Un appareil bien construit, mais un logiciel loin de la marque. Voilà, en somme, ce que concluent la vingtaine de critiques publiées ces derniers jours à propos de la tablette Surface RT, animée par un Windows 8 conçu exprès pour les processeurs ARM des appareils mobiles dernier cri.

Alain McKenna, collaboration spéciale LA PRESSE

Si Microsoft pensait générer un buzz autour du lancement de sa première tablette numérique conçue à l'interne, c'est chose faite.

Les précommandes vont bon train et pour mousser l'affaire, quelques exemplaires ont été refilés en avant-première à une poignée de médias spécialisés américains.

Seul hic, l'effervescence n'est certainement pas aussi positive que l'auraient souhaité les gens de Redmond. Car si la plupart des essayeurs reconnaissent que la Surface est un très bel objet, ils sont majoritaires à conclure que le logiciel, lui, ne vaut simplement pas la peine d'être acheté.

Windows RT est le premier dérivé de Windows conçu exprès pour être installé sur des appareils mobiles, animés par des processeurs plus légers que ceux des PC traditionnels.

Il s'agit d'une version allégée de Windows 8 qui inclut essentiellement l'interface tactile du nouveau système, mais une version qui, manifestement, n'est pas suffisamment soignée pour se frotter à iOS 6 et à la plus récente version d'Android

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Microsoft a pris un risque, faisant ainsi essayer sa tablette à une vingtaine de personnalités médiatiques spécialisées dans les technologies, certains, comme Walt Mossberg et David Pogue, étant reconnus comme des amateurs notoires des produits d'Apple, le rival ciblé par la Surface.

Vu le résultat, il est difficile de savoir si le risque en valait la peine : une mince minorité recommande l'achat de la Surface, le reste suggérant plutôt d'aller voir du côté d'Apple ou de fabricants de produits à système Android.

Au-delà du mince nombre d'applications sur le Windows Store prêtes pour le lancement (on en compte tout près de 7000 au total à l'échelle mondiale, alors qu'elles se comptent par centaines de milliers sur iOS et Android), l'instabilité du système, des applications qui quittent inopinément et une autonomie de la pile sensiblement en deçà des 10 heures annoncées à environ 7 heures par charge semblent avoir raison de la patience des premiers essayeurs.

À moins qu'une mise à jour de Windows 8 corrigeant la plupart de ces failles soit déjà dans les plans, Microsoft pourra toujours se reprendre avec la Surface Pro, une tablette animée par un processeur Intel digne d'un PC. La possibilité d'y lancer des logiciels de bureau classiques qui devrait accroître sa polyvalence.

Pour le moment, l'expérience dans le format RT, celui comparable à un iPad ou même à la tablette Nexus, de Google, est cependant loin de remplir les attentes fixées par l'entreprise.