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Le 5G décortiqué

Au Canada, c'est Bell Canada qui revendique les... (Photo ANDREW KELLY, REUTERS)

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Au Canada, c'est Bell Canada qui revendique les premières expériences de la technologie 5G avec Nokia en 2016. Rogers a également fait une démonstration remarquée de réalité virtuelle au Rogers Centre à Toronto en avril 2018. Aucun réseau à grande échelle n'a encore été implanté au Canada.

Photo ANDREW KELLY, REUTERS

Ne vous précipitez pas sur les premiers téléphones 5G qui seront annoncés à la fin du mois à Barcelone : cette technologie ne chamboulera pas nos vies avant quelques années. Ce qui n'empêche pas de nombreuses entreprises canadiennes de se préparer avec frénésie à ce monde où on pourra théoriquement télécharger un film en une seconde, avec un délai de réaction 50 fois moindre pour connecter 500 fois plus d'appareils au kilomètre carré. À quelques semaines des premières enchères pour les fréquences 5G, le point sur cette technologie.

2020

Année clé pour les débuts du réseau 5G au Canada. C'est à ce moment-là qu'Ottawa procédera aux enchères des fréquences les plus recherchées pour le 5G, soit celles autour des 3500 MHz. On s'attend à ce que ces enchères rapportent plusieurs milliards de dollars au gouvernement. C'est également cette année-là que l'Union internationale des télécommunications (UIT) devrait compléter les standards qui vont définir cette technologie.

Trois spectres à vendre

C'est le mois prochain qu'auront lieu les premières enchères ouvertes au Canada pour le 5G, celles du spectre des fréquences autour de 600 MHz, moins porteuses mais capables de parcourir de plus grandes distances. En 2021 auront lieu les troisièmes enchères, celles des « ondes millimétriques » de très hautes fréquences, autour des 24 GHz. Capables de transmettre des volumes incomparables de données, elles n'ont cependant qu'une portée de quelques dizaines de mètres. Les trois spectres de fréquence - 600 MHz, 3500 MHz et 24 GHz - font partie des outils des fournisseurs du réseau 5G.

« En gros, nous sommes encore dans une phase de recherche et développement, les enchères n'ont même pas encore été effectuées. On a invité le gouvernement du Canada à accélérer le processus : nous sommes en retard. » - Namir Anani, PDG du Conseil des technologies de l'information et des communications, un organisme consultatif établi à Ottawa

Dans le laboratoire

Au Canada, c'est Bell Canada qui revendique les premières expériences de la technologie 5G avec Nokia en 2016. Rogers a également fait une démonstration remarquée de réalité virtuelle au Rogers Centre à Toronto en avril 2018. Aucun réseau à grande échelle n'a encore été implanté au Canada.

« Tout ce qu'on a vu jusqu'à maintenant, ce sont des démonstrations, c'est essentiellement médiatique. Ce ne sera pas l'année prochaine qu'on va y avoir accès : ce sera essentiellement expérimental au début. » - Ke Wu, professeur de génie électrique à Polytechnique Montréal et titulaire de la Chaire de recherche Huawei

26 milliards

Investissements estimés, entre 2020 et 2026, pour la mise sur pied d'un réseau 5G de grande envergure. L'essentiel de cette somme proviendra des grands fournisseurs, notamment Bell, Rogers et TELUS, ainsi que des gouvernements.

Le 5G en bref

Un délai de latence, soit le temps nécessaire aux données pour passer d'un point à un autre, de 1 milliseconde, contre 50 millisecondes actuellement. C'est l'aspect technique le plus important.

Des vitesses de transmission pouvant aller jusqu'à 20 gigabits par seconde, soit 20 fois plus rapide que la vitesse maximale que permet actuellement le 4G.

Une vitesse minimale de 100 mégabits par seconde, soit 10 fois plus rapide que le 4G.

Capacité de gérer jusqu'à 1 million de dispositifs par kilomètre carré, contre 2000 présentement.

Quelques applications

Voiture autonome

Télémédecine

Réalité virtuelle sans fil

Connexion des milliards d'appareils de l'internet des objets

2025-2026

Années où, selon les experts interrogés, le 5G deviendra courant au Canada. Il y aura auparavant des utilisations industrielles, quelques projets-pilotes et une disponibilité limitée dans certaines grandes villes.

Pourquoi le 5G ?

On résume souvent grossièrement ainsi l'évolution des télécommunications : le 1G a transformé la téléphonie mobile en phénomène de masse, le 2G a permis la messagerie texte, le 3G est lié à l'internet mobile et le 4G, à la diffusion vidéo en continu. Le 5G, lui, est l'avènement de l'internet des objets. « C'est le temps de réponse quasi instantané qui rend le 5G si révolutionnaire, dit M. Anani, PDG du Conseil des technologies de l'information et des communications (CTIC). On peut maintenant imaginer des médecins traitant des patients à distance dans une ambulance, permettre la voiture autonome, gérer des dizaines de capteurs dans des usines, tout cela avec une consommation énergétique qui est presque 100 fois moindre. »

40 milliards

Ce que pourrait rapporter le 5G à l'économie canadienne d'ici 2026, créant également 250 000 emplois, selon une étude de la firme Accenture. Plus prudent, le CTIC évoque des retombées de 26 milliards d'ici 2030, pour 82 000 emplois créés.

L'affaire Huawei

Bien des observateurs ont déploré qu'aucun équipementier canadien ne puisse concurrencer Ericsson et surtout Huawei, les deux principaux fournisseurs pour les infrastructures 5G. Huawei, en outre, a été bannie par les États-Unis et l'Australie, qui évoquent des risques à la sécurité nationale en raison de liens présumés entre l'entreprise et le gouvernement chinois.

Dans un courriel envoyé à La Presse, Huawei assure travailler « ouvertement et dans la transparence avec le gouvernement canadien, et a opéré pendant dix ans à la grandeur du pays sans un seul incident ou brèche de sécurité ».

Bell et TELUS, entre autres, misent sur les équipements de Huawei pour leurs infrastructures. Le gouvernement Trudeau n'a toujours pas pris position dans ce dossier.

La part du Canada...

Le Canada peut-il tirer son épingle du jeu, même si les grands acteurs sont des entreprises étrangères ? Oui, croient les experts interrogés par La Presse. Des entreprises comme Ericsson et Huawei entretiennent en effet un écosystème de fournisseurs qui profiteront des investissements annoncés. Le 5G devrait par ailleurs stimuler l'innovation et permettre la création de nouvelles entreprises. « S'il n'y avait pas eu de 3G ou de 4G, il n'y aurait pas d'Amazon, d'Alibaba, de Facebook ou de Google », assure le professeur Ke Wu.

« Le 5G, ce n'est pas qu'une affaire de câbles et de quincaillerie, c'est basé sur du logiciel, et ça, c'est une des forces du Canada », dit Eric Smith, vice-président des affaires réglementaires à l'Association canadienne des télécommunications sans fil, qui représente l'industrie.

... et de Montréal

Un des domaines qui profiteront le plus du 5G, c'est l'intelligence artificielle (IA), dont Montréal est devenu une des plaques tournantes. D'abord parce que l'internet des objets fournira des masses astronomiques de données, qui sont le carburant de l'apprentissage profond. Ensuite parce que les applications développées par l'IA exigent souvent une latence réduite. « S'il n'y a pas de 5G, il n'y a pas de déploiement massif, à grande échelle, des plus importantes avancées de l'IA », estime le professeur Ke Wu.




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