Source ID:e289c514-8bc1-497b-9749-4d7b8937e8cc; App Source:alfamedia

Les jeunes et l'alcool: boire (il)légalement

« Parmi ceux qui boivent, les jeunes qui ont... (Photo Thinkstock)

Agrandir

« Parmi ceux qui boivent, les jeunes qui ont été initiés par leurs parents s'intoxiquent moins, boivent moins et ont moins de problèmes de consommation dans l'avenir que ceux qui ont été initiés par leurs amis », assure Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcool.

Photo Thinkstock

Une fête d'ados de 15 ou 16 ans. Sous votre toit. Avec de l'alcool. Est-ce une bonne idée ? Est-ce risqué ? Est-ce... légal ?

Les ados boivent. Moins qu'avant, mais ils boivent. La majorité des Québécois de 15 ans ont d'ailleurs déjà fait l'expérience de l'alcool. « Ça, c'est dans la réalité », insiste le directeur général d'Éduc'alcool, Hubert Sacy, qui invite à regarder cette situation en face. Il ajoute que c'est la raison pour laquelle, peu importe l'âge légal, les études portant sur la consommation d'alcool comptabilisent justement les individus de 15 ans et plus.

***

-13 %

En 2000, 70 % des élèves du secondaire avaient bu de l'alcool, contre 57 % en 2013. 

Source : Institut de la statistique du Québec

***

MAÎTRE CHEZ SOI ?

Il est défendu à une personne majeure d'acheter des boissons alcoolisées pour ensuite les refiler à des mineurs à la sortie du dépanneur. Un parent peut toutefois, en fonction de ses valeurs, en servir un peu à ses propres enfants. Peut-il laisser les ados des autres boire sous son toit ? « À notre connaissance, il n'y a pas une loi qui interdit à des mineurs de consommer de l'alcool dans un lieu privé », expose Guillaume Rondeau, vulgarisateur juridique en chef chez Éducaloi. Ce qui ne veut pas dire qu'on peut le faire les yeux fermés.

CHIC ! UNE PETITE FÊTE !

Le gros bon sens s'impose : il vaut mieux s'assurer que les autres parents sont au courant, et d'accord. « S'il y en a 6 sur 10 qui ne sont pas d'accord, vous dites : il n'y aura pas d'alcool parce que les parents ne veulent pas. Et vous n'avez pas le droit de servir de l'alcool à des enfants si leurs parents ne sont pas d'accord. Pas le droit moral, je veux dire », précise Hubert Sacy.

***

-19 %

Entre 2000 et 2013, la proportion d'élèves du secondaire qui ont fait usage de drogues a baissé de près de 20 %, ce qui laisse croire que l'alcool n'a pas été remplacé par une autre sorte de drogue. 

Source : Institut de la statistique du Québec

***

RESPONSABILITÉS PARENTALES

« Ce n'est pas une infraction de laisser les jeunes boire. Il faut voir s'il y a des conséquences à leur consommation », nuance cependant Guillaume Rondeau. Est-ce qu'un adulte qui laisse boire des mineurs chez lui peut s'exposer à des poursuites ? « Si les autres parents disent spécifiquement qu'il ne doit pas y avoir d'alcool et que le parent hôte en fait fi, s'il en sert ou encourage la consommation d'alcool lors de la fête et qu'un incident se produit, un juge ne serait pas insensible à ça », estime Michaël Poutré, responsable, veille et validité juridique, chez Éducaloi. Si tous sont au courant, la faute sera plus difficile à faire valoir. À moins que le parent hôte ait agi de manière déraisonnable et incité les jeunes à boire, précise encore Éducaloi.

SAVOIR BOIRE

« L'un des grands prédicteurs de la consommation d'alcool des jeunes reste la consommation des parents, rappelle Louise Nadeau, professeure honoraire au département de psychologie de l'Université de Montréal. Si les adolescents voient toute leur vie des parents qui gèrent l'alcool et sont capables de retourner la bouteille dans le frigo sans sentir l'obligation de la vider, c'est ce qu'ils apprennent. » Hubert Sacy le confirme : l'exemple des parents est capital. « S'il y a une différence entre ce qu'ils disent et ce qu'ils font, prévient-il, les enfants regardent ce que les parents font et n'écoutent absolument pas ce qu'ils disent. »

MONTRER À BOIRE ?

« Plus les jeunes commencent à boire tard, mieux c'est. C'est indiscutable », tranche Hubert Sacy. Or, si un ado demande à essayer, si on soupçonne qu'il boit ou va boire, mieux vaut l'encadrer. « Parmi ceux qui boivent, les jeunes qui ont été initiés par leurs parents s'intoxiquent moins, boivent moins et ont moins de problèmes de consommation dans l'avenir que ceux qui ont été initiés par leurs amis », assure le directeur général d'Éduc'alcool.

« Les seuls verres qui doivent être pleins tout le temps, ce sont les verres d'eau. » - Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcool

ET ALORS, CETTE PETITE FÊTE ?

Louise Nadeau tranche : elle servait un peu de vin à un ado lors d'occasions spéciales, mais pas dans une fête d'ados de 15 ans. Dans la mesure où les autres parents sont au courant et d'accord, Hubert Sacy suggère plutôt de limiter la consommation - une bière ou un verre de punch, par exemple. Surtout, il conseille d'offrir des solutions de rechange à l'alcool - jus, boissons gazeuses, cocktails sans alcool (recettes sur alternalcool.com) - et de s'assurer qu'il y ait de la nourriture. Et de garder l'oeil ouvert.




Les plus populaires : Vivre

Tous les plus populaires de la section Vivre
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer