(Londres) Le gouvernement britannique a appelé jeudi les joueurs de Premier League, accusés de profiter des mesures de soutien à l’économie adoptées en réponse à la pandémie de nouveau coronavirus, à renoncer à une partie de leur salaire.

Agence France-Presse

« Tout le monde doit jouer son rôle et cela veut dire que les joueurs de Premier League aussi », a déclaré le ministre de la Santé Matt Hancock lors d’une conférence de presse. « La première chose qu’ils peuvent faire pour contribuer est d’accepter une baisse de salaire », a-t-il ajouté.

La pression politique sur les clubs du championnat le plus riche d’Europe se fait d’autant plus forte que certains ont annoncé leur intention d’utiliser les aides gouvernementales.

Tottenham, Newcastle et Norwich, trois clubs de l’élite, ont décidé de placer leur personnel non-joueur sous le programme de chômage partiel mis en place par le gouvernement qui prend en charge 80 % des revenus à concurrence de 2500 livres par mois.

En revanche, aucun club de Premier League n’a pour le moment annoncé de sacrifice financier pour ses joueurs, même si chez les Spurs certains dirigeants, dont le président Daniel Levy, ont eux baissé leurs salaires de 20 %.

Face aux critiques, le président de la commission en charge des sports à la Chambre des communes, Julian Knight, a écrit jeudi au gouvernement pour réclamer une taxe contre les clubs qu’il juge insuffisamment solidaires.

La Premier League se trouve assez isolé en Europe, alors que sur le reste du continent, de grands clubs comme le Bayern, Barcelone ou la Juventus ont déjà vu leurs joueurs réduire leurs émoluments pour aider leur club dans cette passe difficile, rappelle le député conservateur.

Parfois mis en cause comme principal frein à un geste financier des joueurs, la très puissante Professional footballers’association (PFA) a défendu sa position jeudi dans un communiqué, accusant à demi-mot les dirigeants de clubs de détourner les aides publiques pour préserver les actionnaires.

« Nous avons bien conscience du sentiment répandu dans l’opinion publique que les joueurs devraient payer les salaires des personnels non-joueurs […] Nous acceptons tout à fait l’idée que les joueurs vont devoir se montrer flexibles et partager le poids financier de l’épidémie de COVID-19 pour assurer l’avenir à long terme de leur club et de ce sport en général », a notamment écrit la PFA.

Mais les joueurs ne doivent pas être les boucs émissaires trop commodes, s’est défendu le syndicat.

« Les clubs, en tant qu’entreprises, qui ont les moyens de payer leurs joueurs et leurs salariés, devraient le faire », a-t-il souligné.

« Toute utilisation des aides gouvernementales sans réel besoin financier se ferait au détriment de la société dans son ensemble (et) voir les joueurs contribuer à payer les salaires des employés non-joueurs ne servirait que les intérêts des seuls actionnaires », a encore asséné le syndicat.

Toutefois, le front anti-baisse de salaire commence à se fendiller, avec les efforts « substantiels » consentis par les entraîneurs de Bournemouth, Eddie Howe, et Brighton, Graham Potter, mercredi et jeudi.