Le penchant zombie de Buffy contre les Vampires est maintenant assumé. Son nom est Juliet, une pom-pom girl qui aime les sucettes et manipule la tronçonneuse comme pas une.

Kevin Massé LA PRESSE

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Ses parents, de vrais rockabillys, ont élevé leurs trois filles afin qu'elles puissent chasser avec classe tout ce qui veut manger de la cervelle. 

Comble de malheur, le lycée de Juliet est maintenant le théâtre d'une armée d'adolescents zombifiés.

Tous les genres y passent: gothique, sportifs, métaleux, nerds et professeurs. Jusqu'au copain de Juliet. Celle-ci lui coupe la tête et lui jette un sort afin de garder en vie son joli minois.

Cet univers débridé sort tout droit de la tête, bien collée à son corps cette fois-ci, de Goichi Suda (Suda51 pour les intimes).

Le créateur est notamment derrière les succès Killer7, No More Heroes et Shadows of the Damned.

Certains diront, avec raison, que Lollipop Chainsaw est la mouture féminine de No More Heroes. Ce denier était macho, Juliet, elle, est l'adolescente hypersexualisée.

Le cauchemar des papas. Même les zombies tombent amoureux d'elle.Le jeu n'est pas parfait. Les graphiques ne sont pas des plus léchés et les temps de chargement, trop longs et trop nombreux, gâchent le rythme. La caméra est parfois capricieuse et l'aventure, d'une durée d'un peu plus de cinq heures, est franchement trop courte.

En fait, seuls les collectionneurs de costume pour la jolie Juliet y verront une durée de vie acceptable.

Et pourtant, il est difficile de ne pas tomber sous le charme de l'univers grinçant, rock and roll et sans queue ni tête de Lollipop Chainsaw.

Un jeu de combat à progression (beat'em all) qui aurait pu être répétitif, mais qui évite de justesse ce piège avec de grandes idées qui viennent diversifier le jeu. 

L'une de ces idées est de pouvoir mettre la tête de notre copain et le faire danser en appuyant sur le rythme de la musique sur les bons boutons afin d'ouvrir des passages.

Au plus simple, un coup de tronçonneuse laisse une traînée aux couleurs de l'arc-en-ciel, ou encore un joli coeur accompagne une tête tranchée. Une autre fois, Juliet devra faire un peu de pole dancing afin de décimer l'armée de zombies qui approche. 

Que dire des «boss», tous ingénieux et déjantés? Chacun établit un lien avec un genre musical et demande une technique spéciale afin d'être battue. Les combats sont épiques, sanglants et imprégnés d'un humour série B qui s'harmonise avec le ton du jeu.

Au final, Lollipop Chainsaw est un incontournable pour l'univers atypique de Suda51, pour sa trame musicale ainsi que pour l'amalgame de jouabilité proposé.

Par contre, l'offre autant technique que de durée de vie est très pauvre et impardonnable.

3 étoiles

Concepteur: Grasshopper Manufacture

Éditeur: Warner Bros.

Cote: M (17 ans et plus)

Console: PS3, Xbox 360