Chaque jour, près de 1000 nouvelles applications apparaissent sur l'App Store d'Apple. Comment se démarquer du lot?

Philippe Mercure LA PRESSE

C'est la question à laquelle répond Ooomf, une jeune entreprise Web montréalaise qui s'adresse aux concepteurs d'applications mobiles.

«Les concepteurs savent fabriquer de formidables applications mobiles, note Mikael Cho, président de la boîte. Le problème, c'est qu'il faut ensuite que les gens les trouvent et les utilisent.»

Mikael Cho avoue bien humblement qu'au moment de fonder Ooomf, il ne savait pas trop lui-même comment régler le problème. Ooomf fait partie des entreprises qui sont passées par l'école Founder Fuel, cet accélérateur montréalais qui cherche à lancer le prochain Facebook en fournissant argent, locaux et conseils à de jeunes entrepreneurs.

Une semaine après leur admission dans le programme, l'équipe devait présenter son modèle d'affaires à une assemblée de mentors venus de partout en Amérique du Nord pour conseiller les jeunes entreprises.

«La veille, on a décidé de changer le concept de l'entreprise au complet, raconte Mikael Cho. On a passé la nuit à concevoir un nouveau produit. Quinze minutes avant de monter sur scène, je n'avais aucune idée de ce que j'allais dire.»

Plateforme

Malgré ce départ un peu chaotique, Ooomf a fini par tirer son épingle du jeu. L'entreprise a accouché d'une plateforme qui permet aux bidouilleurs d'applications de se bâtir un site Web adapté à leurs besoins en quelques clics.

Ooomf a ensuite créé une communauté autour de ces sites. Un concepteur peut y présenter son application avant de la lancer officiellement sur l'App Store. L'affaire fait office de répétition générale. Le concepteur a le loisir de tester ses idées, interroger la communauté pour voir si elle préfère tel ou tel logo ou mesurer la popularité de son application.

Surtout, le concepteur peut se bâtir une base de fans avant même de faire son grand lancement sur l'App Store.

«Quand vous lancez votre application, le premier jour et la première semaine sont cruciaux. C'est votre chance de grimper dans les rangs et d'être visible. Si vous avez déjà vos disciples derrière vous à ce moment, c'est beaucoup plus facile», explique Mikael Cho.

Ces disciples, Ooomf les crée justement grâce à l'interactivité.

«Ceux qui commentent les applications et contribuent à leur développement finissent par sentir qu'ils font partie de l'aventure. On utilise beaucoup la psychologie pour les embarquer», dit Mikael Cho.

Mais le site ne s'adresse pas qu'aux concepteurs d'applications. L'entreprise vise aussi les internautes qui veulent connaître les meilleurs produits disponibles avant même leur sortie officielle.

Le concept a su séduire les investisseurs. Ooomf a décroché un demi-million de dollars pour développer ses idées. Le fonds québécois Founder Fuel, la Banque de développement du Canada et quelques anges financiers ont sauté dans l'aventure. Offerte pour l'instant en version préliminaire, la plateforme d'Ooomf a déjà recruté 8000 fabricants d'applications mobiles.

Ooomf squatte actuellement les locaux d'une entreprise amie dans Ahuntsic-Cartierville, mais s'apprête à déménager dans une galerie d'art du centre-ville. Ses membres forment une mosaïque digne d'une entreprise en démarrage. Le président Mikael Cho, un Américain du Wisconsin, est à Montréal parce qu'il est tombé amoureux de la Québécoise d'origine italienne Stephanie Liveran - une actuaire qui met aujourd'hui ses connaissances au service d'Ooomf. Le designer, Rafa Olivarria, partage son temps entre son Mexique natal et Montréal. Le chef de la technologie, Angus Woodman, est quant à lui un Terre-neuvien recruté par Ooomf dans d'une autre équipe de Founder Fuel.

«On se décrit comme le couteau suisse qui permet aux développeurs d'applications de faire un lancement parfait, résume Mikael Cho. Et notre but est de devenir un incontournable pour eux.»

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OOOMF

Qui

Les fondateurs Mikael Cho, Stephanie Liverani, Rafa Olivarria et Angus Woodman.

L'idée

Une plateforme qui permet aux concepteurs d'applications mobiles de fabriquer leur site Web et de tester des idées avant de lancer leur produit sur l'App Store.

L'ambition

Devenir un incontournable des concepteurs d'applications.

Ils y croient et y ont misé de l'argent: le fonds de capital-risque montréalais Real Ventures, la Banque de développement du Canada et quelques anges financiers canadiens.