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Se procurer une tablette, tout un défi pour les ados argentins

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La hausse des prix a rendu les produits électroniques difficiles d'accès pour la majorité de la population.

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Paula Bustamante
Agence France-Presse
BUENOS AIRES

Cloe Barrios, 10 ans, a économisé un an pour se payer un iPod. Les jeunes Argentins ont bien du mal à se procurer les joujoux high-tech devenus inabordables, signe du déclassement d'un pays jadis à l'avant-garde en l'Amérique latine.

Troisième économie de l'Amérique latine, l'Argentine était le pays le plus «connecté» dans les années 90.

Mais les restrictions aux importations, les droits de douane élevés, les dévaluations du peso et l'inflation ont fait bondir le prix des produits électroniques, difficiles d'accès pour la majorité de la population.

Cloe fait partie des privilégiés qui possèdent un produit estampillé Apple: «On est seulement quatre dans la classe à avoir un iPod», explique-t-elle à l'AFP. Dans sa classe de 28 élèves, «six ont un portable. Une seule d'entre nous a un iPhone, mais c'est parce que sa mère le lui a prêté», précise Cloe, élève du prestigieux collège public Mariano Acosta, qui compte parmi ses anciens élèves l'écrivain Julio Cortazar.

Son iPod, qu'elle a acheté avec l'aide de sa mère et d'une tante en France, vient du Chili, le pays d'Amérique latine où la technologie reste le plus abordable.

En Argentine, la 3G est loin d'être généralisée, la 4G n'existe pas, et l'achat d'un produit high-tech réclame un plus grand sacrifice qu'ailleurs.

Un ordinateur portable coûte en effet en moyenne 2,2 salaires mensuels, alors qu'il ne dépasse pas un salaire au Chili voisin (0,96), selon Marco Marketing Consultants.

Plus de journaux

Enfant de la classe moyenne aisée du quartier de Palermo, Candelaria Zapata, onze ans, ne lâche pas son téléphone portable : «C'est mon meilleur compagnon, il me permet de faire des selfies, de voir des clip vidéos et d'accéder à internet», confie la jeune fille qui fréquente une école privée.

La classe moyenne et aisée regrette la cherté des produits Apple. Les produits de la firme californienne sont un Graal pour les jeunes de cette génération.

Candelaria a pu acheter «un Samsung fabriqué en Terre de Feu, qui (lui) permet de faire des vidéos musicales».

Comme de nombreuses marques étrangères d'électronique et d'électro-ménager, les téléphones Samsung sont assemblés dans la province de Patagonie, à l'extrême sud de l'Argentine. Cela permet à la société sud-coréenne de bénéficier du label «fabriqué en Argentine» et d'une taxation plus avantageuse.

En Argentine, il n'y a pas de boutiques Apple. Une chaîne commerciale se charge de vendre ces produits, mais les prix sont corrélés au dollar, et prohibitifs.

Le McBook Air d'entrée de gamme coûte 900 euros au Chili, au Mexique et aux États-Unis, mais 2500 euros à Buenos Aires. Un iPad est affiché 1300 euros contre 450 à New York.

«Cela doit sûrement être la raison pour laquelle, ici, tout le monde continue de lire les journaux papier. C'est ce qui m'a le plus surpris quand je suis arrivé en Argentine», raconte Mike Snow, un Américain arrivé en 2014.

«On se débrouille»

Depuis 2010, le gouvernement a fourni 4,7 millions de netbooks dans le cadre du plan «Connecter Egalité», faisant de l'Argentine un pays leader en distribution d'ordinateurs dans les écoles publiques. Mais le matériel est souvent obsolète et les enseignants peu formés.

Enrique Carrier, analyste du marché technologique en Argentine, qualifie ce plan de «bénéfique au niveau national, car, d'une certaine manière, il constitue un premier outil qui va faciliter la compréhension de l'accès au réseau, surtout en province».

Mais selon lui, c'est le «téléphone intelligent» qui est l'outil-clé manquant pour combler le retard numérique.

Dans un pays de 42 millions d'habitants, ou 47,5 % des ménages ont un accès internet, «tout le monde achète un téléphone portable multifonction, et la majorité des gens a accès aux réseaux sociaux», note l'institut Infolatam, sur la base de statistiques de la Banque Mondiale.

Mais il s'agit de téléphones assemblés en Argentine, deux fois plus cher qu'ailleurs.

Si elles n'ont pas le matériel dernier cri, Cloe et Candelaria ont une maîtrise du numérique semblable à cette d'un enfant européen ou américain de leur âge.

«Ici, comme a Cuba, il peut nous manquer des choses, mais on arrive toujours a se débrouiller», assure la mère de Candelaria.




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