En dépit de toute la confusion qui a fait rage autour de la question, le CF Montréal est catégorique : il affrontera bel et bien le FC Cincinnati comme prévu samedi, au stade Saputo, devant 5000 spectateurs.

Jean-Philippe Arcand
Jean-Philippe Arcand La Presse

L’équipe s’est retrouvée au cœur d’une petite controverse mercredi, lorsqu’elle a annoncé son grand retour à la maison, après 12 matchs disputés aux États-Unis en raison des restrictions sanitaires liées à la pandémie.

C’est que des informations laissaient croire que malgré cette annonce, le gouvernement fédéral n’avait toujours pas donné son feu vert aux équipes américaines pour qu’elles disputent des matchs au Canada. Dans un tel cas, Cincinnati n’aurait donc pas pu s’amener dans la métropole, et le CF Montréal aurait été contraint de prolonger son exil chez l’Oncle Sam.

Le ministère de l’Immigration a plus tard confirmé que, depuis le 5 juillet, « les voyageurs entièrement vaccinés et déjà autorisés à entrer au Canada – incluant les athlètes professionnels étrangers titulaires d’un permis de travail valide – ne sont plus tenus de subir une quarantaine de 14 jours, à condition qu’ils se conforment à toutes les autres exigences, y compris les tests avant et après l’arrivée ».

Traduction rapide : Montréal et Cincinnati pourront en effet s’affronter ce week-end… pourvu que tous les participants au match, joueurs et autres, aient reçu deux doses de vaccin contre la COVID-19.

Ce sera la condition sine qua non en vigueur tant et aussi longtemps qu’Ottawa n’aura pas élargi l’exemption aux athlètes ayant reçu une seule dose, ou pas de dose du tout, le cas échéant.

Ainsi, à moins d’un changement, le prochain match au stade Saputo – le 4 août contre Atlanta – sera disputé selon les mêmes paramètres.

Qui y sera ?

Du côté du CF Montréal, on nous indique que tous les entraîneurs et les membres du personnel ont reçu leurs deux doses, et qu’une « grande majorité » des joueurs sont pleinement vaccinés. Certains n’ont reçu qu’une seule dose, d’autres n’en ont eu aucune. La Presse a tenté de connaître le portrait de la situation chez le FC Cincinnati, mais au moment d’écrire ces lignes, l’équipe n’avait pas répondu à notre demande.

On ignore combien de joueurs ne sont pas ainsi pleinement vaccinés, et on connaît encore moins leur identité. Mais en tous les cas, cela signifie que le CF Montréal devra jongler avec ses effectifs pour aligner une formation conforme à la réglementation fédérale. L’échange à Columbus de l’attaquant Erik Hurtado, qui refusait de se faire vacciner, a donné un avant-goût de la complexité de l’exercice qui attend le club. Ajoutez les blessés à tout cela, et vous vous retrouvez avec un joli casse-tête.

Malgré tout, l’entraîneur-chef Wilfried Nancy ne semble pas troublé le moins du monde par la situation.

Pour l’instant, les joueurs qui sont disponibles à l’entraînement sont les joueurs sur qui je compte. Pour la suite, on verra.

Wilfried Nancy, entraîneur-chef du CF Montréal

En fait, dans le camp montréalais, on se réjouissait bien plus d’être enfin de retour en ville après une si longue période passée loin de la maison.

« On n’était pas certains jusqu’à [mercredi] si on pourrait jouer à la maison ou non. Le fait qu’on puisse jouer devant des milliers de nos partisans, dans notre stade pour la première fois depuis longtemps, c’est épatant. Les gars seront excités par ce défi », a affirmé le défenseur Joel Waterman.

Un démon à exorciser

Malgré ces 12 matchs disputés à l’étranger par la force des choses cette saison, le CF Montréal est parvenu à se maintenir au quatrième rang de la division Est. De plus, le club surfe sur une séquence de cinq matchs sans défaite, un de moins que le record d’équipe.

PHOTO WILFREDO LEE, ASSOCIATED PRESS

Zachary Brault-Guillard (è gauche), du CF Montréal, Jurgen Locadia (10), du FC Cincinnati, luttent pour le ballon lors d’un match en mai dernier, à Fort Lauderdale, au domicile temporaire de l’équipe montréalaise.

Le problème, c’est que le CF Montréal n’a jamais gagné contre le FC Cincinnati depuis l’arrivée de celui-ci en MLS, en 2019. La commande en vue d’égaler cette marque s’annonce donc de taille.

« On n’arrive pas à les battre, et pourtant, on a eu des occasions. […] pour marquer beaucoup de buts contre eux, et finalement, on n’a pas su marquer. On n’a pas encore gagné contre eux. On aura l’occasion de changer ça [samedi] », a prévenu Nancy.

Reste à voir si le retour tant attendu à la maison permettra au CF Montréal de se débarrasser de cette malédiction.