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Les neuf vies du fax

Dans le monde, on retrouve quelque 46 millions... (Photo archives BLOOMBERG NEWS)

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Dans le monde, on retrouve quelque 46 millions de télécopieurs toujours en service.

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Chaque fois qu'on le croit mort, il revient nous hanter. Pourquoi utilise-t-on encore le télécopieur, ou fax, en 2018?

Quand Robert Proulx a dû commencer à faire parvenir un relevé de paie par semaine à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), en novembre, il a été surpris d'apprendre que l'organisation gouvernementale refusait les communications électroniques envoyées par les travailleurs.

« Ils n'acceptent pas les courriels sous prétexte que leur système n'est pas sécurisé, dit-il. Ils insistent pour recevoir les documents par la poste ou par fax. »

M. Proulx, un éclairagiste en télévision de 32 ans qui habite Montréal, s'est donc mis en quête d'un bon vieux télécopieur. Il a découvert que l'entreprise où il travaille n'en a plus depuis 2014. Coup de chance, une connaissance lui a offert de lui donner un télécopieur. Mais M. Proulx a dû décliner la main tendue. « Comme plusieurs, je n'ai pas de ligne téléphonique terrestre à la maison », dit-il.

M. Proulx a donc fait ce que tout le monde fait en 2018 : il a demandé de l'aide sur Facebook.

PUB ET PROMOTION

Qui utilise encore le télécopieur en 2018 ? Dans le monde, on retrouve quelque 46 millions de télécopieurs toujours en service, selon la firme FaxNgo.

Aux États-Unis, environ 75 % des communications dans le secteur médical sont faites par télécopieur, selon une récente analyse du site Vox.

L'un des grands avantages de cette technologie, c'est qu'elle ne peut pas être piratée ou modifiée : seule la personne qui reçoit votre document peut le lire.

«  [Le télécopieur] est la coquerelle de la médecine américaine, note Vox. Les médecins et les professionnels médicaux le détestent, mais il est capable de survivre - et même de prospérer - dans cet environnement hostile. »

Claude Cardinal, directeur du Centre de formation en technologies de l'information à l'Université de Sherbrooke, note que si le télécopieur n'est pas encore mort, c'est qu'il remplit le rôle de « moins pire » des solutions.

« Il y a quelque chose de rassurant dans le fait de recevoir un fax, et je pense que c'est pour ça que le domaine de la santé l'utilise encore. C'est signé à la main. Même si, aux yeux de la loi, les signatures numériques sont reconnues. »

- Claude Cardinal

Le télécopieur est toujours utilisé parce qu'il est capable de faire le lien entre différents systèmes informatiques qui ne sont pas conçus pour communiquer entre eux. L'information numérique est tout simplement imprimée, télécopiée, puis numérisée à nouveau à l'autre bout.

M. Cardinal remarque que c'est surtout de la pub et des promotions qui sont envoyées au télécopieur de son bureau. D'où une certaine perte d'intérêt pour ce qui arrive dans la boîte de réception. « Le fil téléphonique qui alimente le fax a été débranché pendant trois mois, et personne ne s'en était rendu compte », dit-il.

Prendre une photo ou une capture d'écran et l'envoyer par courriel ou par texto est « essentiellement la même chose » qu'envoyer une télécopie, note-t-il. « C'est la même fonction. Ça comble le même besoin. C'est juste que les outils ont changé. »

Caroline Gingras, porte-parole de la CNESST, note que 60 % des employeurs du Québec interagissent déjà avec l'organisation par l'entremise d'un portail web sécurisé. Quant aux travailleurs, ils pourront utiliser un espace client sécurisé sur le Net pour gérer leur dossier « à la fin de l'année 2018 ».

« D'ici là, les moyens utilisés pour l'échange d'information sensible avec les travailleurs demeureront essentiellement les services de la poste et la télécopie, dit Mme Gingras. Le courrier électronique non sécurisé ne peut être favorisé à titre de moyen d'échange d'information puisqu'il ne répond pas aux exigences de sécurité requises. »

MOINS RAPIDE QUE LA POSTE

Et puis, Robert Proulx a-t-il réussi à envoyer sa télécopie ?

Après ses recherches sur Facebook, il a finalement découvert le site gotfreefax.com, qui offre d'envoyer votre document numérisé à n'importe quel numéro de télécopieur aux États-Unis et au Canada.

« C'est assez simple. Quelques heures plus tard, tu reçois un courriel de confirmation. »

Quatre jours après avoir envoyé son document, il a appelé la CNESST. On l'a informé qu'aucun document n'avait été ajouté à son dossier. Trois jours plus tard, il s'est donc rendu à l'un de leurs bureaux, papiers en main.

« Le réceptionniste m'a confirmé qu'ils ont reçu mon fax. Mais il m'a dit que les fax étaient transférés une fois par semaine à Québec pour se faire numériser, puis renvoyés à Montréal pour être traités », dit-il.

La leçon que M. Proulx a tirée de son expérience : « La poste est plus rapide si on doit envoyer un document à la CNESST. »

CHIFFRE:

  • 100 % : C'est le pourcentage des entreprises au Japon qui possèdent un télécopieur. Les logements privés, eux, possèdent un télécopieur dans une proportion de 45 %. Les Japonais sont les plus grands utilisateurs de télécopieurs du monde. Ils apprécient notamment les messages de confirmation qui indiquent que leur document a bien été reçu par le destinataire - une information qui n'est souvent pas offerte avec les courriels.

Source : FaxNgo.com




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