(Budapest) Quel dénouement ébouriffant ! La France a tenu le choc face au Portugal (2-2) mercredi pour finir première de la poule F de l’Euro, où l’Allemagne, éliminée pendant une heure par la Hongrie, a sauvé sa tête (2-2) et jouera les huitièmes, tout comme l’Espagne.

Jérémy TALBOT et Antoine MAIGNAN, avec Jean DECOTTE à Paris Agence France-Presse

Jusqu’au bout, le « groupe de la mort » a failli être fatal à l’un des grands noms du soccer européen puisque la Mannschaft et la Seleçao, menées au score, ont tour à tour occupé la quatrième et dernière place synonyme d’élimination.

Mais les champions d’Europe portugais ont su arracher le nul à Budapest face aux champions du monde français : les Bleus menaient grâce à un doublé du revenant Karim Benzema (45e+2 s. p., 47e), mais se sont fait rejoindre sur un autre doublé, inscrit sur un tir de pénalité par Cristiano Ronaldo (31e, 60e), devenu au passage, à égalité avec l’Iranien Ali Daei, le meilleur buteur de l’histoire du soccer de sélections (109 buts).

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L’Allemand Leon Goretzka compte le deuxième but de son équipe.

« Le plus important, c’était la qualification, la première place. On l’a fait dans une poule qui n’était pas du tout facile », a dit le milieu Paul Pogba sur beIN Sports. « On sait qu’on doit monter en puissance encore. »

Voilà donc les derniers qualifiés connus : outre la France, qui était déjà assurée d’être en huitièmes, le Portugal et l’Allemagne ont validé leur billet, tout comme, un peu plus tôt, l’Espagne et l’Ukraine.

Cela aiguille les Français vers la Suisse en huitièmes à Bucarest, lundi prochain, avant éventuellement en quarts le vainqueur du duel entre la Croatie et l’Espagne, qui s’est qualifiée en étrillant la Slovaquie (5-0).

Le Portugal ira de son côté à Séville pour défier la Belgique lundi prochain, l’une des affiches les plus alléchantes des huitièmes.

De leur côté, les Allemands de Joachim Löw ont frôlé l’abîme, mais ont arraché un nul salvateur grâce à Leon Goretzka (84e), et défieront en huitièmes à Wembley l’Angleterre, mardi prochain, pour un classique du soccer européen.

Ronaldo félicite Benzema

Et la folle soirée de mercredi, riche en rebondissements, donne déjà envie d’y être.

À Budapest, la revanche de la finale 2016 remportée par la Seleçao en France (1-0 a. p.) a été d’une intensité incroyable. Et le héros français s’appelait Karim Benzema.

Tout a été déjà écrit sur le retour en grâce de l’ancien banni, éloigné pendant plus de cinq ans en raison de ses démêlés judiciaires. Les buts tardaient néanmoins à venir.

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L’entraîneur français Didier Deschamps et Kylian Mbappé

Mais en deux actions de classe et de sang-froid, l’attaquant du Real Madrid a justifié le pari du sélectionneur Didier Deschamps, marquant sur un tir de pénalité (45e+ 2), puis sur un tir croisé entré avec l’aide du poteau (47e).

« Beaucoup de joie, beaucoup de fierté. Je pense que tout le monde l’attendait, il y avait cette pression », a reconnu Benzema au micro de beIN Sports.

Ronaldo, ancien partenaire au Real Madrid, l’a chaudement félicité. Et il lui a répondu sur le terrain : alors qu’il n’avait jamais marqué contre la France, il a lui-même signé un doublé sur tirs de pénalité, obtenus sur une sortie ratée d’Hugo Lloris, puis sur une main de Jules Koundé, pour prendre seul la tête du classement des buteurs de cet Euro (5 buts).

L’Allemagne a eu très chaud

À Munich, l’Allemagne a de son côté eu très chaud : sous la pluie battante de Munich et dans un contexte politique très inflammable autour du refus par l’UEFA d’illuminer le stade aux couleurs arc-en-ciel de la communauté LGBTQ+, la sélection allemande a été poussée dans ses retranchements par l’étonnante Hongrie.

Mais les Hongrois ont finalement été éliminés, au même titre que la Pologne, de Robert Lewandowski, la Slovaquie ou la Finlande.

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Le Hongrois Andras Schafer célèbre après avoir marqué le deuxième but de son équipe.

Longtemps, le spectre d’une sortie dès le premier tour, comme au Mondial 2018, a plané sur l’Allemagne, menée à deux reprises sur des buts d’Adam Szalai (11e) et d’Andras Schäfer (68e).

Mais Kai Havertz (66e) et surtout Leon Goretzka (84e) ont sauvé Löw d’une nouvelle élimination sans gloire pour son dernier tournoi sur le banc de l’Allemagne.

À Séville, un peu plus tôt, le premier score-fleuve de cet Euro a été l’œuvre de l’Espagne, qui a enfin libéré son attaque contre la Slovaquie (5-0), avec notamment un but du transfuge franco-espagnol Aymeric Laporte.

Voilà les Espagnols lancés vers Copenhague, où ils affronteront lundi la Croatie, de Luka Modric. Et on a hâte d’assister à ces matchs couperets !