(Cannanore) « Notre Dieu » : même au pays du cricket, la mort de Diego Maradona apparaît comme un choc. Partout en Inde, les hommages se multiplient, notamment dans l’État du Kerala, qui a déclaré deux jours de deuil officiel, et où un hôtel, où l’Argentin avait séjourné, se transforme en mausolée.

Agence France-Presse

Depuis l’annonce du décès du « Pibe de Oro », un flot régulier de fans et de journalistes afflue vers l’hôtel Blue Nile à Cannanore, dans le sud de l’Inde, pour rendre hommage à celui qui était venu ici en 2012.  

Le propriétaire de l’hôtel, Ravindran Veleimbra, se souvient encore du jour où Maradona est entré dans le hall. « Notre Dieu était entré. Il était devant nous », a-t-il déclaré à l’AFP. Depuis, la chambre 309 dans laquelle il a dormi prend des allures de musée et chaque objet que l’Argentin a touché est conservé telle une relique.

« Nous avons conservé les couverts, les articles de toilette et même le bouquet que nous lui avons offert. Les fleurs ont séché, mais tout est encadré », explique le propriétaire.  

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Diego Maradona a signé le registre des clients de l’Hôtel Blue Nile, à Cannanore, en Inde, à son arrivée le 23 octobre 2012. La page est maintenant encadrée avec une photo de Maradona et de l’aubergiste Ravindran Veleimbra à la porte de la chambre-musée No 309.

Les coquilles de crevettes, qui faisaient partie de la salade qu’il a mangée, ont aussi été précieusement conservées et sont exposées, ainsi que des ballons de football et un menu que le héros de la Coupe du monde avait signés.  

« Les gens nous demandent spécifiquement un séjour dans la salle Maradona. Tout ce qu’il a touché est encore intact et ses fans veulent en faire l’expérience », explique Veleimbra, qui prévoie d’ériger une statue en hommage. « C’est un jour de deuil pour nous. Il m’a serré dans ses bras quand il est parti et je le sens encore aujourd’hui ».

Un musicien local a même composé un hymne à la gloire de la vedette argentine qui passe en boucle sur les chaînes de télévision locales.

À Kokalta, dans l’est de l’Inde, c’est vers une autre statue, inaugurée par Maradona lui-même en 2017, que les fans se rassemblent.

Beaucoup ont laissé des fleurs et des messages au pied du monument de bronze de 3,6 mètres de haut montrant l’Argentin soulevant la Coupe du monde en 1986, érigée par un club de foot local.

« C’est le moment des larmes. Il sera toujours dans nos cœurs », a déclaré un ministre d’État du Bengale occidental, Sujit Bose, présent parmi ceux venus rendre hommage au footballeur, décédé mercredi d’une crise cardiaque à l’âge de 60 ans.

Le premier ministre indien Narendra Modi a lui aussi salué la mémoire du « maestro du football » dont « la disparition prématurée nous a tous attristés ».