Efficace ? Oui. Excitant ? Non. Ça résume le spectacle offert par l’Impact mercredi au Stade olympique. Un match nul de 0-0. C’était la septième fois dans la dernière année que les Montréalais étaient blanchis à domicile.

ALEXANDRE PRATT ALEXANDRE PRATT
La Presse

Sauf que cette fois-ci, le résultat était satisfaisant. Pourquoi ? Parce que pour passer au tour suivant de la Ligue des champions, l’Impact n’avait pas besoin de compter. Il devait simplement empêcher son adversaire de le faire. Mission accomplie.

Soyons francs : le spectacle en a souffert. Subtil et fin, comme du théâtre lyrique japonais. Pour initiés seulement. L’Impact a aligné cinq défenseurs et quatre milieux de terrain. Sa volonté d’attaquer était pratiquement nulle. Un exemple : à la 85e minute, l’équipe a profité de son premier coup de pied de coin. Saphir Taïder est allé le prendre. Un seul joueur de l’Impact s’est présenté dans la surface de réparation. Qu’a fait Taïder ? Il a à peine poussé le ballon dans les limites du jeu. Fin de la menace.

C’est vrai qu’il manquait Orji Okwonkwo, blessé. Il reste que l’attaque montréalaise n’inspire pas la confiance. 

Toute la soirée, on a cherché un début de complicité entre les milieux et les attaquants. 

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

C’était la septième fois dans la dernière année que les Montréalais étaient blanchis à domicile.

Les ballons se rendaient rarement dans le dernier tiers de la zone adverse. Bojan, que l’Impact vend comme sa grande vedette, n’a presque pas touché au ballon après une belle chance de marquer dans la première minute.

Par contre, l’Impact nous a prouvé qu’il est capable de se défendre. Avec brio, d’ailleurs. Les Costaricains étaient menaçants. Ils ont eu le ballon 70 % du temps. Ils ont réussi 92 % de leurs passes. Et malgré tout, ils n’ont cadré que deux tirs.

Le joueur recrue Luis Binks, qui disputait son premier match avec l’Impact, s’est distingué en défense centrale. Malgré son jeune âge (18 ans), c’est lui qui dirigeait la circulation dans sa zone. Il distribuait les instructions aux vétérans, notamment à Rod Fanni, deux fois plus âgé que lui (38 ans). S’il continue de jouer ainsi, Binks deviendra rapidement un favori de la foule.

Et l’étoile de la soirée ? Elle revient au gardien Clément Diop, auteur d’un arrêt magistral à la 88e minute. C’est grâce à lui si l’Impact poursuit son parcours en quart de finale de la Ligue des champions. Une performance très encourageante, car si la tendance se maintient, les succès de l’Impact ne passeront pas par son attaque, mais par les miracles de son gardien.

Pourquoi tant de choix échangés ?

Un choix par-ci. Un choix par-là. Depuis quelques mois, les clubs de la LNH échangent leurs choix du repêchage de 2020 comme s’il s’agissait de cartes de hockey. Neuf sélections du premier tour ont changé de mains. Au total, 36 % des choix n’appartiennent plus à leur propriétaire original.

CHOIX ÉCHANGÉS PAR TOUR

Premier tour : 9

Deuxième tour : 13

Troisième tour : 15

Quatrième tour : 12

Cinquième tour : 6

Sixième tour : 6

Septième tour : 15

Le Canadien accumule les choix. Il en a maintenant 14. Mais d’autres équipes, elles, liquident leur inventaire. Ça inquiète des partisans du Tricolore. Plusieurs s’interrogent sur la qualité de la cohorte de 2020.

Qu’en est-il vraiment ?

J’ai posé la question à des dépisteurs. Tous anticipent le repêchage avec enthousiasme. Il faut dire que les recruteurs sont généralement d’éternels optimistes. « Tous les recruteurs pensent que le repêchage est meilleur que celui de l’année d’avant ! », blague l’un d’entre eux*.

Plus sérieusement, les dépisteurs sont impressionnés par la qualité des joueurs au sommet de la pyramide. Particulièrement chez les attaquants. « Un des meilleurs top 10 de la dernière décennie », confie un recruteur.

À partir du 11e rang, un peloton d’une quarantaine de joueurs retient l’attention. C’est dans ce groupe qu’on retrouve les Québécois Mavrik Bourque, Jérémie Poirier, Hendrix Lapierre, Thomas Bordeleau, ainsi que d’autres joueurs de la LHJMQ comme Dawson Mercer (Saguenéens), Justin Barron (Mooseheads) et Lukas Cormier (Charlottetown).

Il y a de la profondeur jusqu’à la fin du deuxième tour, me dit-on. C’est bon pour le Canadien, qui possède quatre choix parmi les 62 premiers.

Par la suite ? Les avis divergent. Certains qualifient le troisième tour de « moyen ». D’autres, de « faible ». Et plus on avance dans les tours, plus l’enthousiasme s’étiole.

Alors pourquoi les équipes échangent-elles tant de choix du prochain repêchage ?

La réponse a moins à voir avec la qualité des espoirs qu’avec le classement actuel de la LNH. Le tableau des séries est grand ouvert, tant dans l’Est que dans l’Ouest. Dans la division Pacifique, seulement six points séparaient mercredi les Golden Knights (premiers) des Coyotes (cinquièmes). D’ailleurs, les maisons de paris sportifs hésitent à promouvoir un favori. Huit clubs ont actuellement une cote inférieure à 10 contre 1.

Dans ces circonstances, de nombreux directeurs généraux ont cru ces derniers jours à un chemin possible vers la finale. D’où le nombre élevé de transactions impliquant des choix au repêchage.

* Les dépisteurs ne sont pas nommés, car leurs employeurs ne les autorisent pas à discuter publiquement du repêchage.