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L'Ukraine, prochain Silicon Valley?

AFP
Kiev, Ukraine

Dans son T-shirt de couturier et ses baskets, le créateur de jeux vidéos Rouslan Didenko explique pourquoi l'Ukraine, un pays d'Europe de l'Est à l'économie chancelante, peut tenir tête à la Silicon Valley.

«Notre travail est plus créatif, moins monotone qu'en Occident», explique M. Didenko, 27 ans, développeur informatique chez GSC Game World, un créateur de jeux vidéos basé à Kiev.

Depuis sa fondation en 1997, GSC a produit trois jeux vidéos qui ont connu un certain succès sur les marchés européens, parmi lesquels Stalker, un jeu violent qui se déroule dans la zone sinistrée de Tchernobyl.

Des centaines de sociétés comme GSC sont apparues ces dernières années en Ukraine laquelle a su profiter de son emplacement stratégique à la frontière avec l'Union européenne et d'une main d'oeuvre qualifiée et relativement bon marché.

«C'est l'un des secteurs de l'économie ukrainienne à la croissance la plus rapide», affirme Viktor Mazniouk, directeur de Hi-Tech Initiative, un groupe industriel composé de 39 sociétés ukrainiennes du multimédia spécialisées dans la sous-traitance.

Selon lui, ce secteur rapporte près de 600 millions de dollars US par an en Ukraine et emploie quelque 25 000 personnes. Il devrait croître de 25% en 2007 seulement.

«De plus en plus de sociétés européennes se tournent vers l'Ukraine. Certaines sont déçues par l'Inde et la Chine. L'Ukraine peut rédiger des programmes plus complexes», estime M. Mazniouk.

Beaucoup d'informaticiens sont diplômés d'écoles de mathématiques et d'instituts de technologie de Kiev, prestigieux à l'époque soviétique, et d'autres grandes villes ukrainiennes telles que Kharkiv (est) et Lviv (ouest).

En fonction du niveau de compétence, le salaire moyen varie entre 300 et 1000 dollars par mois, beaucoup moins que dans l'UE ou en Amérique du Nord.

Bien que plusieurs compagnies demeurent réticentes à vendre leurs logiciels en Ukraine en raison du problème du piratage, les grands acteurs du marché tels qu'IBM et Intel ont pignon sur rue dans cette ex-république soviétique tandis que d'autres y font de la sous-traitance.

«Nous sommes situés sur le même fuseau horaire que l'Europe ce qui facilite les contacts avec les clients», soutient Alexeï Sigov, directeur général d'Infopulse Ukraine, l'un des plus gros producteurs de logiciels dans le pays.

«Lorsque vous cherchez une équipe capable de prendre une part active dans un projet, c'est là que nous avons l'avantage sur nos concurrents», affirme M. Sigov, dont la société a connu une croissance de 30% au cours des quatre dernières années et emploie 340 informaticiens.

Infopulse Ukraine possède des clients au Danemark, en France et aux Pays-Bas.

L'industrie du multimédia en Ukraine a par ailleurs été grandement aidée par la décision en 2005 du président Viktor Iouchtchenko de dispenser de visas les ressortissants de l'UE, du Japon et des États-Unis.

Le secteur tire également profit de son identité ukrainienne qui l'aide à se différencier de ses concurrents occidentaux et asiatiques.

Oleg Iavorski, 28 ans, un directeur chez GSC, affirme que les joueurs en Europe raffolent des thèmes «exotiques» des jeux vidéos ukrainiens, tel que le décor de Tchernobyl utilisé dans Stalker.

Pour créer le jeu, les développeurs ont dû quitter leur écrans d'ordinateurs pour se rendre dans la zone de la catastrophe nucléaire de 1986 dans le nord de l'Ukraine où ils ont interviewé des survivants et fouillé des archives.

«Nous devions être prudents en marchant. Faire attention à ne pas marcher sur des mousses. Je crois que nous sommes parvenus à créer la même ambiance dans nos jeux», explique M. Didenko.




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