(Séville) Enfin ! Accrochée par la Suède (0-0) et la Pologne (1-1), l’Espagne a enfin remporté un match mercredi en étrillant la Slovaquie 5-0, et a rassuré son monde en validant son ticket pour les huitièmes de finales de l’Euro, où elle affrontera la Croatie lundi (18 h) à Copenhague.

Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA Agence France-Presse

Un pénalty manqué, deux buts contre son camp, et un « golazo » : la première victoire de l’Espagne, large et facile, n’a pourtant pas échappé au caractère rocambolesque qui distingue le parcours de la « Roja » dans cet Euro.

Comme lors des deux premières rencontres, l’Espagne a commencé par se faire une frayeur, mercredi : à la 10e minute, Jakub Hromada a donné un coup de pied dans la jambe de Koke dans la surface, et l’arbitre est allé revoir l’action à la vidéo pour accorder le pénalty.

Depuis sa glacière, Luis Enrique a confirmé à Alvaro Morata, ciblé par les critiques pour son imprécision depuis le début du tournoi, que c’est lui qui allait le tirer. Buteur contre la Pologne samedi, Morata s’est élancé… mais le portier slovaque Martin Dubravka a stoppé son ballon.  

Le cinquième pénalty de rang manqué par la Roja (deux par Sergio Ramos, un par Abel Ruiz, un par Gerard Moreno samedi contre la Pologne et Morata mercredi).

Dubravka, de héros à maudit

Héros de son équipe pendant quelques minutes, Dubravka allait vite déchanter : vingt minutes plus tard, le portier de Newcastle allait commettre une bourde.  

Une frappe de Pablo Sarabia a heurté sa barre transversale, s’est envolée puis redescendue à la verticale, et Dubravka, voulant la dégager en corner par-dessus la barre, l’a volleyée dans ses propres cages, devenant ainsi le 7e joueur à marquer contre son camp dans cet Euro.

Un énorme soulagement pour Luis Enrique, qui a célébré le but avec euphorie, et pour toute l’Espagne, qui entrevoyait enfin les portes des huitièmes de finale.

« Il est évident que la bonne bouteille de la cave a été débouchée, on a redonné de la joie aux supporters, aux joueurs. Et maintenant, on va aller chercher une autre bouteille à la cave, et on verra si on peut la déboucher celle-là aussi », a souri Luis Enrique après le match.

En effet, ce premier but a fait sauter le bouchon qui empêchait le ballon d’entrer jusque-là dans les cages adverses et a libéré la « Roja ».

Suivront quatre autres buts. D’abord du Franco-Espagnol Aymeric Laporte, d’une reprise de la tête qui a lobé le gardien slovaque juste avant la mi-temps (45e +3). Ensuite de Pablo Sarabia, du gauche, sur un centre de Jordi Alba au retour des vestiaires (56e).

Busquets, précieux revenant

Puis de Ferran Torres, entré en jeu à la place d’un Morata ovationné par les 12 580 spectateurs du stade de la Cartuja à sa sortie (65e), qui a marqué sur son premier ballon d’une magnifique « Madjer », et qui a été impliqué sur le 5e but, un autre but contre son camp de Juraj Kucka (72e).

« Cette victoire arrive au meilleur des moments. C’est évidemment un soulagement. Pas seulement pour moi, mais pour ce que cela signifie : en continuant d’insister sur les mêmes concepts footballistiques, on peut arriver à des résultats », a encore soufflé Luis Enrique.

Outre la victoire et la manière, l’autre gros point positif a été le retour du capitaine Sergio Busquets dans l’entrejeu de la « Roja ».  

Le milieu de terrain catalan, de retour après avoir passé deux semaines à l’isolement à la suite de son test positif à la COVID-19 (le 6 juin), n’était pas entré en jeu contre la Pologne.  

Titulaire mercredi à la place de Rodri, le vétéran de la Roja (32 ans), le seul joueur restant du sacre du Mondial-2010, a signé un véritable « manuel pratique pour milieux de terrain », selon l’expression de Luis Enrique, et est apparu très ému à la fin de la partie.

Un retour et une « manita » (5 buts) qui se conjuguent au retour en force de l’Espagne. Deuxième du groupe E derrière la Suède, qui a battu la Pologne 3-2 dans le même temps, la Roja est désormais tournée vers les huitièmes de finale, où elle affrontera la Croatie de Luka Modric, enfin lancée.