Plus d'une semaine sans nouvelles en provenance du stade Saputo, ça laisse beaucoup (trop?) de temps libre aux journalistes sur la piste du prochain scoop concernant l'Impact.

Patrick Leduc, collaboration spéciale LA PRESSE

C'est pourtant le calme plat dans la quête du futur joueur désigné. L'état-major garde ses cartes bien cachées, question de ne donner aucun indice à ses rivaux avant le repêchage d'expansion lors duquel l'Impact pourra choisir parmi les joueurs que les autres formations n'auront pas protégés.

Malgré le temps qui ne manque pas, ne comptez pas sur moi pour dresser une liste de joueurs de la MLS susceptibles de se retrouver dans le nouvel uniforme montréalais le 23 novembre, date dudit repêchage. Je me suis dit que le temps était venu d'aller voir à l'oeuvre les joueurs qui apparaissent déjà sur l'écran radar du club bleu-blanc-noir en rendant visite à la nouvelle Académie de l'Impact.

À tort ou à raison, j'ai le pressentiment qu'on parlera davantage des joueurs américains et étrangers qui viendront étoffer l'alignement de Jesse Marsch en 2012. Cette réalité laisse peu de place aux joueurs locaux issus des rangs amateurs. Or, le combat qui se profile à l'horizon pour les responsables de l'Académie, en plus de former des joueurs capables d'évoluer en MLS, c'est surtout de bien savoir les vendre aux dirigeants du groupe pro.

Un nouveau débouché

Le «contenu canadien» n'a pas vraiment la cote en MLS par les temps qui courent. Qui plus est, nos équipes nationales ne font rien qui vaille pour rehausser la valeur de nos meilleurs professionnels. Le contexte n'est pas très favorable pour les producteurs locaux!

Étonnamment, cette problématique ne soulève pas l'indignation, même parmi les gens engagés dans le soccer amateur. Le mouvement «Occupy CSA*» n'a toujours pas vu le jour! La réaction habituelle varie entre l'indifférence et l'agacement léger. On est trop occupé à lutter pour l'obtention de titres de champions provinciaux chez les 14 à 18 ans pour se préoccuper des problèmes de notre élite. Un trophée satisfera davantage l'entraîneur de jeunes joueurs. En outre, il lui donnera de la crédibilité devant les parents et les administrateurs de son club.

La mise sur pied de l'Académie, même si elle s'est imposée de façon cavalière à la fédération québécoise, a au moins le mérite d'offrir aux jeunes espoirs une formation de niveau professionnel. C'est un débouché qui faisait défaut au système et qui permettra de mesurer d'une autre façon la qualité du coaching au soccer amateur. Au lieu de calculer le nombre de médailles ou de bannières remportées par le club, on pourra, par exemple, s'attarder au nombre de joueurs qu'on aura formés qui seront retenus par l'Académie. Je me répète, on a bien plus besoin d'éducateurs que d'entraîneurs pour notre foot!

Une lutte à l'interne

Les éducateurs du centre de formation montréalais ne se font pas d'illusions, les joyaux qu'ils produiront devront briller de façon étincelante pour qu'on leur fasse une place sur la pelouse du stade Saputo.

Pour prouver la valeur des joueurs de l'Académie, il faudra les opposer à une compétition de haut calibre qui les accoutumera aux exigences du haut niveau, ce qui fait présentement défaut au niveau amateur québécois. Pour les joueurs issus du précédent système, ou ceux qui auront réussi en dépit de celui-ci, l'absence de matchs difficiles disputés sur une base régulière aura certainement nui à un développement optimal.

Sans que cela ne soit encore officiel, l'Académie projette de se joindre à la ligue conçue pour les centres de formation de clubs de la MLS aux États-Unis, ce qui permettra aux joueurs de se mesurer aux meilleurs chez nos voisins du sud. Tous les ingrédients sont donc réunis pour que ça fonctionne. Mais on sait bien que la réussite de l'Académie reposera sur le succès des premiers «promus» chez les pros.

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* (CSA) Association canadienne de soccer