Vendredi et dimanche, le Canadien de Montréal accueillera une équipe provenant des États-Unis au Centre Bell dans le cadre de leur série demi-finale de la Ligue nationale de hockey. C’est un privilège qui n’a pas encore été octroyé au CF Montréal, mais ça ne semble pas déranger les joueurs de l’équipe, notamment Amar Sejdic et Mason Toye.

Michel Lamarche La Presse Canadienne

Après une pause qui aura duré environ un mois, la formation montréalaise reprendra le collier en jouant un quatrième match « local » à Miami en 2021, celui-là face au DC United, le 23 juin.

Or, au moment où le CF Montréal a entamé son calendrier, la direction de l’équipe avait laissé miroiter la possibilité que ce duel puisse avoir lieu au stade Saputo.

Toutefois, le 29 mai dernier, le directeur sportif Olivier Renard a fait savoir que les joueurs montréalais allaient jouer au moins un autre match dans la chaleur de la Floride avant d’espérer pouvoir entrer à Montréal.

En visioconférence mardi, Sejdic et Toye ont tour à tour rappelé qu’il était inutile de se tracasser face à cette situation.

« Nous devons contrôler ce que nous pouvons contrôler. Nous n’avons aucun contrôle sur le moment où le gouvernement nous permettra de revenir (à Montréal) », a déclaré Toye.

« Pour le moment, nous devrions nous concentrer uniquement sur le football, essayer de nous améliorer chaque jour. Quand le temps sera venu de retourner là-bas, nous y retournerons. Ce n’est pas entre nos mains et il ne sert à rien de nous plaindre ou de nous inquiéter à ce sujet. »

Aux yeux de Sejdic, les joueurs du CF Montréal ont franchi l’étape où l’adaptation à cette situation était difficile.

« Ce sont les cartes qu’on nous a distribuées, a-t-il illustré. Nous tirons le meilleur parti possible de la situation et les séances d’entraînement vont bien. Bien sûr, nous voulons revenir à Montréal, nous entraîner, jouer, vivre une vie normale. Mais tant que nous n’aurons pas obtenu le feu vert, nous tirons avantage de ce que nous avons ici. »

Après son match du 23 juin, le CF Montréal se rendra à Nashville le samedi 26 juin. Par la suite, les joueurs de Wilfried Nancy profiteront d’une séquence de trois matchs locaux dans un intervalle de deux semaines : le 3 juillet contre l’Inter Miami CF, le 7 juillet contre le New York City FC et le 17 juillet face au FC Cincinnati.

Des minutes troublantes

Dans un tout autre ordre d’idées, Sejdic et Toye ont tous deux admis qu’ils avaient été secoués par les images du Danois Christian Eriksen terrassé par un malaise cardiaque lors du match contre la Finlande, samedi, au Championnat de football d’Europe.

« Je ne mentirai pas et je serai honnête : je suis devenu émotif, a admis Toye. Nous sommes des joueurs de soccer professionnel, mais nous sommes aussi des êtres humains. Et de voir quelqu’un passer près de perdre la vie sur le terrain était très épeurant. Personne ne sait s’il jouera de nouveau au football, mais je suis simplement heureux de savoir qu’il est en vie, qu’il sera là pour sa famille, sa femme, ses enfants. »

Le drame a fait réaliser à Sejdic à quel point la vie ne tient qu’à un fil, même lorsque l’on parle d’un jeune homme athlétique.

« Tout athlète qui a vu ce moment durant le match a eu la chair de poule et est devenu un peu effrayé. C’est une situation qui peut arriver à n’importe qui. Christian Eriksen a 29 ans, il est en santé, un athlète de haut niveau. C’est une situation très épeurante. Souhaitons que l’on puisse trouver des façons de mieux déceler ces problèmes cardiaques dans le futur. »

Par ailleurs, Sejdic a admis avoir été surpris que le duel reprenne quelques heures après l’incident.

« Il n’y a aucun doute que le match aurait dû être reporté. C’est impossible de jouer un match après ça, surtout pour les joueurs danois. Lorsqu’ils sont revenus sur le terrain pour l’échauffement, vous pouviez voir des joueurs encore sous le choc, en larmes. C’est vraiment difficile de se remettre d’un moment semblable, surtout quand ça se passe devant vous, sur le terrain. »