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Exhibitionniste, voyeur ou narcissique?

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Patricia Sauzède-Bilodeau
Le Soleil

Les membres de la communauté Facebook y passent en moyenne 20 minutes par connexion. Messe quotidienne pour eux, la fréquentation du site en est venu à répondre à un besoin, mais lequel?

«Sur Facebook, tu n'as pas l'impression de déranger. En fait, quand tu y passes du temps, c'est parce que tu n'as rien à faire.» C'est le constat de Madeleine Pastinelli, professeure en sociologie à l'Université Laval, et celui de bien d'autres observateurs. Pourtant, qu'on considère Facebook comme une perte de temps ou non, on admet que le site comble un manque.

«Ça répond à un besoin d'échanger», avance André Caron, professeur à la chaire de recherche sur les technologies émergentes de l'Université de Montréal.

«Les gens doivent avoir une adresse virtuelle, ça fait partie de leur identité.»

Madeleine Pastinelli évoque l'idée que le consommateur se soumet à un jeu. Mi-voyeur, mi-exhibitionniste, il s'engage à révéler autant d'informations sur lui-même qu'il aimerait en lire sur les autres. «Il y a du voyeurisme sur l'intimité des autres, un jeu de révélations. Mais aussi un consentement à avoir une certaine transparence, ou une prétention de transparence vis-à-vis des autres.»

Besoin de s'exhiber ou non, il reste que chaque mise à jour de son profil permet à l'internaute d'attirer le regard de son auditoire.

«Dans les années 60, on parlait du 15 minutes de gloire, lance M. Caron. Aujourd'hui, on parle du 15 mégabits de gloire!»

Point attrayant pour l'abonné de Facebook, il doit donner la permission aux gens pour voir sa page une fois que le contact a été établi. Pas d'intrusion inopinée. «(Facebook) fonctionne avec les relations qui existent déjà. Il s'agit là de la grande différence entre Facebook et les autres sites. Nous n'essayons pas d'être une communauté, nous ne tentons pas de construire une communauté, ni de créer de nouvelles connexions entre les gens», plaide Mark Zuckerberg, le fondateur du site.

Qui sera le prochain ?

Mélange de MSN, de Hotmail, de YouTube et de MySpace, Facebook gravit peu à peu les échelons du Net en dérobant les internautes à ses compétiteurs. Les géants comme Google essaient donc de développer leur prototype pour éviter de perdre davantage de plumes en Amérique du Nord. Plus coriace, le marché européen laisse entrer Facebook aux dépens de sites comme Skyrock et Bebo. Et ça fonctionne, puisque Facebook y a augmenté son auditoire de 422 % durant les six premiers mois de 2007. (Source : comScore World Metrix)

«C'est un marché compétitif, il faut s'attendre à ce que les autres essaient de lancer la même chose. C'est comme le marché des sites de rencontres amoureuses qui offrent les mêmes services», décrit Madeleine Pastinelli.

Depuis l'explosion Facebook, les rumeurs de vente n'ont cessé de circuler, notamment celle voulant que Microsoft achète 5 % des parts de Facebook. Transaction qui ne s'est pas produite. «C'est normal qu'on parle de ce genre de transaction, poursuit M. Caron. Dans l'histoire, on a vu Google acheter YouTube et ça a donné un mouvement vide. J'imagine que Microsoft est prudent devant la possibilité que Facebook se fasse dépasser par un autre. Ce qui risque d'arriver.» Personne ne connaît la date de péremption de Facebook, mais tous s'entendent pour dire qu'elle arrivera lorsqu'un géant du milieu du Web aura conçu une nouvelle fonction. Ce n'est qu'une question de temps.




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