(Turin) La tentative d’organiser une Super Ligue européenne n’était « pas un coup d’État », mais plutôt « un cri d’alarme désespéré pour un système qui, sciemment ou non, se dirige vers l’insolvabilité », a déclaré le président de la Juventus, Andrea Agnelli.

Associated Press

Avec le Real Madrid et Barcelone, la Juventus est l’un des rares récalcitrants à refuser de renoncer à la Super Ligue parmi les 12 membres fondateurs du projet avorté.

L’UEFA a initié une procédure disciplinaire contre les trois récalcitrants et les responsables italiens ont affirmé que la Juventus risquait d’être exclue de la Serie A si elle ne renonçait pas à cette ligue séparatiste.

Agnelli a perdu plus que la plupart des autres dans le fiasco de la Super Ligue, ayant démissionné de son poste de président de l’Association européenne des clubs et ayant donc automatiquement dû quitter son siège au comité exécutif de l’UEFA.

« Pendant des années, j’ai essayé de changer les compétitions européennes de l’intérieur, car les signes de crise étaient évidents même avant la pandémie », a déclaré Agnelli lors d’une conférence de presse convoquée pour dire au revoir au directeur sportif de la Juventus, Fabio Paratici.

Agnelli a été un proche confident du président de l’UEFA Aleksander Ceferin, qui l’a ensuite qualifié de « serpent » pour s’être opposé à l’instance dirigeante du football européen.

« L’accord entre les fondateurs était conditionné à la reconnaissance préalable de la compétition par l’UEFA, a expliqué Agnelli. La réponse a été démesurée, avec des termes offensants et des méthodes arrogantes, puis elle s’est tournée vers trois clubs.

« Ce n’est pas avec ce type de comportement que le football se réforme face à cette crise, a ajouté Agnelli. Heureusement, je sais que tout le monde à l’UEFA ne ressent pas la même chose. La volonté de dialogue reste cependant inchangée. […] D’autres sports ont été confrontés à des changements de ce type, et presque toutes les parties prenantes s’accordent à dire que le modèle doit être changé. »

Le projet de Super Ligue a été lancé publiquement le 18 avril et a implosé dans les 48 heures suivantes au milieu du contrecoup et des menaces de législation du gouvernement britannique.

Les neuf autres clubs impliqués ont conclu une entente avec l’UEFA : l’AC Milan, l’Inter Milan, l’Atlético Madrid, Arsenal, Liverpool, Manchester United Tottenham, Chelsea et Manchester City.

Ces clubs ont accepté les conditions de l’UEFA de renoncer à 5 % des bourses en espèces lors des compétitions européennes au cours de la saison 2022-2023 et de payer un total de 15 millions d’euros (22 millions CAN) en tant que « geste de bonne volonté » au profit des enfants, des jeunes et du football de base.

« La Juventus, Barcelone et le Real Madrid sont déterminés à obtenir une réforme complète des compétitions, et surtout, dans l’intérêt des clubs qui nous font craindre cette situation. »