(Munich, Allemagne) À 21 ans, Alphonso Davies s’apprête à disputer la saison la plus importante de sa jeune carrière. Avec son club, le Bayern Munich, « Fonzy » voit grand et ses ambitions sont sans limites, à l’image d’un club habitué à remporter au minimum un trophée chaque saison.

Publié le 14 août
alexis menuge Collaboration spéciale

Il vise d’abord un nouveau titre de champion d’Allemagne, qui serait le 11e consécutif pour les Bavarois, et son quatrième personnel. L’international canadien a fait également de la DFB-Pokal — la Coupe d’Allemagne – un objectif, un an après une surprenante élimination dès les seizièmes de finale à Mönchengladbach avec un cinglant 0-5 à la clé.

Mais c’est surtout en Ligue des champions qu’il aimerait briller et revenir sur le devant de la scène dans la plus prestigieuse des compétitions de clubs de soccer. Éliminé dès les quarts de finale par la modeste équipe espagnole de Villareal au printemps, le plus titré des clubs allemands vise le Graal continental le 10 juin 2023 à Istanbul.

« Quand on est sous contrat au Bayern Munich, il n’y a que la victoire qui compte », a-t-il confié lors d’un point de presse il y a deux semaines à Munich.

Cet état d’esprit, on le ressent partout et à tout moment au centre d’entraînement. Cette saison, nous avons encore une équipe redoutable dans tous les secteurs de jeu qui doit nous permettre d’aller très loin. Je suis très optimiste.

Alphonso Davies

À l’aube de cette nouvelle saison, l’état de forme de Davies est prometteur. Auteur d’une bonne préparation lors notamment d’une tournée d’une semaine à Washington et à Green Bay, aux États-Unis, où il a été le joueur munichois le plus sollicité par les médias locaux, il monte incontestablement en puissance, comme l’atteste sa performance aboutie lors de la reprise du championnat à Francfort (6-1), vendredi dernier.

Il aura été absent pendant quasiment quatre mois (de janvier à avril) à cause d’une inflammation du muscle cardiaque consécutive à sa COVID-19 contractée fin janvier. C’est pourquoi il accorde désormais sa priorité à sa santé.

« J’ai vécu une période compliquée avec ce pépin de santé, a ajouté l’ancien des Whitecaps de Vancouver. Le plus dur, c’est que les médecins me disaient que j’en aurais pour longtemps sans pouvoir me donner de date précise, ce qui m’a fortement inquiété. J’ai même eu des doutes quant à savoir si je pourrais rejouer un jour. Aujourd’hui, je suis soulagé et heureux de pouvoir de nouveau exercer mon métier. »

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Alphonso Davies et le Bayern de Munich affrontaient l’Eintracht Francfort, vendredi.

Calendrier chargé

À présent, il espère que son corps va le laisser en paix afin de pouvoir enchaîner les matchs tous les trois jours cet automne, avec un calendrier très chargé au programme. Signe de son importance au sein de l’imposant effectif allemand : les responsables du Bayern ont laissé partir cet été l’Anglais Omar Richards à Nottingham Forest.

Ce qui signifie que Davies est le seul arrière gauche du groupe, même si l’international français Lucas Hernandez peut dépanner en cas d’absence de Davies. C’est un poste où il n’y a aucune concurrence, preuve du statut d’intouchable du Canadien au Bayern.

« Je me sens bien dans ce club, a poursuivi Davies. En tant que joueur, tout y est réuni pour s’épanouir. Au niveau du jeu, nous prenons beaucoup de plaisir et nous avons encore beaucoup d’appétit, même si nous avons remporté les dix derniers championnats. Nous voulons désormais le onzième. Notre envie de vaincre est toujours aussi forte. »

À Munich, il jouit d’une énorme cote de popularité. L’élimination du Bayern en Ligue des champions contre Villareal en avril a, pour beaucoup d’observateurs, été liée au retour trop tardif de Fonzy, et le jeu décevant proposé par son équipe lors des six premiers mois en 2022, à sa longue absence.

Pour l’ancien président du Bayern, Karl-Heinz Rummenigge, qui a quitté le club il y a un an pour couler une paisible retraite, « Fonzy est un phénomène. » L’ancienne star du soccer allemand dans les années 1980 se souvient de l’arrivée du Canadien dans le sud de l’Allemagne.

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Karl-Heinz Rummenigge, ancien président du Bayern Munich

« Notre cellule de recrutement s’est beaucoup battue pour pouvoir le recruter, sachant que nous avions beaucoup de concurrence. Nous le voulions à tout prix. Nous avions rapidement découvert son énorme potentiel. Il fait partie des meilleurs du monde à son poste. À mes yeux, il est même le numéro un. Je ne connais pas un joueur qui soit aussi rapide que lui. Il est explosif, fort techniquement et doté d’un gros mental. C’est un joueur rapidement devenu indispensable au Bayern. Il est aussi un combattant qui a su forcer son destin en montrant énormément de courage et d’abnégation. »

Et comment Rummenigge juge-t-il la personnalité du Canadien ?

« Il est toujours poli, courtois et souriant. C’est quelqu’un de bien. Il n’oublie jamais d’où il vient. En tout cas, j’espère vivement qu’il restera encore de longues années à Munich, car il est aussi très apprécié de nos supporters qui aiment s’identifier à certains joueurs, et Alphonso en fait partie. Au Bayern, il a trouvé l’adresse idéale pour s’épanouir. »

Cet été, Davies a pleinement profité de ses six semaines de vacances pour revenir frais et motivé début juillet à la Säbenerstrasse (centre d’entraînement du Bayern), bien conscient des échéances capitales qui se profilent avec son club avant de faire ses valises pour Doha avec la sélection canadienne. Le 23 novembre, il disputera le premier match de Coupe du monde de sa carrière face à la Belgique.

« D’ici là, nous avons encore beaucoup d’échéances avec le Bayern, a confié le natif de Buduburam, un camp de réfugiés au Ghana. Ensuite, nous pourrons nous focaliser sur le Mondial. En tout cas, tous ces défis s’annoncent très excitants. Je me sens en pleine forme physique et mentale et prêt à relever tous ces défis. »