Les paiements mobiles peinent à décoller en France

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Les Français perçoivent encore de nombreux obstacles au m-paiement: insécurité, manque de bénéfice, non-possession de l'application nécessaire.

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Jean LIOU
Agence France-Presse
Paris

S'ils sont de plus en plus accrochés à leurs téléphones intelligents, les Français mettent plus de temps que prévu pour payer avec, ou utiliser la fonction sans contact de leur carte de crédit.

«La carte de crédit a toujours de beaux jours devant elle: il ne va pas y avoir vraiment de révolution pour les utilisateurs de paiement au quotidien», estime Rémi Gitzinger, directeur études et conseils au cabinet spécialisé Gallit.

«Le paiement sans contact commence à s'inscrire un peu dans les habitudes, doucement, mais il concerne encore un nombre très réduit de transactions, pour des petits montants», note-t-il.

Les Français ont dans leur portefeuille près de 40 millions de cartes de crédit susceptibles de fonctionner sans contact (60% du total), reconnaissables à un petit logo ressemblant à un radar: il suffit de poser sa carte sur le terminal --le quart des commerçants sont équipés-- et c'est payé, sans code.

Près de 22 millions de paiements ont été effectués sans contact en septembre en France: si leur nombre a triplé en un an, ils ne représentent encore que 3% des transactions par carte, relève Angelo Caci, expert de la monétique.

Et les sommes en jeu sont encore moins importantes, puisque le montant moyen d'un achat sans contact est de 10,50 euros, contre 45 euros pour l'ensemble des cartes bancaires. Il faut dire que les transactions ne peuvent pas dépasser 20 euros chacune, avec un plafond d'une centaine d'euros par mois.

Le téléphone intelligent permet également de régler ses emplettes: on parle alors de paiement mobile, ou «m-paiement».

Dans la plupart des cas, il s'agit juste d'«un paiement au travers d'une application mobile où on a logé initialement notre bonne vieille carte bancaire, et c'est elle qui fait office de dénouement dans le paiement», explique M. Caci.

Autrement dit, on paie sur son téléphone intelligent comme on paierait sur son ordinateur. L'idée étant, pour la profession, de simplifier la transaction. Car «à chaque clic, on perd 20% de clients dans la procédure de paiement», rappelle Frédéric Lepeintre, chargé du marketing du fabricant de terminaux de paiement Ingenico.

On attend Apple et Samsung

D'où le même paradoxe que pour le sans contact: alors que l'on a mis des années à sécuriser le paiement par carte, on en vient à supprimer les codes pour aller plus vite... Au risque d'effrayer les utilisateurs potentiels, même si la profession était unanime ces derniers jours au salon Cartes Secure Connections, à Paris: les protocoles sont sûrs.

«Les Français perçoivent encore de nombreux obstacles au m-paiement: insécurité, manque de bénéfice, non-possession de l'application nécessaire», a d'ailleurs relevé le cabinet de conseil Deloitte, qui a publié mercredi une étude montrant que 59% d'entre eux ne veulent pas utiliser leur téléphone pour payer quoi que ce soit.

Les téléphones intelligents offrent également --ou vont offrir-- toute une palette de solutions de paiements, proposée par les constructeurs (Apple Pay, Samsung Pay), les opérateurs (Orange Cash) ou une myriade de start-ups.

«Il y a pas mal d'initiatives, mais ça reste encore des épiphénomènes», observe Rémy Gitzinger.

«Il va y avoir de l'effervescence, et puis après ça va un peu se calmer», ajoute Angelo Caci. «Et puis on va voir sans doute des acteurs traditionnels ou en tous cas plus puissants. Car le business des paiements, c'est un business de volumes!»




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