Les utilisateurs canadiens de Google se sont habitués à devoir attendre avant que les nouveautés du géant de l'Internet ne soient disponibles au nord de la frontière.

Michael Oliveira LA PRESSE CANADIENNE

Mais s'il n'en était que de Chris O'Neill, les Canadiens pourraient éventuelle devenir les premiers à expérimenter avec les nouveaux jouets en ligne de la firme américaine.

Directeur des activités canadiennes de Google depuis septembre, M. O'Neill admet entendre souvent la même rengaine des Canadiens qui aimeraient utiliser des services comme Google Voice ou Google TV, qui ne sont, pour l'instant, disponibles qu'aux États-Unis.

«Ma vision pour le Canada est un renversement complet de cette tendance, ce qui signifie que le Canada pourrait devenir un lieu privilégié pour l'innovation et que nous pourrions y tester nos produits en premier lieu», a indiqué M. O'Neill lors d'un récent entretien.

Le Canada est un bien plus petit marché que les États-Unis en ce qui a trait à la population et à la base d'utilisateurs potentiels, alors il est souvent oublié lorsque de nouveaux produits sont déployés.

Et, même si les utilisateurs web canadiens ont démontré qu'ils étaient prêts à adopter de nouvelles technologies, les entreprises canadiennes sont plus lentes à s'adapter, a indiqué M. O'Neill.

«Je ne cesse d'être étonné par les consommateurs, et du côté des entreprises, nous commençons à observer une reprise (...) mais pas à la vitesse à laquelle les consommateurs changent, alors l'écart continue à se creuser», a-t-il noté.

«J'ai d'abord constaté que les occasions d'affaires au Canada étaient bien plus importantes que je ne le croyais - et je m'attendais à ce qu'elles soient énormes. Je crois qu'il y a une énorme quantité de bons côtés au fait que les entreprises doivent rattraper les consommateurs, et qu'il est possible de libérer un peu plus de créativité sur le web.»

Selon M. O'Neill, la différence est claire lorsqu'on compare les marchés américain et canadien et la façon dont l'innovation technologique y surgit.

«C'est la disette au chapitre des commerces électroniques ici, et le niveau de qualité des commerces électroniques est faible, a-t-il estimé. Nous sommes loin derrière, ici, au Canada, alors je suis déçu de l'expérience.»

Les entreprises pourrait réussir à suivre les technophiles canadiens en leur permettant de tirer le meilleur des technologies qu'ils aiment utiliser.

«J'aimerais voir les détaillants penser de différente manière, plutôt que de craindre et de tenter d'éviter les expériences et les comportements des consommateurs. Ces derniers ne font pas qu'expérimenter, ces comportements sont en train de devenir courants», a observé M. O'Neill.

Selon lui, donner un accès Wi-Fi aux consommateurs serait une excellente façon d'attirer les consommateurs dans les magasins, même si cela signifie qu'ils peuvent utiliser cette technologie pour «visiter» la concurrence.

«Devinez quoi, les consommateurs vont le faire de toute façon, alors peut-être qu'il vaudrait mieux faire preuve de confiance et livrer aux consommateurs ce qu'ils attendent.»

Pour ce qui est de savoir quand les Canadiens auront accès à Google Voice, M. O'Neill ne peut pas le dire.

Ce service gratuit s'est avéré très populaire aux États-Unis. Il assigne un numéro de téléphone spécial et permet à ses usagers de rediriger les appels à différentes lignes - à la maison, au travail ou au cellulaire, ou encore faire sonner les trois en même temps pour un même appel - tout dépendant de qui appelle ou du moment de la journée.

Google Voice transmet aussi par courriel des versions automatiquement retranscrites de messages vocaux et permet de faire des appels interurbains à faibles coûts, d'envoyer gratuitement des messages texte, ou de faire entendre un message personnel selon la personne qui appelle.

Pour l'instant, les Canadiens ne peuvent qu'entendre parler de Google Voice, sans l'expérimenter.

«Les gestionnaires de produits sont très conscients que la demande est adéquate au Canada, a précisé M. O'Neill. «On me pose cette question tout le temps, mais je n'ai simplement pas de réponse.»