Inquiet à l'idée d'acheter le téléphone d'un quidam ? Deux petites entreprises ont flairé la bonne occasion et offrent des téléphones remis à neuf et vérifiés avec une garantie d'un mois. Portraits.

Karim Benessaieh LA PRESSE

Cette année, ce sont quelque 5000 téléphones d'occasion provenant d'entreprises ou de fournisseurs de services mobiles à travers le Québec qui vont atterrir dans les locaux de Recycell, à Québec. Là, on leur refait une beauté pour les revendre, essentiellement sur le site internet de l'entreprise. On y trouve de tout, de l'iPhone 5s 32 Go à 390 $ au Samsung Galaxy S5 à 395 $, en passant par le bon vieux Nokia 2610 à 20 $.

« Les pires cas, ce sont les vitres cassées ; on la change, explique le président, Luc Beaulieu. Les petites défectuosités, comme un bouton brisé, on les arrange. Lorsqu'on le remet sur le marché, on s'assure que le téléphone est 100 % fonctionnel et que les données personnelles ont été effacées. »

PAS DE PARTICULIERS

Rachetée par Luc Beaulieu fin 2013, Recycell a pratiquement doublé son chiffre d'affaires, qui devrait avoisiner les 200 000 $ cette année. Son modèle : ne faire affaire qu'avec des entreprises, parfois des centres de recyclage, mais jamais avec des particuliers. « À cause des problèmes de vol, explique le président. Des clients m'appellent, ils me demandent comment je donne pour un iPhone dernier cri qui vaut 700 $, je n'essaie même pas, ça ne marche pas. »

C'est une des raisons pour lesquelles les modèles très récents, comme l'iPhone 6, ne sont pratiquement pas offerts. « Je ne fais pas d'argent, je les paie cher parce que leur valeur n'a pas baissé. » Son marché est essentiellement concentré à Québec, mais M. Beaulieu livre ses appareils par la poste à la grandeur de la province. Une part notable de ses appareils provient de la métropole.

TÉLÉPHONES PLUS CHERS

Plus modeste, l'entreprise SOS Phone est également plus généraliste, avec la mission de « redonner vie aux appareils électroniques », dont les téléphones cellulaires. « On rachète des retours de garantie ou de commerçants, c'est diversifié », explique le propriétaire, David Fournier.

La vente - environ 1500 appareils par année - représente le tiers de ses activités, le reste étant essentiellement consacré à la réparation. Lui aussi constate une demande accrue pour les téléphones de seconde main, et il a sa petite théorie sur le sujet : « Les téléphones coûtent de plus en plus cher. Ce qu'on payait 14 $ par mois à un fournisseur comme Bell, c'est maintenant rendu 28 $. Et ce n'est pas vrai que les téléphones sont meilleurs, les écrans sont plus fragiles, ils consomment plus d'énergie. »

Tant Recycell que SOS Phone s'assurent que leurs téléphones n'ont pas été inscrits sur la liste noire de l'Association canadienne des télécommunications sans fil - aucun fournisseur de service n'acceptera d'activer un téléphone qui y figure. Les deux offrent également une garantie d'un mois et, dans le cas de SOS Phone, la possibilité de retourner une fois un téléphone qui ne plaît pas au client. « Les acheteurs apprécient beaucoup ça et, sur 100 ventes, j'ai peut-être cinq ou six retours pour cette raison », explique M. Fournier.

« Un téléphone usagé, c'est imprévisible, rappelle M. Beaulieu. Même si on le vérifie, rien ne vaut le test que le client va effectuer pendant son mois de garantie. »