L'écologie a débarqué lundi sur les podiums milanais, recouverts pour l'occasion de pelouse et allègrement piétinés par des mannequins exhibant leur conscience verte à travers les motifs végétaux ou animaliers qui ont envahi leur garde-robe.

AGENCE FRANCE-PRESSE

D&G a donné le ton avec un défilé intitulé "Déjeuner sur l'herbe", du nom de la célèbre toile de Manet : ici, pas de femme nue, mais des lutins qui gambadent en chemise à motifs Vichy (rouge, bleu ou vert) très fifties. C'est BB qui va être contente. Dans les grands sacs de cuir cabas, des légumes et du pain.

Les espadrilles sont omniprésentes, tout comme les fleurs, en ode à la nature. On entend même les oiseaux piailler, à moins que ce soit le babil des journalistes de mode. Aériens pour la garden party, des petits costumes aux reflets irisés bleu ou vert pâle.

Sur la même longueur d'onde, Etro se place sous l'enseigne de l'arbre de vie et s'inspire d'imprimés indiens et de broderies celtes pour des vêtements ultra-légers en soie, nylon et coton. Pas moyen d'échapper à la veste-chemise en soie, clin d'oeil au pyjama de grand-papa.

Ici aussi, le Vichy a frappé, et les couleurs sont celles de Mère nature : vert, terre ou kaki. Les imprimés végétaux transforment les vêtements en tableaux amazoniens.

Pour survivre dans la nature, il faut chasser, alors Gucci invente un chasseur jet-set qui n'hésite pas à se parer des dépouilles de ses proies : cuir, peau de serpent, motifs équestres... Les couleurs restent naturelles : bleu, gris, terre.

Les manches des costumes en soie et mohair effet denim se retroussent jusqu'aux coudes, a décidé la styliste maison, Frida Giannini. Sous la veste, on enfile un T-shirt col V en soie. Les pantalons sont slim avec de légères pinces aux hanches et à la taille.

Côté accessoires, le cuir de vachette est tamponné et lavé pour obtenir un effet vintage : les sacs format demi-lune, shopping ou week-end s'agrémentent de détails en cuir tressé et de passementerie.

De petites écharpes torsadées en soie lavée remplacent la cravate, la saharienne, qui alterne avec des trench courts, est revisitée en python enduit, et le cou s'orne de petits colliers avec pendentifs de corne et corail.

Pour le soir, des soies bleues ou brunes sur lesquelles apparaissent des symboles équestres (mors, étriers etc.) se portent avec des mailles de soie ajourées ultra-fines. Les pantalons chino, en coton de soie blanc, tranchent avec les slippers de velours noir.

Tendance plutôt rock chez John Richmond, qui se veut l'auteur de "l'uniforme des forces créatives" : costumes en denim avec détails militaires (poches plaquées, etc.), mais ici aussi vestes à motifs floraux, ou alors total look en denim rebrodé.

Côté accessoires, les lunettes de soleil sont rondes avec des verres colorés en... rose. Là encore, la petite écharpe froissée se porte bien. Pour le concert des Stones, un costume rouge vif qui ne passera pas inaperçu.

Ermenegildo Zegna, qui fête cette année ses 100 ans, ne bouscule pas ses classiques, mais joue avec les détails : un empiècement de cuir sur le col des chemises, un petit foulard noué autour de cou ou un chapeau style Pete Doherty, le tout dans des coloris fort sages (camel, bleu ciel, gris, etc.).

Le costume-bermuda fait fureur. La veste est courte et très cintrée assez haut sur la taille, le bermuda se réduit parfois à un caleçon de soie. Ambiance Indochine avec un costume blanchissime sur chemise col Mao.

Mardi, au dernier jour des défilés milanais, ce sera notamment au tour de Giorgio Armani, DSquared2 et Iceberg de présenter leurs collections.