Apple hausse la barre dans le marché des portables avec son MacBook Pro à écran Retina.

Alain McKenna, collaboration spéciale LA PRESSE

Au menu: 5,1 millions de pixels, la mécanique la plus puissante sur le marché, six heures d'autonomie et, malheureusement, quelques irritants.

Tout professionnel de l'image en rêve: processeur à quatre coeurs, une mémoire Flash de 512 gigaoctets, des ports USB 3 hyper rapides et une sortie HDMI.

Tout ça jumelé à un écran de 15 pouces dont la résolution de 2880 x 1800 pixels permet d'afficher en simultané quatre flux vidéo en pleine HD sans aucune fatigue.

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Doit-on ajouter le fait que cette mécanique avant-gardiste a pu être réduite à un format faisant à peine 1,8 centimètre d'épaisseur, avec un poids de 2 kilos?

En attendant Windows 8 et la prochaine génération de PC qui en découlera, ça fait sans conteste du MacBook Pro à écran Retina le portable au rapport puissance-taille le plus attrayant sur le marché.

À un prix de détail qui vous méritera peut-être un coup de fil de votre banquier: aux 2230$ du prix de base s'ajoutent des extras pour le processeur plus rapide (2,6 GHz vs 2,3 GHz) le stockage SSD de 512 go (256 de base) et la mémoire vive gonflée à bloc (jusqu'à 16 go) qui feront rapidement grimper le total à quelque 3000$.

C'est le prix à payer pour faire la barbe à l'imposante batterie de portables Ultrabook que les rivaux d'Apple mettront en marché d'ici Noël. Soyons francs, tout de même, ceux-là visent à déloger le MacBook Air de son piédestal, lequel se situe quelques coches plus bas que celui du MacBook Pro, côté performance de pointe.

Des irritants logiciels et matériels

Quelques autres irritants subsistent tout de même. Le lissage des polices n'est pas au point dans toutes les applications, rendant certains textes flous.

Contrairement à l'iPad, où la technologie Retina fait des miracles, ici, elle n'est pas encore tout à fait au point. Sans doute que des mises à niveau des logiciels les plus populaires seront nécessaires pour profiter pleinement de tous ces pixels ajoutés.

Du côté d'Apple, Aperture et Final Cut Pro en profitent déjà. Sur un MacBook Pro à écran Retina, ces logiciels sont aussi rapides que performants.

Parlant de logiciels, notez que la mise à niveau du système Mac OS, surnommée Mountain Lion, compliquera plus que jamais l'installation de logiciels acquis à l'extérieur de l'App Store d'Apple.

Pour y parvenir, il faudra modifier un réglage enfoui dans les préférences de son Mac. Les bidouilleurs sont avertis...

Côté matériel, l'absence d'un port Ethernet signifie l'achat en sus d'un câble Thunderbolt-Ethernet qui ajoute à la facture déjà élevée de l'appareil.

C'est un peu embêtant du fait que l'appareil n'est pas à proprement parler «portable», même s'il est ultracompact.

Il semble moins fait pour être trimballé dans un sac à dos que pour trôner avec élégance sur le bureau d'un cadre supérieur, voire d'un virtuose de la retouche d'image, vidéo, photo ou de synthèse.

Dans ce contexte, un port Ethernet aurait été la moindre des choses. Parlant de Thunderbolt, la compatibilité limitée de cette technologie avec plusieurs marques de moniteurs externes agacera ceux qui utilisent leur portable avec un ou deux moniteurs en même temps. 

La résolution sur moniteur externe du MacBook Pro d'essai était inférieure à celle d'un MacBook Air de génération précédente. Vivement la mise à jour des pilotes...

Certains n'apprécieront pas non plus l'absence d'un lecteur optique, mais à ce jeu, Apple offre déjà un lecteur externe pour quelques dizaines de dollars.

Ce n'est de toute façon pas la prétention d'Apple de répondre à tous les besoins avec son nouveau MacBook Pro.

Le fabricant californien cible exclusivement un groupe très sélect et relativement fortuné d'adopteurs précoces des nouvelles technologies, du genre à avoir délaissé le DVD il y a déjà belle lurette.

Ce groupe est peut-être restreint, mais chose certaine, il est très bien servi par le nouveau MacBook Pro à écran Retina. Pour les autres inconditionnels du Mac, le MacBook Air fera amplement l'affaire à moindre coût.

Le 92 pour cent du marché restant, s'il attend encore un peu, aura plus de choix dès l'automne. Outre les Ultrabook, Apple pourrait surprendre avec un MacBook Pro à écran Retina de 13 pouces. Pourquoi pas?