Le géant internet américain Google a décidé de bannir de son moteur de recherche les publicités pour certains types de prêts dont les conditions sont jugées abusives et risquent d'entraîner des consommateurs déjà fragiles dans le surendettement.

AGENCE FRANCE-PRESSE

À partir du 13 juillet, «nous interdisons les publicités pour des prêts sur salaires et certains produits liés dans nos systèmes publicitaires», a annoncé Google mercredi sur un de ses blogues officiels.

Les prêts sur salaires, généralement à très court terme et à taux d'intérêt très élevé, consistent à avancer une somme que l'emprunteur s'engage à rembourser le jour où il touche son salaire. Quand ils sont contractés en ligne, il doit souvent autoriser un prélèvement automatique sur son compte bancaire le jour dit.

«Nous n'autoriserons plus les publicités pour des prêts dont le remboursement est dû dans les 60 jours suivant la date d'émission. Aux États-Unis, nous interdisons aussi les publicités pour des prêts dont le taux d'intérêt annuel est de 36 % ou davantage», écrit encore Google.

«Ce changement est conçu pour protéger nos utilisateurs de produits financiers trompeurs ou nocifs, et n'affectera pas les entreprises qui proposent des crédits immobiliers, automobiles, étudiants, commerciaux ou des lignes de crédit renouvelable (par exemple des cartes de crédit)», détaille le groupe internet.

Si un internaute fait spécifiquement une recherche dans Google Search pour un prêt sur salaire, les sociétés qui en proposent continueront aussi d'apparaître dans la liste des résultats. En revanche, si quelqu'un cherche «de l'argent pour acheter à manger», il ne verra plus apparaître à côté ou au-dessus des résultats de recherche, comme cela peut être le cas aujourd'hui, des publicités pour de tels prêts.

L'initiative de Google a été saluée par plusieurs associations de défense des droits civiques.

«Ces sociétés ont longtemps utilisé de la publicité astucieuse et du marketing agressif pour prendre les consommateurs au piège dans des prêts aux taux outrageusement élevés - souvent ceux qui peuvent le moins se les permettre», a notamment commenté Wade Henderson, président de la Leadership Conference on Civil and Human Right. «Cette interdiction met les prêts sur salaire à leur juste place, aux côtés des explosifs et du tabac parmi les produits dangereux qui méritent le plus haut niveau de contrôle.»

«Si vous êtes fauchés et cherchez de l'aide sur internet, vous ne devriez pas être frappés par des publicités pour des prêteurs sur salaires facturant des intérêts de 1000 %», a aussi noté Alavaro Bedoya, un responsable du Center on Privacy and Technology, appelant d'autres groupes internet à suivre l'exemple de Google.