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Googlé aux douanes et banni des États-Unis

Quand le psychologue canadien Andrew Feldmàr a voulu visiter les États-Unis, l'été dernier, il n'a pu franchir la frontière. Les douaniers américains ont refusé de laisser passer l'homme de 66 ans, sous prétexte qu'il a consommé du LSD... en 1974!

A l'époque, Andrew Feldmàr expérimentait le LSD dans le cadre de ses recherches sur la schizophrénie. Depuis, il n'a jamais retouché à cette drogue.

Au printemps 2001, le psychologue a raconté son expérience au journal étudiant Janus Head.

«J'avais 27 ans. J'étais un scientifique rationnel, qui n'avait jamais eu d'expérience avec le délire ou l'hallucination. J'étais curieux. J'ai pensé que, comme Faust, je devais faire un pacte avec le diable afin d'avoir accès à un savoir ésotérique», a écrit Andrew Feldmàr, aujourd'hui psychologue réputé de Vancouver.

Le témoignage de M. Feldmàr s'est retrouvé sur le site internet du journal, puis entre les mains des douaniers américains. Même si M. Feldmàr n'a aucun antécédent judiciaire, il s'est vu interdire l'entrée aux États-Unis.

«Il y a plus de 30 ans, j'ai pris de l'acide. Et alors? Je ne croyais pas qu'on ne me laisserait pas passer pour ça», a-t-il déclaré.

Le responsable des affaires publiques à la frontière américaine, Willie Hicks, a expliqué que M. Feldmàr «a admis avoir violé la loi américaine» et que les douaniers «ont la discrétion de laisser ou non passer quelqu'un».

M. Feldmàr a été détenu pendant plus de cinq heures à la frontière avant de recevoir l'autorisation de retourner au Canada. Il a toutefois dû signer une lettre d'aveu, dans laquelle il reconnaît «avoir violé le U.S. Controlled Substance Act».

Il est maintenant banni à vie des États-Unis à moins qu'il ne demande une absolution au gouvernement américain, chose qu'il n'a pas l'intention de faire.

Le directeur du Groupe de travail sur la sécurité nationale de l'Université d'Ottawa, Wade Deisman, a été choqué par l'histoire de M. Feldmàr. «Il n'est pas assez coupable pour être accusé criminellement. Mais il est trop coupable pour pouvoir voyager librement. Que faut-il comprendre?» demande-t-il.

Selon M. Deisman, c'est la première fois qu'un citoyen canadien au dossier sans tache se fait refouler à la frontière à cause d'informations se trouvant sur internet. Selon lui, il pourrait s'agir d'un «dangereux précédent» étant donné qu'il y a «trop d'informations fausses sur le web, qui y restent à jamais et qui ne peuvent pas être corrigées».

Dorénavant, un blogueur qui parle de sa consommation de marijuana pourrait ne plus avoir accès aux États-Unis. Quelqu'un de mal intentionné pourrait également diffuser de fausses informations sur différentes personnes.

Vu ces possibles dérapages, «il est inquiétant de voir que le gouvernement américain utilise internet pour refuser des gens à sa frontière», croit M. Deisman.




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