Source ID:20842641-3cc7-439a-977f-3e646fd4e83f; App Source:alfamedia

Vêtements de plein air en mode écolo

Il est possible de profiter du plein air... (Photo Thinkstock)

Agrandir

Il est possible de profiter du plein air tout en utilisant un équipement tout à fait écolo.

Photo Thinkstock

Alain McKenna

Collaboration spéciale

La Presse

Comment profiter à fond de la nature tandis qu'on l'inonde de nos déchets? En faisant entrer ces derniers dans la composition de l'équipement de plein air, clament de plus en plus de fabricants d'articles spécialisés.

DES FABRICANTS QUI ONT L'ENVIRONNEMENT À COEUR

À la fin d'octobre, le fabricant danois de verres fumés MessyWeekend a célébré un jalon important: il venait de confirmer un 1750e client pour ses lunettes de ski homonymes. Un nombre qui, au premier coup d'oeil, ne rime à rien mais qui représente un succès inespéré pour un projet qui a été mis en prévente en douce sur le site de sociofinancement Kickstarter.

Selon le fabricant, ces ventes garanties promettent d'éviter le rejet de pas moins de 19 tonnes de plastique dans l'océan Pacifique. En s'associant avec l'organisation environnementale ProArtSo, l'entreprise s'assure que, pour chaque exemplaire vendu de ses lunettes, 10 kg de plastique sont retirés de l'océan Pacifique, où un énorme «continent de plastique» de 1,5 million de kilomètres carrés vogue, quelque part entre Hawaii et la Californie. «Notre soutien permet aussi d'informer les communautés locales et de les aider à collecter et à recycler leurs déchets. On transforme ainsi des déchets en une source de revenus pour ces communautés», soutient MessyWeekend.

Le recyclage des déchets n'est évidemment pas nouveau, mais une certaine urgence d'agir mène des entreprises comme ce fabricant danois à tenter de réduire leur empreinte environnementale au minimum possible, voire à la renverser complètement. C'est d'ailleurs une des prémisses de base de l'économie circulaire, une tendance émergente dans le domaine manufacturier en ce moment et à laquelle n'échappe pas l'équipement de plein air.

Du plein air en plein dépotoir...

Selon le conseil américain pour le recyclage du textile, l'équivalent de 30 kg de vêtements par personne par année se retrouvent dans des sites d'enfouissement. Et ça inclut ce chaud manteau qu'on enfile pour dévaler les pentes de ski, l'hiver... C'est pourquoi certaines marques expérimentent avec de nouveaux matériaux afin d'améliorer la situation.

De grandes marques comme Salomon et The North Face recourent depuis des années aux fibres isolantes de la société américaine PrimaLoft, qui ont deux particularités notoires. D'abord, certaines d'entre elles sont composées jusqu'à 70 % de matériaux recyclés. Ensuite, elles répondent à la question que s'est posée, en 2014, un ingénieur de PrimaLoft: «Pourquoi ne peut-on pas concevoir un isolant qu'on pourrait ensuite simplement enterrer dans sa cour?»

La Cora Ball est une boule qu'on lance... (Photo fournie par Cora Ball) - image 2.0

Agrandir

La Cora Ball est une boule qu'on lance dans la sécheuse et qui collecte les microfibres synthétiques qui se défont des vêtements.

Photo fournie par Cora Ball

Appelé PrimaLoft Bio, le plus récent fruit de cette réflexion est une fibre isolante qui est faite à 100 % de matériaux recyclés et qui se dégrade à 80 % ou plus un an après avoir été jetée.

«Ce matériau a le potentiel de complètement transformer la façon dont l'industrie du vêtement de plein air fonctionne. En 2014, 8 % de tous les déchets étaient des vêtements. Ce qu'on propose, c'est aux marques intéressées à réduire cet impact environnemental de repenser le cycle de vie de leurs produits», indique Charles Lancelot, spécialiste des matériaux derrière le PrimaLoft Bio.

La société new-yorkaise dit avoir recyclé l'équivalent de 84,7 millions de bouteilles de plastique grâce aux premières générations de sa fibre isolante, et elle compte accélérer la cadence dans les années à venir. Elle souhaite aussi inciter ses fournisseurs et ses clients à réduire les émissions polluantes liées à leur production de vêtements et d'équipement de plein air.

Du sentier à la rivière, il n'y a qu'un pas...

Établi au Vermont, l'organisme Rozalia Project a récemment analysé la présence de microfibres de plastique dans diverses portions du fleuve Hudson, dans l'État voisin de New York, afin de déterminer ses origines. La théorie était que les grands centres urbains, comme New York, présenteraient une plus forte concentration. Les résultats ont toutefois peint un tout autre portrait de la réalité: les portions du fleuve qui bordent des zones rurales ne possédant aucun système de traitement des égouts étaient plus touchées.

Et puis, surprise: un des sites les plus pollués se trouvait non pas à Manhattan, mais au pied d'un sentier populaire auprès des randonneurs. Vêtus de fibres synthétiques, ceux-ci se frottent aux roches et à la pluie, qui font tomber des peluches jusque dans l'Hudson. Les fibres synthétiques qui composent les vêtements de plein air sont parmi les plus polluantes du monde du textile.

À tel point que même la peluche qui s'accumule dans la sécheuse, quand on lave les vêtements, est une importante source de pollution. On évalue à plus de 250 000 le nombre de particules de microfibres de plastique qu'un seul vêtement peut relâcher par lavage. C'est pourquoi les gens du Rozalia Project ont mis au point la Cora Ball, une boule qu'on lance dans la sécheuse et qui collecte les microfibres synthétiques qui se défont des vêtements.

«C'est un très petit geste, mais qui, lavage après lavage, peut avoir un impact significatif», assure Rachael Miller, qui a créé la Cora Ball. En attendant que tous les fabricants ne créent que des vêtements et des équipements de plein air plus écologiques, c'est un premier geste que peuvent faire les amants de la nature afin de mieux la protéger.

Le sac à dos Luzon de la marque... (Photo fournie par Cotopaxi) - image 3.0

Agrandir

Le sac à dos Luzon de la marque américaine Cotopaxi.

Photo fournie par Cotopaxi

DU PLEIN AIR ÉCOLO

Plusieurs entreprises de vêtements de plein air mettent en place des stratégies afin d'utiliser des matériaux recyclés, de réduire leur empreinte écologique, de diminuer l'utilisation de teintures, etc. Voici cinq exemples.

Cotopaxi

Du nom d'un volcan équatorien, la marque américaine Cotopaxi prépare son arrivée imminente au Canada. Outre leurs couleurs éclatées, certains de ses produits, comme le sac à dos Luzon, ont la particularité d'être faits à partir des retailles des tissus rejetés après la production d'autres produits de plein air, ce qui réduit le gaspillage et permet de garder les prix pas trop élevés.

Patagonia

La marque américaine créée par Yvon Chouinard a toujours eu à coeur la défense des parcs, rivières et régions mises à mal par l'activité humaine. Au-delà des matériaux recyclés, Patagonia se tourne désormais vers le chanvre, une plante sans grande empreinte environnementale qui aide même à prévenir l'érosion des sols.

Columbia

Cette autre marque américaine amorce elle aussi un virage plus écologique, notamment par l'entremise de sa gamme de manteaux Extreme Eco, qui comprend une veste, une coquille et un imperméable. Leur particularité: ils sont conçus pour minimiser l'usage de teintures et de solvants, et chaque manteau est fait d'un tissu produit à partir de l'équivalent d'une vingtaine de bouteilles de plastique recyclées.

The North Face

Une nouvelle gamme de produits appelée Bottle Source a été lancée par The North Face le printemps dernier. L'entreprise dit avoir collecté pour plus de 70 000 kg en bouteilles de plastique à même les cours d'eau de divers parcs nationaux aux États-Unis, afin de les transformer en un matériau qui sert à la confection de cette gamme de vêtements et d'accessoires de plein air. Un dollar par article vendu va à un fonds qui aide les parcs nationaux américains à mieux protéger leur territoire.




Les plus populaires : Vivre

Tous les plus populaires de la section Vivre
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer