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Vidéotron rêve de l'iPhone

Il n'y a jamais de projet trop ambitieux pour Robert Dépatie.

Quelques heures après avoir obtenu la bénédiction d'Ottawa afin de faire son entrée dans la téléphonie sans fil, le grand patron de Vidéotron rêve déjà de lancer l'iPhone au Québec. «Ce serait un rêve, dit-il. Tout est possible. Je ne fermerai jamais la porte à l'iPhone.»

Le président et chef de la direction de Vidéotron, crack de la technologie converti depuis longtemps au génie d'Apple, sait qu'il ne doit pas rêver en couleurs. Après tout, Vidéotron ne lancera son service de téléphonie sans fil qu'en 2009.

Et encore, la filiale de Quebecor Média doit d'abord mettre la main sur la nouvelle capacité de bande passante en téléphonie sans fil qui sera mise aux enchères en mai prochain. L'iPhone a déjà été lancé aux États-Unis et dans plusieurs pays d'Europe.

«Je serais très heureux d'inaugurer l'iPhone au Canada, dit Robert Dépatie. En même temps, je serais un peu découragé. L'iPhone est une merveille technologique. C'est inacceptable qu'il ne soit pas déjà disponible au Canada. S'il n'était pas encore disponible dans 18 mois, ce serait une autre preuve de notre retard technologique.»

Si l'iPhone lui glisse entre les mains, Robert Dépatie a plusieurs solutions de rechange en vue du lancement de son service de téléphonie sans fil. Son plan d'affaires, qu'il peaufine depuis trois ans, sera fidèle à la philosophie Vidéotron: offrir des forfaits à des prix avantageux.

«C'est notre façon de dire merci à nos meilleurs clients, dit Robert Dépatie. C'est une formule gagnante pour nos clients et pour nous aussi.»

Vidéotron ne cache pas son intention de se lancer dans une guerre de prix contre Bell, Rogers et Telus, les trois géants du sans-fil au Canada. «Les télécoms canadiennes avaient les meilleures marges bénéficiaires au monde, dit Robert Dépatie. On s'en vient casser le party.»

La filiale de Quebecor Média veut aussi combler le retard technologique du Canada, qui fait figure de cancre par rapport aux États-Unis, à l'Europe et au champion mondial de la téléphonie sans fil, la Corée. «En Corée, tu peux même payer ta carte d'autobus avec ton sans-fil!» dit Robert Dépatie.

Chaque fois qu'il voyage par affaires en Europe et aux États-Unis, Robert Départie est épaté par leur technologie de téléphonie sans fil. «L'écart avec le Canada est énorme, dit-il. Aux États-Unis, tu entends une chanson dans un café et ton iPhone t'offre immédiatement de l'acheter. Les Européens ne se parlent plus sur leur sans-fil. Ils s'envoient des messages texte et des messages vidéo.»

La filiale de Quebecor Média compte offrir du contenu à ses futurs clients sur leur sans-fil.

«Les gens ne voudront pas tous regarder un film de deux heures sur leur téléphone sans fil comme moi, mais ce sera possible, dit Robert Dépatie. Nous allons offrir toutes sortes de contenus, dont des émissions de TVA. L'idée, c'est de rendre accessible le plus de contenu possible à un prix abordable. Présentement, l'offre de contenu n'est pas très intéressante.»

Avant de se lancer à l'assaut du lucratif marché de la téléphonie sans fil -dont le chiffre d'affaires a été de 12,7 milliards au pays en 2006-, Vidéotron doit d'abord remporter une partie des enchères le 28 mai prochain. «J'ai hâte mais je ne veux pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué», dit Robert Dépatie.

Les marchés boursiers, eux, n'ont pas attendu le début des enchères avant de conclure que l'arrivée de nouveaux acteurs comme Vidéotron fera diminuer les profits des trois géants de la téléphonie sans fil au Canada.

Jeudi, les titres de Rogers, Telus et BCE ont perdu respectivement 8,3%, 4,7% et 1,3% de leur valeur à la Bourse de Toronto.

Pas de subventions

Rien n'enrage plus Robert Dépatie que de se faire dire qu'il vient de recevoir une subvention d'Ottawa, qui a choisi de réserver 40 des nouveaux 105 mégahertz de bande passante en téléphonie sans fil aux sociétés contrôlant moins de 10% du marché au Canada.

«Le ministre Jim Prentice a fait ses devoirs, dit le grand patron de Vidéotron. Les nouveaux acteurs vont devoir mettre un minimum de 78 millions de dollars sur la table seulement pour participer aux enchères au Québec. Ils devront aussi s'engager à développer leur réseau en cinq ans. Ce sera un processus sérieux et non des subventions comme disent nos concurrents. Si nous remportons une partie des enchères, nous investirons 500 millions de dollars pour bâtir notre réseau et nous créerons entre 400 et 600 nouveaux emplois sur cinq ans.»




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