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Pédophilie sur internet: le Canada agit

Une enquête internationale, dans laquelle des policiers canadiens ont joué un rôle central, a permis de démanteler un vaste réseau de pédophiles sur internet. Au Canada, cinq arrestations en lien avec cette affaire ont eu lieu dans la région de Toronto au cours des 10 derniers mois. Mais selon la police, ce coup de filet dévoilé hier n'est que la pointe d'un terrifiant iceberg au pays.

Les autorités canadiennes étudient présentement plusieurs milliers de pistes concernant de présumés pédophiles, a appris La Presse hier de la bouche de la patronne du Centre national de coordination contre l'exploitation des enfants, la surintendante Earla-Kim McColl.

Au cours des trois derniers mois seulement, une des équipes d'enquêteurs du Centre, spécialisée dans les réseaux de pédophiles, s'est vu confier 10 dossiers impliquant de 10 à 300 personnes.

«Le développement d'internet se fait au détriment des enfants. La facilité d'accès à la pornographie infantile nourrit les fantasmes de plusieurs agresseurs», expliquait hier Mme McColl. Des études démontrent que la majorité de ceux qui téléchargent de la pornographie infantile sont aussi des agresseurs.

Les Canadiens appréhendés dans le cadre de l'enquête internationale qui a été rendue publique hier par la police britannique participaient tous au forum de discussion «Kids the light of our lives» (Enfants lumières de nos vies), créé par un Anglais de 28 ans, Timothy Cox. Ce dernier, reconnu coupable de neuf chefs d'accusation, a été condamné hier à une peine de prison illimitée. Plus de 76 000 photos d'enfants et 316 heures de vidéo ont été trouvées sur l'ordinateur de M. Cox. Certaines images montraient des enfants en très bas âge subissant des agressions sexuelles «sadiques», au dire du juge anglais.

Viol en direct au Canada

Une partie du matériel vidéo provenait du Canada. «Dans un des cas à St-Thomas, en Ontario, un enfant était agressé en direct sur internet. En moins d'une heure, nous avons été capables d'arrêter l'homme et de sauver l'enfant», a dit hier à La Presse Marc Pugash, de la police de Toronto.

La police de la Ville reine a collaboré directement avec les autorités britanniques, américaines et australiennes, pour mettre au jour ce réseau de pédophiles. Sur les 700 usagers repérés dans 35 pays, sept se trouvaient au Canada, a confirmé la GRC hier.

Dans le cas d'un réseau pédophile basé sur le web, le travail des enquêteurs consiste d'abord à identifier l'adresse IP des ordinateurs qui sont utilisés pour télécharger de la pornographie infantile. Une fois qu'ils ont trouvé cet identifiant, ils doivent communiquer avec les fournisseurs internet qui possèdent les noms et les adresses des propriétaires des ordinateurs visés. Lorsqu'ils reçoivent les informations, les enquêteurs nationaux les communiquent au service de police le plus près du suspect.

«Mais si les fournisseurs internet ne nous donnent pas l'information, nous ne pouvons rien faire», note la surintendante Earla-Kim McColl. Elle déplore du coup le manque de collaboration de certains fournisseurs internet qui, au nom de la protection des renseignement personnels, refusent d'obtempérer aux demandes des policiers. «Et c'est particulièrement un problème au Québec», ajoute-t-elle, tout en refusant de nommer les fournisseurs récalcitrants. «Plusieurs fournisseurs internet ignorent que nous avons l'autorité nécessaire pour demander les noms et les adresses de leurs clients et ils ignorent aussi qu'ils ont le droit de nous les donner. Malheureusement, le succès de notre travail dépend de la rapidité avec laquelle nous recevons ces informations», dit la patronne du Centre national de coordination contre l'exploitation des enfants. L'organisation fait partie des Services de police nationaux du Canada et elle est chapeautée par la Gendramenrie royale du Canada (GRC). Plus de 40 enquêteurs y travaillent à temps plein.




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