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«Alerte rouge»: fausses nouvelles à la une

Nicolas Ritoux
La Presse

Un nouveau site de vidéos d'humour québécois a vu le jour. Spécialisé dans les faux reportages d'actualité, le site Alerte rouge mise sur la collaboration avec le milieu de l'éducation pour assurer la qualité de ses contenus. Du même coup, les apprentis humoristes pourront se faire un public dès l'école.

Après les Têtes à claques, Le cas Roberge et d'autres sites de capsules humoristiques bien de chez nous, il faudra maintenant surveiller Alerte rouge (alerterouge.tv), un site de faux reportages lancé par le producteur Bob Krupinski - qui a notamment produit le film La face cachée de la Lune, de Robert Lepage.

Un reportage sur les quadrupèdes, «ces gens qui ont choisi de marcher à quatre pattes»; une entrevue avec le monstre vert du lac Pohénégamook, honnête citoyen qui se déguise pour créer un attrait touristique; une rencontre avec Robert Tardif, un ninja professionnel de Beloeil qui, faute de demande, doit se contenter d'animer des fêtes d'enfants et de tondre des gazons.

C'est le genre de faux reportages que l'on trouve sur Alerte rouge, montés de manière courte et efficace comme c'est la règle sur le web. Douze clips sont disponibles pour le moment, créés par différents réalisateurs professionnels pour donner le ton au site. C'est qu'Alerte rouge n'est pas un YouTube de l'humour. Le site souhaite bien bénéficier de la collaboration des internautes, mais entend conserver un ton particulier auquel les réalisateurs en herbe devront se plier.

«Il faut que ça reste dans le style d'un reportage, on demande aux collaborateurs de respecter certaines règles de cohérence», indique Pierre-Mathieu Fortin, qui a coordonné les réalisateurs durant l'élaboration du projet. Mais pas besoin d'être un professionnel pour devenir un «correspondant» d'Alerte rouge. Ce qui compte, ce sont les idées et l'énergie.

«On ne cherche pas à provoquer les mêmes rires que des humoristes professionnels, explique Bob Krupinski, qui a financé ce projet avec sa compagnie de production Media Principia, en attendant d'éventuelles aides financières. C'est de la satire qui provient de la communauté des internautes, et ça change tout. Sur le web, les gens recherchent non seulement le contenu, mais aussi l'aspect interactif de la création, et ils apprécieront d'avoir le sentiment d'être en contrôle du site.»

En regardant les vidéos déjà placées sur le site, on pense vite aux reportages loufoques du Daily Show de Jon Stewart, et surtout au Onion News Network, un faux CNN créé par l'hebdomadaire satirique américain The Onion. «Je suis un de leurs admirateurs, confie M. Krupinski. Ils ont créé un univers propre à eux et ils s'y tiennent. Je pense qu'ils maîtrisent comme personne l'art de se différencier avec la vidéo sur le web.»

Si le grand public peut soumettre des vidéos, Bob Krupinski fera d'abord appel à des élèves de différents cégeps, et de l'École nationale de l'humour, où il donne un cours cette année avec Alexandre Héneault, consultant en nouvelles technologies.

«Nous allons leur enseigner l'écriture spécialisée pour le web, et ils pourront réaliser des capsules pour Alerte rouge dans le cadre de leur formation, explique M. Héneault. Ils seront invités à se servir du site comme d'une vitrine, pour bâtir leur portfolio dès maintenant.»

Le cégep Édouard-Montpetit a déjà participé au site web à l'automne. Des élèves ont réalisé quelques clips pour Alerte rouge dans le cadre d'un projet de formation pilote. Le cégep Grasset a aussi été contacté. «Dans chaque cas, nous voulons répondre à la compétence recherchée du cours, qu'il s'agisse d'étudiants en cinéma, en multimédia ou autre, insiste M. Héneault. Ce sont eux qui se serviront du site plus que l'inverse. Ils créent leurs contenus à des fins scolaires mais aussi pour leur portfolio et pour faire rire leurs amis.»

«Nous voulons développer un partenariat à long terme avec les enseignants, qui enrichira leur curriculum tout en créant du trafic sur notre site», résume Bob Krupinski, tout en reconnaissant que le défi est de taille.

«C'est sûr que c'est beaucoup plus long et compliqué que de faire de la télé traditionnelle!» avoue-t-il.




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