Une association de défense des droits de l'Homme en Chine a apporté mardi son soutien au groupe internet Google, estimant qu'il devait être encouragé dans ses négociations avec Pékin.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Google est seul» sur ce dossier, a regretté la directrice exécutive de Human Rights in China, Sharon Hom, appelant les autres sociétés et les gouvernements à intervenir: «d'autres doivent s'exprimer et traiter cela comme un défi collectif pour le secteur internet, ils ne peuvent pas se contenter de dire que c'est le problème de Google».

Google a annoncé mardi qu'il allait cesser de rediriger automatiquement les visiteurs de sa page chinoise Google.cn sur son site basé à Hong Kong, un système qu'il avait mis en place en mars pour déjouer la censure des autorités chinoises.

Désormais les internautes se rendant sur Google.cn ont l'option d'y rester, ou de cliquer sur une fenêtre pour se rendre sur le site hong-kongais du groupe.

Pour Mme Hom, avec cette solution, «Google ne change pas ce à quoi peuvent accéder les gens, il change un peu la façon d'y arriver».

Le directeur juridique de Google David Drummond a expliqué sur le blogue officiel du groupe que le basculement automatique sur le site hong-kongais avait été jugé «inacceptable» par les responsables du régime communiste, qui maintient un strict contrôle de l'internet.

Or la licence permettant à Google de fonctionner en Chine expire mercredi, et le site veut une solution lui permettant de garder une présence dans cet énorme marché.

«Cette nouvelle approche est conforme à notre engagement de ne plus nous auto-censurer et, nous le croyons, au droit local», a fait valoir M. Drummond.

«Quant à savoir si ça va passer auprès des autorités chinoises, c'est une autre question», a estimé Mme Hom, «c'est difficile à dire».

Google recevait moins de soutien sur des blogs spécialisés dans les technologies.

Sur TechCrunch, le commentateur M.G. Siegler estimait que «Google recule d'une certaine façon», et jugeait cela «un peu décevant».

«La position de Google, c'est que clairement ils ne sont pas encore prêts à quitter la Chine», relevait-il.

«La puissance du message initial de Google, c'est qu'ils disaient qu'ils étaient prêts à quitter la Chine et à fermer Google.cn», ajoutait M. Siegler. «Maintenant on en est là, et c'est clair qu'ils ne vont pas le faire de sitôt, c'est juste un peu décevant».

Sur Ars Technica, Jacqui Cheng était dubitative sur la réaction des autorités chinoises. «On verra bien. Google essaie d'avoir le beurre et l'argent du beurre - le gouvernement chinois se fait parfois des illusions, mais il n'est pas stupide».