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Interventions esthétiques, sans tabou

Maripier Morin... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Maripier Morin

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

La chirurgie et la dermatologie esthétiques intéressent grandement Maripier Morin et Patrick Vimbor. Ils en parlent de manière très franche, sans tabou, en avouant même avoir recours à certains traitements non invasifs. Discussion.

Quel est votre rapport à la chirurgie esthétique?

Patrick Vimbor: D'abord, il faut nuancer, il y a la chirurgie et la dermatologie qui propose des traitements non invasifs comme le Botox. J'ai peur des interventions invasives, je n'en ai jamais faites... pas encore [rires] ! Comme j'en ai peur, je multiplie les traitements non invasifs, j'ai presque tout essayé. Les lasers, les injections de Botox, les fillers ou agents de comblement, le vampire facial. Je fais ces traitements depuis que j'ai 28 ans et j'en ai 43. J'y vais tous les trois mois, j'ai du Botox dans le front, en dessous de l'oeil, car j'avais des poches, un peu dans le visage, au-dessus des lèvres.

Pourquoi? C'est la peur de vieillir?

Patrick: Oui, certainement. Dans le milieu de la mode, il y a une perfection esthétique qui règne, surtout dans le milieu homosexuel, il y a des critères de beauté précis, mais ça évolue, c'est moins le cas aujourd'hui. Je ne veux pas avoir l'air d'un raisin sec magané... j'ai envie de vieillir en beauté.

Maripier Morin: On veut contrôler le dommage. Vieillir est inévitable, mais on peut vieillir avec grâce. Ce n'est pas la crainte de vieillir qui m'inquiète, mais c'est de ne plus être la «petite nouvelle». Pour moi, le Botox, ça sert à faire de la prévention et non pas de la correction. Disons-le, on est dans un métier d'image, mais celles qui utilisent bien le Botox, ça ne se voit pas et c'est ça, le secret. Parce qu'un visage qui ne bouge plus, c'est parce qu'on t'a injecté une dose extrême de Botox et que c'est vraiment raté.

Tu as eu des injections de Botox?

Maripier: Oui. J'ai 32 ans, c'est très minime, ce que je fais, mais peut-être qu'à 45 ans, mon discours sera différent. Je souhaite ne jamais tomber dans l'extrême. C'est ça qui me fait peur. Je n'ai pas de problème à dire que j'ai eu des injections de Botox entre les deux yeux, à 30 ans. J'avais des rides et ça me donnait un air méchant, ça m'énervait. J'ai aussi fait des lasers pour enlever mes cicatrices d'acné. Le reste, j'aurais envie de dire que je ne toucherai à rien.

Sens-tu une responsabilité à l'égard de ton public plus jeune?

Maripier: Oui. Quand je vois qu'il y a des petites filles qui viennent me voir et me demandent: «Toi, tes lèvres, tu les fais où?» De quoi tu parles? Premièrement, tu as quel âge? Deuxièmement, ta bouche est parfaite. C'est là que c'est dangereux. Si tu veux conserver le physique que tu as déjà sans le modifier, ça ne me dérange pas, si tu veux avoir une belle peau, avoir confiance en toi et te sentir belle, mais de tout altérer, de tout changer, de te transformer, c'est là que ça devient dangereux. Et ce qui est encore plus dangereux, c'est l'âge auquel les jeunes filles commencent à le faire. À 18 ou 20 ans, elles vont chez le dermatologue. On ne sait pas encore comment ça va évoluer, tout ça. C'est la première génération de jeunes à faire du Botox et du remplissage à un très jeune âge, mais comment ça va vieillir ? De quoi elles vont avoir l'air à 60 ans? Ça m'inquiète.

Est-ce qu'on banalise le Botox? Est-ce que, bientôt, on va aller se faire faire des injections de Botox comme on va boire un café?

Patrick: Oui, tu as raison, c'est tellement devenu accessible. Je regarde les gens et je vois que tout le monde a du Botox. Tout le monde! Et j'ai l'oeil!

Arrête, tu exagères. Franchement, pas tout le monde! Dans ton milieu peut-être. Pas moi en tout cas!

Patrick: Quasiment tout le monde, enfin je dirais au moins 60 % des gens. Tous mes amis ont eu des injections de Botox. Tous! De tous les gens que je connais, sauf toi, Olivia, et peut-être deux ou trois autres personnes, tous ont eu recours au Botox!

Les gens le disent ouvertement?

Patrick: Oui. Maintenant oui.

Maripier: Non, c'est moitié-moitié. Il y en a encore qui refusent de le dire, vraiment.

Pourquoi?

Patrick: Ça dépend. Pour beaucoup de gens, c'est très accepté. C'est quelque chose de simple et de normal.

Qui prouve quoi? Que tu prends soin de toi, que tu as de l'argent?

Patrick: J'étais gros quand j'étais jeune. Je suis devenu beau à 30 ans. Pour moi, c'est une façon de vivre quelque chose que je n'ai pas eue plus jeune.

Maripier: Il y en a qui refusent de dire qu'ils ont fait des injections de Botox. Par exemple, ceux et celles qui ont l'air naturels et pour qui ça ne se voit pas, ils ne le disent pas. Ils ont peur du jugement, car il y a encore beaucoup de gens qui jugent. C'est un sujet qui polarise. Mais il y a aussi les autres qui en parlent très ouvertement. Dominique Bertrand, qui est une très belle femme, a été une des premières à en parler ouvertement et elle a été lynchée sur la place publique pour avoir avoué cette chose atroce!

Est-ce que les gens sont déçus d'apprendre qu'une si belle femme a eu des injections de Botox? On peut se dire, elle est si belle, avait-elle vraiment besoin de ça?

Maripier: Mais ça n'a rien changé à son visage. Elle ne s'est pas transformée! C'est ça, la différence. J'ai hâte de voir si les gens vont me juger. C'est minime, ce que j'ai fait, mais je ne pense pas l'avoir déjà dit, mais j'ai toujours dit que je n'étais pas contre.

Est-ce que tu penses que les gens vont dire: «Mais Maripier est belle, elle n'a pas besoin de Botox...»

Maripier: Il faut éduquer les gens sur les différents traitements. Une personne qui fait des injections à 20 ans, ça va changer son visage et sa morphologie. Mais d'injecter un peu de Botox entre les deux sourcils pour ne pas avoir deux rides qui creusent, je ne pense pas qu'on puisse me juger là-dessus. J'ai envie d'éduquer et de mettre en garde les jeunes filles sur les dérives de la chirurgie esthétique.

Patrick, tu viens de faire un vampire facial. Est-ce que ça s'est bien passé? C'est horrifiant.

Patrick: C'est la troisième fois que je fais un vampire facial. J'ai trouvé cette fois que ça faisait mal par moments, j'ai dû faire des pauses. Il t'insère une aiguille à répétition à la vitesse d'une mitraillette dans le visage! Et il y a un deuxième passage, tout ça sans antidouleurs.

Patrick Vimbor... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse) - image 2.0

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Patrick Vimbor

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

À ce moment-là, tu ne te dis pas que c'est complètement délirant, ce que tu fais là?

Patrick: Non [rires]!

Maripier: Il aime le résultat! Il est un peu maso aussi et il y a quelque chose qu'il l'amuse là-dedans...

Patrick: C'est comme une voiture, la carrosserie est poquée et je la fais réparer.

Maripier: C'est un mal nécessaire.

Vraiment? Il faut souffrir pour être beau?

Patrick: Pas nécessairement, mais ça m'apporte une certaine confiance en moi. Ça me fait oublier mon déclin. Ça le ralentit. Je n'ai jamais voulu devenir quelqu'un d'autre. Les plus jeunes veulent atteindre un standard de perfection et ne plus du tout se ressembler.

Maripier: Elles veulent atteindre le standard de beauté Instagram. Les réseaux sociaux ont causé du tort tout comme les Kim Kardashian et les Kylie Jenner ont créé un monstre.

Patrick: Kylie Jenner était très ordinaire. Quand tu regardes des vieilles photos de Kylie Jenner, tu vois que ce n'est plus du tout la même fille aujourd'hui. Plus du tout.

Maripier: Les petites filles qui n'ont pas confiance en elles se disent qu'à 18 ans, elles pourront se faire faire la face qu'elles veulent! Et ça, c'est grave et c'est inquiétant. Ma mère me fait penser à toi, Olivia, elle est très assumée. Il y a quelque chose de valorisant de se trouver belle dans le regard de la personne qu'on aime profondément. Il y a beaucoup de confiance en moi qui vient de Brandon [Prust, son mari]. Il y a quelque chose de rassurant. Quand mon chum me dit que je suis belle, ça vaut tous les commentaires sur Instagram.

On parle beaucoup de ton physique, de ta beauté.

Maripier: Oui. C'est malheureux de toujours être réduite à son physique...

Patrick: On parle beaucoup de son physique, mais Maripier ne se voit pas de cette façon-là. Ça vient de sa mère qui a un rapport à la beauté différent. Maripier aussi, car elle n'aime pas les canons de beauté.

Il y a aujourd'hui différents styles de beauté, les standards évoluent.

Patrick: Oui. Chez les 16-23 ans, plus tu es bizarre et plus tu es intéressant, ce qui est très bien.

Maripier: Souvent les gens très beaux, comme les mannequins, ont toujours été remarqués pour leur beauté. Ça fait en sorte qu'ils travaillent moins le reste de leur personnalité. Ils travaillent moins leur curiosité, leur culture, leur répartie. Alors que quand tu es moins cute, tu n'as pas le choix d'avoir autre chose pour te faire remarquer. Au secondaire, j'étais très laide. Vraiment. J'avais un monosourcil, les dents trop grandes, j'avais l'air d'un petit garçon, j'étais maigre et athlétique, car je faisais du patinage artistique. Je n'avais pas le choix de développer d'autres aspects de ma personnalité. Alors je peux dire aux jeunes qui sont dans un âge ingrat qu'ils ne sont peut-être pas les plus cutes de la classe, mais soyez curieux et ayez confiance! Le contenu est plus important que le contenant!

Et 15 ans plus tard...

Maripier: Personne dans ma classe de secondaire 3 n'aurait parié sur moi en tant qu'égérie de Revlon [rires]! Je suis l'exemple parfait que ce n'est pas parce que tu n'es pas la «Beauty Queen» du secondaire que ça ne peut pas changer. Je suis devenue belle, plus tard, vers 18 ans... je me trouvais belle à 13 ans, car j'étais bonne en patinage artistique, et ça me donnait une grande confiance en moi. Les habiletés sportives ou artistiques font en sorte que tu développes une belle confiance en toi et que tu ne deviens pas obsédée par la beauté.

Interventions esthétiques non invasives?

Qu'est-ce que le Botox, les fillers ou agents de comblement et le vampire facial? Notons que ces traitements comportent certains risques et effets secondaires. Précisions.

Botox

«Les injections de Botox sont des traitements médicaux qui ne sont pas chirurgicaux. Le Botox est un médicament [protéine botulinique] injecté en petite quantité pour détendre les muscles du visage, responsables des rides d'expression, afin de diminuer les rides présentes et prévenir leur accentuation future. On traite le plus fréquemment les sites entre les sourcils, les rides du front, les rides de la patte d'oie, les rides verticales autour des lèvres. Il faut savoir doser les injections de Botox, savoir où l'injecter et à quelle profondeur pour un résultat naturel», explique la Dre Suzanne Gagnon, dermatologue spécialisée en laser et en dermatologie esthétique, qui précise que les injections de Botox ne créent pas de volume.

Fillers ou agents de comblement

«Pour restaurer le volume perdu, on utilise des agents de comblement. Le produit le plus utilisé est l'acide hyaluronique, un produit naturel, qui sera injecté avec aiguille ou canule (à bouts ronds) dans le visage ou sur le dos des mains (avant l'acide hyaluronique, c'est le collagène qui était injecté). On restaure le volume perdu au visage, on redonne un peu de galbe aux lèvres, et on redonne une apparence plus jeune aux mains», détaille la Dre Suzanne Gagnon. Les dermatologues et chirurgiens plasticiens utilisent aussi l'hydroxyapatite de calcium et l'acide L-polylactique.

Vampire Facial ou PRP, plasma riche en plaquettes

«Le traitement consiste à prélever une quantité de votre sang, d'où le nom vampire! On le centrifuge, on le traite, puis on réinjecte le sang avec de fines aiguilles ou un pistolet, en micro-injections, dans le visage, le cou et le décolleté. Le plasma contient de nombreux facteurs de croissance qui vont stimuler la prolifération cellulaire et la synthèse de collagène. Ça donne de l'éclat à la peau du visage et diminue les petites ridules» explique la Dre Suzanne Gagnon.




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