Le nuage de cendres volcaniques venu d'Islande, qui cloue au sol depuis plusieurs jours les avions européens, a poussé entreprises et particuliers à multiplier les visioconférences, que ce soit pour signer des contrats ou... retransmettre un mariage.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous avons observé ces derniers jours une augmentation des visioconférences», a déclaré à l'AFP un porte-parole du groupe de télécommunications Skype.«J'ai entendu parler de directeurs d'entreprises qui devaient rentrer à Londres mais sont restés bloqués aux États-Unis, et dirigent leur compagnie (à distance) avec Skype», assure-t-il.

Les témoignages qui remontent à la direction de Skype évoquent même le cas d'un couple de tourtereaux bloqués à Dubaï en chemin pour le Royaume-Uni. Ils auraient retransmis sur Skype leur mariage, célébré dans le hall de leur hôtel, pour pouvoir partager le moment avec leurs invités londoniens.

Chez l'équipementier télécoms Cisco, on confirme que le nuage de cendres consécutif à l'éruption du volcan a poussé les gens à s'intéresser de plus près aux télé-réunions.

«On a assisté à un gros pic de consommation», déclare Fredrik Halvorsen, vice-président des activités de «téléprésence» de Cisco.

«Tous nos centres de démonstration et toutes nos salles de réunions virtuelles à travers le monde ont été prises d'assaut, que ce soit par des hauts dirigeants d'entreprise, des patrons de PME ou des ministres», ajoute-t-il.

C'est d'ailleurs par téléconférence que les ministres des Transports européens se sont mis d'accord lundi soir pour assouplir les restrictions de vol imposées depuis jeudi dans une grande partie de l'Europe, ouvrant la voie à une reprise des vols sur le continent.

Le ministre de l'Industrie espagnol Miguel Sebastian s'est lui aussi fait lundi l'avocat des réunions européennes par vidéoconférence, «plus économiques», après avoir été contraint d'organiser une rencontre «virtuelle» de ministres des télécoms.

Cisco a organisé pour sa part une conférence de presse «virtuelle» pour annoncer lundi le rachat pour 3,3 milliards de dollars de la société norvégienne de téléconférence Tandberg, dont M. Halvorsen était responsable.

«J'aurais adoré être avec vous en Europe», a déclaré depuis la Californie le vice-président des nouvelles technologies de Cisco Marthin, De Beer, alors que M. Halvorsen se trouvait en Norvège.

«Grâce à la téléprésence, nous pouvons néanmoins (faire cette annonce), même s'il est deux heures du matin ici. Et contre cela, il n'y a rien à faire», a-t-il ironisé.

Au-delà du chaos provoqué par les annulations de vols, l'éruption du volcan islandais pourrait, selon M. Halvorsen, favoriser de façon durable les réunions à distance, qui permettent d'économiser à la fois temps et argent.

«Les évolutions de marché sont souvent provoquées par des événements ou des perturbations extérieurs», observe M. Halvorsen.