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Microsoft et Facebook: manoeuvre anti-Google

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AFP
San Francisco

Le groupe Microsoft s'est décidé à payer le prix fort pour entrer dans le site de socialisation Facebook, surtout afin de le mettre hors de portée des griffes de son rival Google, indiquent des analystes.

Microsoft a annoncé mercredi l'achat de 1,6% de Facebook pour 240 millions de dollars, ce qui valorise ce site à 15 milliards de dollars.

Cette prise de participation s'accompagne d'un volet commercial, avec un accord pour vendre des publicités sur les pages Facebook dans le monde entier.

À ce prix, Facebook, qui n'est pas encore bénéficiaire, vaut 100 fois son chiffre d'affaires estimé à 150 millions cette année. Ou les deux tiers du groupe automobile General Motors, centenaire, qui vaut 22 milliards en Bourse.

«C'est une assurance que Google ne l'aura pas», a commenté Rob Enderle, analyste du cabinet Enderle Group. «Mais pour un investisseur indépendant, payer 14,76 milliards de dollars pour le reste de Facebook serait stupide».

Microsoft était décidé à ne pas se laisser devancer par son rival, comme il l'a été à plusieurs reprises récemment, avec les rachats successifs par Google du site de clips vidéo YouTube (fin 2006) et de la régie publicitaire en ligne DoubleClick en avril -- qui doit encore recevoir le feu vert des autorités de concurrence américaine et européenne.

«Je pense que Microsoft vise surtout Google», a renchéri l'analyste Matt Rosoff, de Directions on Microsoft.

«L'idée générale est que tout va vers le web et que celui qui sera le plus fort sur le web raflera la majeure partie de l'argent», a-t-il estimé.

Google domine le secteur en pleine croissance de la publicité en ligne, dont il détient plus du tiers du marché, et multiplie les logiciels gratuits en ligne, type agenda interactif ou traitement de texte, qui concurrencent les logiciels payants qui font vivre Microsoft.

Plus de 60% des recherches sur l'internet aux États-Unis sont effectuées sur Google, qui a encaissé un bénéfice net de 1 milliard de dollars au troisième trimestre.

«Microsoft veut s'assurer qu'au pire la lutte sera entre deux entreprises, et que Google cessera de gagner du terrain», selon M. Rosoff.

Le PDG de Google, Eric Schmidt, a refusé de commenter l'opération, mais glissé quelques commentaires acerbes sur les valorisations excessives des groupes internet.

«La suroffre est une pratique constante, cela m'énerve toujours», a dit mercredi M. Schmidt. «À la fin, il faut bien que ces affaires soit rentables», a-t-il lancé, en oubliant au passage que Google avait aussi assidûment courtisé Facebook depuis un an.

Facebook, fondé début 2004 par Mark Zuckerberg, 23 ans, revendique près de 50 millions d'utilisateurs dans le monde.

«Le simple fait de bloquer Google sur Facebook vaut ce prix», a estimé M. Enderle. «Clairement, la nouvelle bataille ne sera pas l'ordinateur de bureau, mais l'internet. Et Google y a conquis une puissance impressionnante».

La décision de Microsoft pourrait en outre accroître le prix des entreprises internet similaires et rendre plus difficiles les acquisitions pour ses rivaux, a ajouté M. Rosoff.

Le prix des sociétés internet grimpe à toute vitesse depuis deux ans: MySpace avait été racheté par News Corp. en 2005 pour 580 millions de dollars, YouTube pour 1,65 milliard fin 2006 par Google -- dans les deux cas, des sites à l'époque très regardés mais non rentables.

Facebook n'est pas un élément essentiel pour Google, qui a déjà un accord de fourniture de publicité au site de socialisation MySpace et possède aussi un site de socialisation, Orkut, mais qui n'est vraiment populaire qu'en Amérique latine.

«Rater Facebook est désagréable pour eux mais cela ne les handicapera pas», a conclu M. Enderle, pour qui «Google est sur la voie de devenir la meilleure entreprises technologique de l'Histoire».

En revanche, selon les analystes, Google serait sérieusement touché si les autorités de régulations aux États-Unis ou en Europe bloquaient son opération de rachat de la régie publicitaire en ligne DoubleClick.

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