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Cellulaire: le Québec traîne la patte

Marc Allard
Le Soleil

Par rapport aux pays développés et aux autres provinces canadiennes, le Québec compte une des plus faibles proportions d'utilisateurs de téléphones cellulaires.

Selon un sondage Decima Research de 2006 réalisé pour l'Association canadienne des télécommunications sans fil (ACTS), à peine la moitié (51 %) des ménages québécois possèdent un téléphone cellulaire.

C'est loin de la moyenne canadienne de 64 % et encore plus de celle de l'Alberta, qui se retrouve en tête avec 79 %. Même à l'avant-dernier rang, les Maritimes atteignent 63 %.

Alors, qu'est-ce qui cloche au Québec? La même chose qu'au Canada, avec quelques particularités, estiment les spécialistes.

Il faut savoir que selon les plus récentes statistiques de l'OCDE (2005), le Canada se classe avant-dernier sur les 30 pays industrialisés membres de l'organisation économique.

Peter Barnes, président et chef de la direction de l'ACTS, soutient que ce retard s'explique surtout par le faible coût du téléphone fixe au Canada.

«En Europe, quand vous avez un téléphone filaire, vous payez à l'appel, illustre-t-il. Tandis qu'ici, le cellulaire est à l'appel, mais le filaire ne l'est pas.» Pour cette raison, explique M. Barnes, plusieurs Canadiens se contentent d'un téléphone fixe.

Si les cellulaires sont moins utilisés au Canada et au Québec, c'est aussi parce que le marché local est un oligopole où «il y a moins de concurrence pour forcer les prix à la baisse», remarque Normand Turgeon, professeur de marketing aux HEC Montréal.

Pour l'utilisateur moyen, le service coûte environ un tiers de plus qu'aux États-Unis, calcule la firme de consultants SeaBoard Group.

Selon les données du CRTC, en 2006, Bell, TELUS et Rogers (avec Fido) se partageaient respectivement 44 %, 21 % et 33 % du marché québécois (2 % pour les autres). Pour renforcer la compétition, Ottawa vendra d'ailleurs au printemps prochain de la capacité supplémentaire de transmission à des entreprises absentes du marché pour le moment.

Mais au-delà du coût, M. Turgeon pense que la culture joue aussi. Les jeunes Européens, par exemple, voient davantage le cellulaire comme un objet ostentatoire, croit-il. Pour eux, «c'est quasiment devenu la cigarette des années 50. (...) Ça démontre le style de vie de la personne».

Quant à savoir pourquoi les ménages du Québec en particulier possèdent moins de cellulaires, M. Turgeon estime que le plus faible revenu des Québécois par rapport aux autres Canadiens et leur dispersion géographique sont des facteurs à considérer. Il émet aussi l'hypothèse que les francophones utilisent moins le cellulaire que les anglophones ou les allophones parce que leur isolation linguistique rend leur «besoin de nouvelles technologies (de communication) moins prononcé».

Proportion d'utilisateurs de téléphone cellulaire dans les provinces canadiennes:

Total 64 %

Colombie-Britannique 65 %

Alberta 79 %

Saskatchewan-Manitoba 68 %

Ontario 68 %

Québec 51 %

Provinces atlantiques 63 %




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