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Peacemaker: jeu de paix sur fond de guerre

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Benoit Faiveley
La Presse

Un bus explose au coeur de Jérusalem. Dix-huit morts, plus de 100 blessés. Il faut renforcer la sécurité du territoire israélien, augmenter les points de contrôle en Cisjordanie. L'opinion publique israélienne est brièvement contentée. Malheureusement, ce resserrement entraîne de violentes manifestations chez les Palestiniens. De fil en aiguille, c'est une nouvelle Intifada.

Non, vous n'avez pas raté le dernier bulletin de nouvelles. Tout cela n'est qu'un jeu. Sur Internet, Peacemaker fait partie de la nouvelle génération de jeux vidéo réalistes et «intelligents». Un joueur peut choisir de se mettre dans la peau d'un dirigeant israélien ou palestinien pour parvenir à un accord de paix avec le camp adverse.

À l'écran, Peacemaker se présente de façon classique, comme d'autres jeux stratégie. Le joueur visualise une carte simplifiée : vue d'Israël et des territoires palestiniens, quelques portions du mur de séparation, les principales villes, les principales colonies israéliennes en Cisjordanie.

De temps à autre, on voit apparaître des cibles symbolisant divers événements. Une manifestation de colons. Un soulèvement du Hamas. Ou encore une rencontre entre les dirigeants des deux parties pour relancer le processus de paix.

Peacemaker a été mis au point par un Israélien et un Américain, Asi Burak et Eric Brown, lors de leurs études à l'Université Carnegie Mellon, à Pittsburgh. Pour parvenir à la version finale du jeu, les créateurs ont même collaboré avec des étudiants palestiniens et israéliens qui ont testé différentes versions du programme.

Titre phare d'ImpactGames, leur maison de production de jeux vidéo, Peacemaker est en passe de devenir un jeu «culte».

«Jouer avec l'actualité est un nouveau concept. Comme lorsqu'on allume la télévision pour regarder les infos du soir ou qu'on feuillette les journaux du dimanche. Peacemaker est en quelque sorte une nouvelle chaîne d'information, dit Asi Burak. La nature même du jeu implique que le joueur s'immerge totalement dans l'information qui lui est donnée Les événements prennent vie.»

En effet, la grande réussite de ce jeu, c'est de rendre intelligible une situation complexe : d'un côté comme de l'autre, il faut pouvoir anticiper les réactions de l'adversaire tout en faisant face à celles de son propre camp.

Ainsi, que ce soit avec un premier ministre israélien ou le chef de l'Autorité palestinienne, les difficultés commencent dès les premières minutes du jeu. Le joueur réalise que, en plus de traiter avec le voisin, il devra aussi faire face à la grogne de ses propres extrémistes.

Un exemple : si, après une attaque palestinienne, le joueur décide de lancer des frappes aériennes sur la bande de Gaza, il devra s'attendre à une violence accrue de la part des Palestiniens et à de vives critiques de la communauté internationale. Inversement, si le joueur choisit de ne pas répliquer à l'attaque, il devra faire face aux critiques israéliennes et pourra même devoir quitter son fauteuil de premier ministre.

Du côté palestinien, le joueur devra contenter les forces vives du Fatah tout en tenant compte de certaines revendications du Hamas. «Pour parvenir à ramener la paix dans la région, il faut toujours suivre la voie médiane, conseille Asi Burak. Il faut passer entre les gouttes et ne pas prendre de décisions radicales. Il faut apprendre à laisser passer certains événements et savoir quand prendre des décisions concrètes.»

Pour une version de démonstration du jeu: www.peacemakergame.com

Le secteur du jeu vidéo vous intéresse? Consultez le blogue de Sébastien Ebacher.




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