-t-elle souligné. Nous sommes fondamentalement des entreprises tournées vers les personnes. Nous rassemblons les gens, ce qui limite notre capacité à fonctionner pendant une pandémie mondiale. »

Le gouvernement fédéral dit avoir accordé, jusqu’au 13 septembre, des subventions d’une valeur de 35,31 milliards aux entreprises. Le directeur parlementaire du budget a signalé le mois dernier qu’à la fin de l’année, le programme pourrait coûter jusqu’à 67,9 milliards.

L’intention de la SSUC était de maintenir les salariés à leur emploi afin qu’ils soient prêts à travailler dès que les conditions s’amélioreraient. Mme Grynol et d’autres représentants de l’industrie disent que le secteur du tourisme ne verra pas un début de retour à la normale avant l’été prochain.

« Après la pandémie de COVID-19, les Canadiens voudront toujours un Stampede de Calgary, un Festival international du film de Toronto, un Festival de jazz à Montréal, un carnaval à Québec, un festival Bluesfest à Ottawa, mentionne Martin Roy, directeur général de Festivals et évènements majeurs Canada. Les festivals et évènements font partie de notre identité et nous avons besoin d’employés pour les organiser maintenant et dans les mois à venir. »

Le cabinet de la ministre du Développement économique Mélanie Joly a refusé de dire si le gouvernement fédéral envisageait de prolonger la SSUC. Il a mentionné que l’une des raisons pour lesquelles le programme avait été prolongé une première fois était pour aider le secteur du tourisme.

Dans une déclaration remise à La Presse canadienne, le cabinet a aussi évoqué l’existence de divers programmes régionaux et les 110 milliards dédiés au secteur touristique. « Notre message au secteur touristique canadien et à ceux dont les moyens de subsistance en dépendent est clair : nous avons été avec vous en adoptant des mesures immédiates, nous sommes là pour vous au moment où notre économie se relève et nous nous en sortirons ensemble », a déclaré le porte-parole Alexander Cohen dans un courriel.

La coalition est l’un des nombreux groupes qui amplifient leurs appels pour que le gouvernement reconnaisse que l’économie est loin de revenir à la normale. De nombreux regards seront tournés vers le discours du Trône de la semaine prochaine pour voir ce que compte faire le gouvernement fédéral, étant donné la recrudescence des cas de COVID-19 au pays.

Jeudi, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a également publié sa liste de souhaits pour le discours du Trône. L’organisation estime qu’une entreprise sur sept court un risque de fermeture définitive. Elle réclame une prolongation du programme de prêts aux entreprises existant et une refonte de l’aide au loyer qui permettrait aux locataires commerciaux d’accéder directement aux fonds, plutôt que de compter sur la participation des propriétaires.