Le juge britannique qui a présidé l'audience sur la demande de libération de Julian Assange, fondateur du site WikiLeaks, a autorisé mardi les journalistes et le public à twitter pendant les débats, une première en Grande-Bretagne, a-t-on appris mercredi de source officielle.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Il n'est d'habitude pas autorisé d'utiliser de téléphone portable dans la salle d'audience, mais le juge peut en décider autrement» au cas par cas, a expliqué à l'AFP une porte-parole du service de presse des affaires juridiques, qui dépend du gouvernement britannique.

Selon elle, le juge Howard Riddle a pris en compte l'intérêt du public et des médias pour le cas en autorisant les personnes présentes au tribunal à envoyer des messages sur le site de microblogues Twitter, pendant l'audience consacrée à la demande de libération du fondateur de WikiLeaks.

La procédure a ainsi pu être suivie minute après minute.

C'est la première fois qu'un juge britannique permet de twitter pendant une audience, a ajouté la porte-parole, précisant que l'utilisation de téléphone portable dans une salle d'audience est passible de deux ans de prison.

Plusieurs journalistes présents à l'audience de M. Assange mardi à Londres ont du coup twitté pendant les débats.

«Assange entre, même costume que la dernière fois, cheveux gris coupés courts, il murmure à Mark Stephens (l'un de ses avocats, NDLR) à travers la vitre» qui le sépare des avocats et du public, écrit Alexi Mostrous, journaliste au quotidien britannique Times, sur sa page Twitter.

«Juge: "Puis-je commencer avec une excuse. Le tribunal n'est pas assez grand"», poursuit-il quelques minutes plus tard. «Le seul journal qu'Assange puisse lire est le Daily Express», un tabloïd britannique, écrit-il ensuite, avant d'annoncer la décision du juge. «Assange a obtenu une liberté conditionnelle, mais le procureur a deux heures pour faire appel.»

Les autorités suédoises ont effectivement fait appel mardi en fin d'après-midi.

M. Assange, un Australien de 39 ans, a été arrêté le 7 décembre à Londres pour une affaire d'agressions sexuelles présumées en Suède. Son interpellation coïncide avec la publication par WikiLeaks de centaines de télégrammes diplomatiques américains, qui ont provoqué la colère de plusieurs pays.