Pour la première fois depuis l'avènement des têtes de série à Wimbledon, une pratique qui remonte aux années 20, aucune joueuse du Top 10 ne s'est qualifiée pour les quarts de finale au All England Club. Mais selon Serena Williams, cette statistique mérite un astérisque.

Mis à jour le 10 juill. 2018
Howard Fendrich ASSOCIATED PRESS

Il s'agit aussi du seul tournoi du Grand Chelem depuis l'ère des professionnels, née il y a 50 ans, où ont été éliminées chacune des dix premières têtes de série.

«Je ne crois pas que ce soit arrivé de façon aussi extrême. Mais aussi, je n'ai jamais été classée où je l'ai été cette année, a affirmé Williams, lundi, après sa quatrième victoire en deux sets consécutifs depuis le début du tournoi.

«Habituellement, je suis l'une des rares têtes de série toujours en lice dans le tournoi. Comme je ne le suis pas (une tête de série), voilà qui est arrivé.»

À la recherche d'un huitième titre sur la pelouse de Londres, Williams sera de retour sur le court mardi à titre de 25e tête de série alors qu'elle est classée 181e au monde.

Comme elle ne le cesse de répéter, il s'agit seulement de son quatrième tournoi en plus d'un an car elle a été enceinte et elle est devenue la mère d'une fillette en septembre.

«J'ai l'impression de m'approcher de ma cible, a déclaré Williams. Pour moi, il reste encore tellement de chemin à parcourir pour retourner au niveau où j'étais et, je l'espère, le surpasser.»

Voilà des commentaires qui pourraient effrayer ses rivales. L'Américaine de 36 ans, qui a passé plus de 300 semaines à titre de numéro un mondiale, paraît fort bien jusqu'à maintenant. La plus récente sortie de Williams n'a duré que 62 minutes, une victoire de 6-2, 6-2 contre Evgeniya Rodina, une joueuse issue des qualifications classée 120e au monde qui a été ennuyée par une blessure à la cuisse gauche.

Le match n'a jamais été vraiment serré. Williams a mené 30-5 au chapitre des coups gagnants, a enregistré des services filant à près de 190 km/h et a inscrit dix as dont quatre lors du même jeu.

«Il y a la vitesse et le placement, a expliqué Rodina quand est venu le temps de dire pourquoi les services de Williams sont si efficaces.

«Ça arrive à 185 km/h et elle place la balle près des lignes.»

La seule fois où Williams a été battue à son service, ce qui réduisait son avance à 3-2 en deuxième manche, elle a réagi en brisant le service de Rodina sans accorder un seul point.

Il s'agissait du point de départ d'une séquence de trois jeux gagnés qui ont mis fin à l'affrontement.

Williams n'a encore affronté aucune tête de série, et ça ne sera pas le cas mardi non plus alors qu'elle croisera le fer avec l'Italienne Camila Giorgi, classée 52e au monde.

Lorsque questionnée sur les aspects du jeu de Williams qu'elle aimait le plus, Giorgi a servi une répondu ainsi: «Je ne suis pas le tennis».

Dans d'autres matchs de quarts de finale mardi, l'Allemande Angelique Kerber (11e tête de série) fera face à la Russe Daria Kasatkina (14e) tandis que la Lettone Jelena Ostapenko livrera bataille à la Slovaque Dominika Cibulkova.

Par ailleurs, la Tchèque Karolina Pliskova, la dernière joueuse du top-10 encore en lice, a dû plier bagages à son tour. Toujours à la recherche de son premier triomphe à un tournoi du Grand Chelem, la septième tête de série a perdu 6-3, 7-6 (1) face à la Néerlandaise Kiki Bertens, classée 20e.

Bertens se mesurera à l'Allemande Julia Goerges, 13e tête de série.

Comme il fallait s'y attendre, Pliskova s'est fait demander pourquoi il y a eu tant de surprises dans le volet du simple féminin. Et comme il fallait s'y attendre, la Tchèque n'avait aucune envie de fournir une réponse.

«Je n'ai plus envie de parler de ça. Je pense avoir répondu à cette question au moins dix fois. Je ne sais pas pourquoi toutes les têtes de série ont été éliminées.»