Passés près de la chute dès la première semaine, Roger Federer et Rafael Nadal abordent les premiers vrais escarpements mercredi en quarts de finale de Wimbledon où les attendent des joueurs qui savent les battre, Tomas Berdych et Robin Soderling.

François Bontoux AGENCE FRANCE-PRESSE

Le bilan du Suisse face au Tchèque est original: une défaite inaugurale aux Jeux d'Athènes et une seconde il y a trois mois à Miami encadrent une longue série de huit victoires remportées pendant les six ans où il régnait sur le circuit alors que se faisait attendre la confirmation de Berdych.

Elle est peut-être en train de se produire cette année. Aux Internationaux d'Australie et à Roland-Garros, il n'a guère manqué que l'art de conclure à ce grand cogneur d'1,96 m pour vivre le plus beau jour de sa carrière. Il avait mené 2 sets à 0 contre Federer en huitièmes de finale à Melbourne, puis 2 sets à 1 contre Soderling en demi-finale à Paris.

L'éclosion du Suédois, également assez tardive, s'est réalisée l'an passé, aux dépens de Nadal. C'est lui qui a ouvert à l'Espagnol la porte de la période la plus douloureuse de sa carrière en le battant à Roland-Garros, avant de la lui claquer au nez en fin de saison lors d'un Masters désastreux.

Le Majorquin a pris une éclatante revanche il y a un mois en finale à Paris, mais il sait que le match sera différent à Londres, où les services et les grosses frappes à plat de son adversaire feront plus mal.

Du répit pour Djokovic

En s'imposant, les deux stars feraient taire les interrogations nées d'un début de tournoi inhabituellement cahoteux.

Sauvé in extremis d'une humiliante sortie au premier tour face à un Colombien quasi-inconnu, Federer a certes bien redressé la barre lors de ses deux derniers matches, mais face à des adversaires, Arnaud Clément et Juergen Melzer, qui n'ont pas fait grand-chose pour lui compliquer la tâche.

Chez Nadal, l'inquiétude est liée à un genou droit douloureux par intermittence. Du moins s'explique-t-on ainsi ses difficultés à se débarrasser de deux joueurs aussi peu cotés que Robin Haase et Philipp Petzschner, qui partageaient un style de jeu fondé sur la recherche de l'ace et la prise de risque en coup droit... comme Soderling.

Le Majorquin n'a pas souffert lors de son dernier match. Une bonne nouvelle qui reste à confirmer car il n'a guère eu besoin de forcer pour éliminer le Français Paul-Henri Mathieu.

Pour Novak Djokovic, l'obstacle le plus élevé se présentait au tour précédent en la personne de Lleyton Hewitt, le tombeur de Federer au tournoi de Halle. Le Serbe l'a franchi de façon très convaincante et devrait avoir un peu de répit face à l'invité-surprise des quarts de finale, le Taïwanais Lu Yen-Hsu, 82e mondial, auteur de la «perf» de sa vie lundi contre le triple finaliste Andy Roddick.

Enfin le Britannique Andy Murray, sur qui tous les sportifs du pays ont braqué leur regard depuis l'élimination de l'Angleterre au Mondial, affrontera pour la deuxième fois d'affilée un grand serveur: le Français Jo-Wilfried Tsonga, après avoir balayé le vainqueur du Queen's, l'Américain Sam Querrey.